L'arbre à veruis (rhus vernit
4. L'arbre à thé (tltea viridis); en japonais tsyd-no-ki {tchd dans rHindousta.il, c'id à Java ).
quand elle est devenue molle, on ratisse avec un couteau la peau noirâtre qui la couvrait ; en même temps, l'écorce plus forte, qui provient du la croissance entière d'une année, est séparée de la plus mince, qui couvrait les plus jeunes branches ; la première sert à faire le papier le meilleur et le plus blanc, et la dernière une sorte de papier gris et de médiocre qualité. S'il y a quelque écorce dont la croissance date de plus d'une année, on la recueille, et ou la réserve de même pour en fabriquer du papier plus grossier. Toutes les parcelles provenant des nœuds et les parties ternes sont aussi ramassées et mises de cote. Après que l'écorce a été suffisamment lavée et séparée, il faut la faire bouillir dans une lessive claire. Pendant toute la durée de l'ébullition , on l'agite continuellement avec un fort bâton ou bambou; cette partie de l'opération doit être continuée jusqu'à ce que l'écorce soit devenue assez tendre pour se séparer en flocons et en filaments quand on la touche doucement avec le doigt.
Après qu'on a fait bouillir l'écorce, il reste à la laver; opération qui n'a pas peu d'importance dans la fabrication du papier, et qui doit être traitée avec beaucoup de jugement et avec une grande attention; si on ne lave pas assez longtemps, le papier sera solide et épais, mais grossier et de peu de valeur SI, au contraire, le lavage a duré trop longtemps, le papier sera plus blanc, mais d'une texture spongieuse , et impropre pour écrire dessus; de sorte que le plus grand soin et le plus grand discernement sont nécessaires pour éviter de tomber dans l'un ou l'autre de ces extrêmes. Le lavage a lieu dans une eau courante, l'écorce étant placée dans une sorte de van ou tamis qui laisse pénétrer l'eau au travers , on la remue continuellement avec les mains jusqu'à ce qu'elle devienne une pulpe laineuse molle et délicate. Pour le papier de l'espèce la plus Que le lavage doit être répété ; mais dans ce cas on doit placer l'écorce dans un sac de toile, au lieu de tamis , de crainte qu'elle ne s'échappe avec l'eau. Lorsque l'écorce a été lavée suffisamment, on l'étalé sur une table épaisse de bois uni, et on la bat avec un maillet de bois jusqu'à ce qu elle soit assez fine.
« On introduit l'éeorce ainsi préparée, dans un tube étroit , avec une infusion visqueuse de riz et d'une racine appelée oreni Alors on l'agite avec un bambou mince et propre . jusqu'à ce que les in* gredients se mêlent en une masse liquide et uniforme de consistance convenable :
cela réussit mieux dans un tube étroit ; mais ensuite on place la pulpe dans un vaisseau plus grand et à plus large orifice. Les moules sur lesquels le papier doit se faire sont formés de tiges de bambous taillés en bandes étroites , au lieu de fils de laiton comme en Europe. Les feuilles de papier sont rétines du
rkd vaisseau , une à une , au moyen moule. Alors il ne reste plus qu'à opérer convenablement pour les faire sécher. A cet effet , on les met en tas sur une table couverte d'une double natte, et on place entre chaque feuille une petite lame ou règle de bambou qui, sortant un peu. sert plus tard à lever les feuilles une par une. On couvre chaque tas d'un petit plancher ou pont de même forme et de même dimension que le papier ; au-dessus sont placés des poids d'abord t res-faibles, à la vérité, de crainte que les feuilles encore très-humides et tendres ne se compriment en une masse solide ; mais on augmente la pression par degrés, pour exprimer toute l'eau.
Le jour suivant on été les poids, et on enlève les feuilles, une à une, au moyen des lames de bambou déjà mentionnées ; puis on se sert de la paumé de la main pour les porter sur une longue planche raboteuse, où on les fait sécher au soleil. »
Il paraît, au reste, qu'au Japon comme en Chine différentes espèces de bambous forment la base première du papier. Ces bambous, coupés à différents âges , sont rouis comme le chanvre et soumis aux procédés ordinaires de la papeterie. On emploie, en outre, les écorces filamenteuses du mûrier, du broussonetia papyracea , de Yurtica j'jponk a , du eorchorui japonicUx et de divers autres végétaux de la (amille des tiliacées. L'usage du papier au Japon ne paràtt pas remonter au delà du wptième siècle de notre ère.
Ml. 175
COMMEBCE BT NATIOATIOW .
Ce que nous avons dit du commerce que le Japon entretient avec les Hollandais et les Chinois ( pages 34, 54 et 55) et de son commerce intérieur ( p. 109), avait surtout pour but de montrer à uelles restrictions la politique jalouse u gouvernement japonais a soumis les relations de ses sujets avec les étrangers, et quel développement merveilleux les ressources intérieures du pavsoutacquis sous l'influence de cette pofi tique d exclusion, aussi intelligente dans son administration qu'inflexible dans ses lois.
Nous aurons à examiner ici plus particulièrement quels sont les principaux éléments de l'un et l'autre commerce, les moyens qu'ils emploient et leur importance relative. Et d'abord, en ce qui concerne le commerce avec les étrangers, celui des Hollandais est de peu de valeur, bien que fort compliqué quant à sa forme et par rapport aux diverses opérations qui le constituent, fcn général , il se distingue en commerce du gouvernement et commerce particulier ou kambang. — Dans ces derniers temps, le commerce de kambang a été affermé pour 30,000 fl.
( un peu plus de 60,000 francs ; par an. C'est un commerce d'intrigue, d'agiotage et d'usure , qui a donné et donne encore lieu a des fraudes et des désordres de toute espèce. Pendant les dix dernières années , il s'est passé à Dézima , à l'occasion de ce trafic impur, des événements tels que les annales de la factorerie n'en avaient jamais offert de semblables. Un interprète convaincu de contrebande a été décapité, un autre s'est donné la mort (I). Les profits du kambang sont considérables.
Le gain sur les importations peut s'élever, en moyenne, selon Siebold, à 100 pour 100 et même au delà. Les importations pour compte du gouvernement se composent t d'étoffes de laine, soieries, velours, indiennes, cotonnades et d'une variété d'autres articles, d'es*
(i) Voir ii ce sujet, et en général pour lous les détails relatifs au commerce des Hollanlais et des Chinois au Japon , l'Essai historique, statistique et politique sur le commerce du Japon, par Siebold, dans le Moniteur dt$ Inde*, etc ., déjà cité.
irr»
pèces d'or et d'argent, et quelque peu d'étain , de plomb et de mercure. Les exportations (toujours pour compte du gouvernement ) se bornent à deux articles, le cuivre en barres et le camphre. Les importations du kambang embrassent une multitude d'articles d'épicerie et de produits chimiques et une innombrable assortiment d'articles fabriqués, dont l'expression articles Paris peut seule donner une idée. Siebold, dans son exposé du commerce du Japon ( Moniteur des Indes, tome H, p. 337),entre à cet égard dans des détails que nous ne saurions reproduire ici , mais qui indiquent surabondamment que le goût des frivolités de l'industrie européenne tend à faire des progrès au Japon (I).
Les articles les plus recherchés pour l'exportation du commerce de kambang sont : de la cire d'arbre (2), des cannes
(i) L'inspection de cette liste a fait naître quelques doutes dans notre esprit sur l'exac Utude d'une assertion que nous avons accueillie plus haut ( p. 17»), et qui tendrait à établir comme un fait que les Japonais des deux sexes n'emploient dans leur parure aucuns bijoux. Nous voyons figurer, en effet , parmi les articles énurnérés, des boucles, des bijoux faux, delausses pierre* précieutes, des agates, des grenats, des perles fausses ou de verre coloré, et beaucoup d'autres articles de bijouterie.
(a) C'est le rhus succedaneum (Jaze-no-*t), dont le fruit contient une graisse qui produit uue cire presque aussi lionne que celle des abeilles, et qu'on emploie généralement dans l'empire pour la confection des bougies. — Comme on ne connaît pas d'autre genre d'éclairage (car il n'y a point de chandelles), cette cire est un article de commerce d'une ». C'est seulement dans ces
L'UNIVKRS.
de bambou , du saki (sake) (1), du soy ( soya) . de la moutarde , des étoffes de soie, des bottes en paille, des corbeilles et paniers tressés en bambou, des ou* vrages laqués , des parasols , des éventails, des porcelaines et poteries ordinaires, de grands vases à eau, etc.
Depuis 1685 la valeur des importations hollandaises a été limitée à 50,000 kobangs ou 300,000 taiis pour le commerce au compte du gouvernement, et à 40,000 tails pour le commerce de kambang. 300,000 tails, d'après la valeur du kobang à cette époque, représentaient au moins 2 millions de francs; mais aujourd'hui ils ne représentent plus
Îue 600,000 florins, ou un peu plus de ,200,000 francs (2). Quoi qu'il en soit,
cire croit surtout très-bien dans les provinces du sud et du sud-est ; on l'y trouve au milieu des blés , planté d'espace en espace , à l'instar des arbres fruitiers de nos pays. — Aux feuilles près, qui sont ailées comme toutes celles de la famille des térébinthacées, il a l'apparence et la grandeur du pommier d'Occident. A l'approche de l'hiver il perd sa verdure, et les habitants de la campagne couvrent ses branches de gros radis qu'ils laissent sécher pour les saler.
Les grands vase* à eau dont il est question plus loin sont des pots de terre connus sous le nom de martouan (marou bon , pots ronds). On fabrique ces pots de terre à Sitvoda et à Yottmino Moura, dans la province de Sonogui, île de KiouSiou. — C'est un excellent article d'exportation pour Batavia , où ces immenses pots sont employés pour conserver l'eau.
(1) Siebold écrit sake et quelquefois, niais très-rarement, saki; Fisscber sakki : peutêtre la véritable prononciation est-elle sa ke.
grande n..t
derniers temps qu'on l'a exportée à Java et même en Europe. Mais on n'a pas lardé i découvrir que c'était une graisse végétale, et que les bougies qu'on en faisait donnaient beaucoup de fumée , et depuis file a été moins recherchée. Les Japonais, dit Siebold, remédient cependant à l'inconvénient d'une épaisse fumée par la manière dont ils composent les mèches de leurs bougies. — Au heu d'une mèche en coton, ils prennent un cylindre creux de papier enduit de la moelle du jonc épart ( m ) et retenu par un fil de soie rouge qui s'y colle facilement ; la fumée se concentre
dans ce cylindre et se consume avec lui, rinsaulieu comme dans les lampes astrales. — L'arbre à burn nous
(a) Le mi/, tail ou tahel d'argent vaut, en Chine, environ 8 francs; mais, quoique les Japonais aient adopté pour exprimer le poids de leurs monnaies le tail et ses subdivisions, il est à peu près impossible de se faire une idée exacte de la valeur du tmil japonais à l'époque actuelle. S'il faut en croire Milburn {Oriental Commerce, p. 5%S ) . le tail japonais était évalué par les Hollandais à 3 flor. et demi , ce qui équivaudrait i 7 francs 35 cent. Nous avions celte évaluation sous les yeux quand nous avancions (p. 33) que Siebold s'était trompé en ne ponant qu'à ao.ooo francs le montant du foyer de Dézima, et qu'il fallait lire ao.ooo florins au lieu de ao.ooo francs. — Peut être MUavait-il induit nous-méroc en or-
JAPOTV
depuis nombre d'années les importations n'ont pas atteint ce chiffre, à beaucoup près ; du relevé que nous avons fait, en comparant avec soin les chiffres officiels ou réputés tels, il résulte que la moyenne des importations au Japon , de 1825 à 1833 inclusivement, a été de 289,050 florins, ou environ 607,000 fr.; celle des exportations (ou valeur des
reur. Mais, en cherchant à éclaircir ce point par de nouvelles recherches , nous trouvons mentionnes dans Siebold ( l'autorité la plna récente que nous puissions consulter), un tail de compagnie qui ne représente que t fl. 33 cents, ou environ • fr. 8o cent. Un tail de Kambang qui vaut i fl. 60 cents. , ou a h*. 80 cent. ; enfin un tail d'argent, qu'il évalue tantôt à a fl., ou environ 4 ao cent. , tantôt à 3 fr. 47 cent — hekobang (monnaie d'or), qui vaut six tails, sert de base a l'évaluation du chiffre des importations ; mais comme son euurs dépend de celui de l'or, qui au Japon est sujet à de grandes variations ; comme d'ailleurs les Japonais ont exigé que les Hollandais , en pavement de leurs marchandises, reçussent le kobang à 68 monme ou monmé (Voir à la fin du volume la table des poids, mesures et monnaies), au lieu de 60 monmé, sa plus haute valeur dans le pays , il en résulte qtie vendant pour 3oo,ooo tails de marchandises, ils ne reçoivent par le fait que aéo,ooo tails. Les 40,000 tails restants constituent le fonds du commerce de kambang. — tî'est-à-dire que, comme dédommagement de la perte que subit le commerce officiel ou de la compagnie (aujourd'hui du gouvernement), les Japonais autorisent le trafic particulier connu sous le nom de kambang, jusqu'à concurrence de 5,888 kobangt ou 40,000 tails (a). — Or, à ce trafic, ceux qui gagnent réellement sont les pacol illeurs privilégiés et les officiers japonais intéressés dans la direction du commerce hollandais. — Nous avons constaté d'ailleurs que le kambang est une source d'intrigues , de fraudes et de désordres perpétuels. — Au total , s'il est difficile de se rendre clairement compte des opérations téné-
dais aux Japon, et d'évaluer nettement le chiffre du bénéfice réalisé , il ne saurait exister un doute sur l'insignifiance matérielle de ce commerce et sur la déplorable stérilité des sacrifices que l'honneur néerlandais s'impose, depuis plus de deux siècles, pour le maintenir.
W Consulter à cet égard Kmapfer, vol. Il, p. M
et suivauic*.
12e livraison. (Japon.)
retours ) pendant la même période, 702,695 florins, ou 1,475,659 fr.
Depuis cette époque 1 importance de ce commerce a diminué. Ainsi en 1836 les importations ont été de 256,219 fl., soit 538,060 fr.; les exportations de 579,439 fl., soit 1,216,822 fr.
En 1846(1) les importations ont été de 231,117 fl., soit 485,345 fr.; les exportations, de 552,319(1., soit 1,159,870 fr.
Si Ton ajoute à la différence moyenne en faveur des cargaisons de retour les 30,000 florins de la ferme du kambang et le montant de quelques droits perçus, on trouvera que, selon toute probabilité , le profit que retire le gouvernement dur monopole du commerce du Japon n'excède pas aujourd'hui 400,000 florins ou environ 840,000 francs, desquels il faut déduire les frais de l'établissement de <Dézima , des missions à Yédo, d'achats de présents, etc. , que nous trouvons évalués à 200,000 florins environ, ou 420,000 fr., ce qui laisserait une balance nette d'à peu près 400 à 420,000 francs en faveur du commerce hollandais. Nous pouvons nous tromper; mais cette balance serait de quelques millions au lieu de se réduire à quelques centaines de millefrancs, qu'elle nous sembleraitachetée trop cher au prix dont la Hollande la paye à la face du monde civilisé.
Nous constaterons, en terminant ce court exposé du commerce hollandais au Japon, que depuis plusieurs années Java n'expédie qu'un seul navire à Dézima, et qu'en maintenant ce trafic anormal le gouvernement japonais paraît avoir obéi bien plus aux suggestions de sa vanité ou à son respect pour des engagements d'ancienne date, qu'au sentiment de ses intérêts réels; car le trésor impérial perd plutôt qu'il ne ga^ne aux misérables transactions dont ri lot de Dézima est le théâtre (2).
(1) L'ensemble des opérations commerciales en 1845 a été, à quelques millions de florins près, le même qu'en 1846. — Nous ne connaissons pas les résultats de 1847.
(a) La chambre du trésor revend, il est vrai, à des profits considérables, les marchandises qu'elle achète des Hollandais. — Ce sont des compagnies privilégiées des cinq villes impériales, Tédo, Miyako, Ohosaka, Sakaï et Nagasaki, qui traitent avec la cham-
L'UNIVERS
Il paraît bien démontré, d un autre
côté, que les Japonais retirent de leur commerce avec la Chine des avantages considérables , et ce commerce est conduit de manière à prouver que dans la pensée du gouvernement japonais , ces spéculateurs rivaux, les Hollandais et les Chinois, ne sont admis à Nagasaki que pour assurer l'introduction de certains articles devenus nécessaires à la consommation de l'empire, en sorte que ces deux sources d'importation puissent se compléter ou se suppléer au besoin.
Cette politique du gouvernement japonais nous semble accusée avec évidence par les faits suivants, que nous acceptons sur le témoignage de Siebold.
Kœmpfer, auquel Siebold accorde pleine conGance, rapporte qu'en 1683 et 1684 plus de deux cents jonques avec dix mille nommes environ se reudaient annuellement au Japon de tous les ports de la Chine, de Formose, de la Cochinchine (Annam), de Siam et même des Ii nies- Orientales ( Jakatra ou Batavia ), et que les commerçants étrangers y jouissaient de toute la liberté possible , personnelle et commerciale. Cependant, quand la dynastie Mandchoue se fut étendue dans les provinces méridionales de la Chine et affermie sur le trône en la personne du célèbre empereur Kang-hi, protecteur éclairé du christianisme, le gouvernement japonais chercha aussitôt à restreindre ses relations avec cet empire; de sorte qu'en 1685 le nombre des jonques était réduit à soixante-dix, qui importaient pour une valeur de 600,000 talh en marchandises. Bientôt les commerçants chinois furent renfermés, comme les Hollandais l'étaient, depuis 164 1 , à Dézima. On leur assigna non loin de Nagasaki un camp entouré d'un fossé et d'une haute clôture de bambous, nommé tôsin yasiki{ hôtellerie des Chinois), où ils ont aujourd'hui leur
bre du trésor du débit ultérieur de ces marchandises; mais le gain qu'eu retire le trésor est plus que compensé par l'ohligaliou où il se trouve de livrer aux Hollandais le cuivre et le camphre à des prix qui s'élèvent à peine à la moitié de ce que ces articles valent dans le pays même. ( Voyez Siebold , Moniteur des Indes, tome II, p. 336 et337.)
Dès lors aussi les jonques chinoises, comme les navires hollandais, furent soumises à une visite rigoureuse; leurs livres et leurs écrits durent passer sous les yeux d'un censeur ad hoc établi à Nagasaki ; car on savait fort bien qu'il se trouvait à la cour de Péking des missionnaires qui pour répandre leur doctrine écrivaient leurs livres en chinois. On redoubla de surveillance à l'égard du commerce de contrebande ; dans les années 1 690 et 1 69 1 , par exemple , quarante-trois Japonais furent condamnes à mort comme contrebandiers.
La classe commerçante a beaucoup souffert de ces restrictions apportées au commerce , et eu particulier la ville de Nagasaki , qui commençait à 8e relever du coup que lui avait porté le bannissement des Portugais; le gouvernement voulut y remédier en imposant sur les marehandises chinoises une contribution de 60 pour 100; c'étaient les acheteurs qui devaient la payer. Le montant de cet impôt fut réparti entre les employés et les autres habitants de la ville. Cet impôt existe encore aujourd'hui ; et la chambre du trésor, qui le perçoit, répartit, à titre d'indemnité, une somme de 42,200 taiis (84,400 florins ) entre les habitants de Nagasaki.
Sous l'influence de pareilles circonstances , la navigation des Chinois au Japon a diminué insensiblement : de nos jours on ne voit guère que dix à douze jonques à Nagasaki , le seul port ouvert au commerce étranger. Ces jonques viennent de Scha-pô (Saho), situe au nord-est de la célèbre ville commerçante de Hang-Tcheou, dans la province de Tsché-Kiang. Elles entreprennent leurs voyages au nombre de quatre ou six à la fois, pendant les mois de janvier et d'août et repartent en mai et octobre : la traversée est de sept à dix jours. Pendant le séjour de Siebold au Japon il est souvent arrivé que les jonques prétendaient avoir été forcées par la tempête d'entrer dans d'autres ports sur les côtes du Japon; chaque fois elles furent remorquées jusqu'à Nagasaki , souvent par des centaines de petites embarcations. On dit aussi avoir observé qu'elles arrivent quelquefois sans cargaison dans le port de Na-
Îsaki ; ce qui porte à croire qu'elles font contrebande sur les côtes du Japon {
JAPON
les habitants de Satsouma sont forte»
ment soupçonnés de complicité.
Il faut distinguer dans le commerce que font les Chinois celui de la compa* gnie de Cha-pô* et celui de quelques particuliers qui transportent eux-mêmes leurs marchandises, tandis que celles de la compagnie sont mises sous la garde des capitaines des jonques. La chambre du trésor fournit a chaque ionque une cargaison de retour ( pour deux cinquièmes de cuivre en barres et trois cinquièmes d'autres marchandises que nous énumérerons plus bas), évaluée à50,U00 tails (environ 100,000 florins ). Les marchandises exportées par les commerçants particuliers se montent à peu près de 10 à 25,000 tails. Comme mesure du commerce, on est obligé de s'en tenir aux exportations; car il est difficile de calculer la valeur des importations : or, les exportations se montent annuellementà 900,000 tails ( 1 ,800,000 florins) au plus. Les articles d'importation sont la soie écrue, les étoffes de soie, telles que : satins, damas , velours et autres riches étoffes brochées, le crêpe, qu'on envoie teindre au Japon ; des étoffes de laine d'Europe : camelots, casimirs, mérinos, drops, tapis en feutre; des étoffes de coton, chirUses ou tissus imprimés d'Europe ou de Bengale, perpétuanes, cotonnades grossières, nankins ; des dents d'éléphant, des cornes de rhinocéros, de buffle et de bélier, des écailles de tortue, des peaux de niée, cuirs de Perse, musc; de Paloès, anis, bois de Calambac, bois de Caliatour, curcuma, fruits confits , clous de girofle, ginseng, gomme gutte, gingembre , ca m phre-baros , poivre, noix d'arèque , rhubarbe, safran, sagou, bois de Sandal, bois deSapan, réglisse et beaucoup d'autres drogueries ; encre de Chine, cannelle, sucre brut et raffiné, arsenic, céruse , vif-argent , argent , fil d'or et d'argent, stéatite, zinc et cinabre; en outre du papier, des livres, du verre, du cristal , de la porcelaine , de la poterie, des montres et une multitude de quincailleries européennes et chinoises.
Le« articles d'exportation que fournit aux Chinois la chambre du trésor se composent, pour chaque jonque, outre le cuivre en barres, d'une valeur de 20,000 /af/s, des articlessuivants, savoir: du tripang (sriAo), des ailerons de re*
qm'n (kinjiu), du poisson sec (katsou fousi), des moules sèches ( hosi awabi(\)t sekai, itarakai, kainohasird), de la sépia sèche (souroumé), des écrevisses (hosi-jebt); des peaux de loutre et de renard, des perles, des champignons, (situké), une espèce particulière de champignons (bukryo), des noix de galle ( gobais-isi), de l'indigo (aisomé ), et d'autres teintures et drogues, du camphre, des varechs comestibles (kambou, fucus saccharinus), de la mousse marine (rosaka), des nids d'oiseaux, etc.; le tout ensemble va à 30,000 tails pour chaque jonque. Les commer-
Siants particuliers prennent à leur retour les produits de l'industrie recherchés dans leur pays, tels que laque, parasols et parapluies, paravents , diverses étoffes précieuses de soie ; des vases en cuivre , en fer et en terre et beaucoup d'autres objets de luxe ou de commodité pour la vie domestique. Ils exportent aussi des sommes considérables en or et en cuivre monnayé.
A l'exception de la quincaillerie et de certains articles, c'est la chambre du trésor seule qui fournit à la compagnie et aux commerçants particuliers leur cargaison de retour ; et, malgré l'indemnité considérable qu'elle est obligée d'accorder aux habitants de Nagasaki , elle retire de grands avantages du commerce avec la Chine , qui contre-balancent les pertes qu'elle éprouve avec les Hollandais. On pourra s'expliquer cette disproportion apparente entre ces deux entreprises commerciales, en considérant :
1° que les marchandises d'origine chinoise sont plus estimées au Japon, àcause de la parenté de mœurs entre les deux nations; et qu'il y eu a plusieurs dont on ne peut plusse passer; 2° que les Chinois peuvent livrera meilleur marché les marchandises européennes, parce qu'ils les échangent eux-mêmes d'une manière fort avantageuse; 8° que la
(i) Ceit la moule awabi qui fournit la plus belle nacre , celle que l'on emploie pour la mosaïque ou nacre des ouvrages en lat|ue. La chair sèche à'awabi ( hosi awabi ) est regardée comme un meis exquis. Ou en exporte, pour la Chine seulement, près de 5,ooo pikoU par an, c'est-à-dire pour une valeur de plus de 75,000 francs.
i.sô L'UNIVERS.
chambre du trésor fait payer le cuivre les fois qu'il croit son système d'isolé*
aux Chinois 25 Utils, c'est-à-dire moitié ment menacé, semble avoir adopté pour
plus cher qu'aux Hollandais, ce qui fait maxime d'étouffer dans son germe le
certainement le principal gain de ce goût que ses sujets montrent pour les
commerce ; 4° que la cargaison de retour objets de luxe du dehors, en créant des
des jonques se compose pour les trois produits similaires, et dépréciant ainsi
cinquièmes des productions du pays et par degrés la valeur des marchandises
de la mer n voisinante , productions qui européennes. On ne saurait se dissimu-
sont en abondance et que la chambre 1er que ce système, suivi avec persévé-
athète et revend ensuite avec profit. rance ( obtint-on même des améliora-
L'introduction de certaines marchan- tions sensibles dans les rapports corn-
dises d'Europe par les Chinois a toujours merciaux), finira par élever des obstacles
été préjudiciable au commerce des Uol- insurmontables aux spéculation*des Eu-
landais au Japon : aussi les directeurs ropéens.
de la factorerie ont-ils souvent porté Comme nous l'avons déjà dit, les leurs plaintes à ce sujet devant le gou- équipages des jonques et les marchands verneur de Nagasaki ; mais leurs efforts chinois habitent un camp séparé, dont ont échoué chaque fois, comme on pou- l'entrée est occupée, il est vrai, par une vait facilement le prévoir, devant les garde d'apparence féroce : cependant ils intérêts particuliers de ces magistrats et n'en jouissent pas moins d'une beaucoup de la chambre du trésor. Les Chinois plus grande liberté que les Hollandais a sont maintenant pour les Hollandais des Dézima. Ils peuvent fréquenter sans esconcurrents aussi dangereux que le de- corte et sans espions les temples boudhiviendrait toute autre nation européenne ques de leur secte; il leur est permis de qui ouvrirait des relations avec le J a- parcourir librement les rues de Nagasaki pon; on pourrait même dire plus dange- «et d'y faire quelques petites affaires, reux , puisque pour eux le chemin est Avec de l'argent ou des marchandises déjà tout frayé par la parenté d'origine, ils se procurent les vivres et les autres de religion et de mœurs. Cette concur- choses dont ils ont besoin. Et si l'on derence commence à se faire sentir de plus mande aux interprètes la cause de cette en plus; et par exemple les draps et au- liberté plus grande oui forme un contres étoffes de laine commandées en Hol- traste si remarquable avec les restriclande pour le commerce avec le Japon , tions imposées aux Hollandais : • C'est qui en 1840 se montaient encore à que, » disent-ils, selon Siebold, «ce sont 1 1 1 ,786 florins, sont tombés en moyen- des gens de la basse classe, et que les ne, de 184 1 à 1846, à 68,731 florins. Ce- Hollandais sont des personnages imporpendant la concurrence n'est pas l'uni- tantsl »
que cause de cette grande différence. Les Ce qui résulte clairement de cet exrestrictions que le nouveau siogoun a posé, c'est que le commerce avec la imposées lors de son avènement au trône Chine est devenu pour le Japon une véri- (1842) (1) sur l'usage de produits étran- table nécessité ; et comme il favorise en gers, et les progrès que les encourage- outre maints intérêts particuliers, il sera ments prodigués par le gouvernement préféré à celui des Hollandais, tant que ont fait faire à l'industrie nationale, y desévénementsextraordinairesoulesexjauront aussi puissamment contribue, gences de la politique ne le proscriront Car le gouvernement japonais, toutes pas. Chaque fois que les relations ont / x «• u u ~ • j , j i *r été interrompues, ces interruptions ont (i) Siebold. Moniteur des Indes, vol. 11, éte ,e d'événements politiques, p. 346. - Noui ne connaissons le fait de gur ,g conlinent voisin de rAsie ; et cha- I avènement du nouveau siogoun que par la foj „ f été rcnouees après
mèTe P^ le^ de ce^Jverain.CeTpro- dans la succession au trône, par une
bablement le prince désigné par le nom influence religieuse. L importance de ce
de Sa Fou dans la table du docteur Hoff- commerce croîtra ou diminuera desor-
la table chronologique, dernière mais , selon que celui des Européens page. trouvera plus ou moins d'accès au Ja-
JAPON
pon, soit par la violence, soit par des voies pacifiques.
Nous dirons quelques mots du commerce du Japon avec les îles Liou-Kiou, le Yézo et les Kouriles dans le chapitre spécial que nous avons consacré à ces dépendances du Daï Nippon.
La navigation et la science nautique ne peuvent avoir fait de grands progrès dans un pays où le commerce maritime se borne au cabotage et où les lois soumettent la construction des navires à des règles telles, qu'elles équivalent à l'interdiction de tout voyage de long cours. Cependant , les matelots ou mariniers japonais sont remarquables par leur agilité, leur intelligence des manœuvres et la hardiesse avec laquelle ils affrontent le mauvais temps , sur leurs frêles embarcations. Aussi la navigation des côtes fit-elle parvenue, dans l'archipel, au même degré de perfection que le commerce intérieur, qui trouve beaucoup plus de facilités dans la multiplicité des baies et des ports et des nombreux canaux que dans les voies de communication par terre, auxquelles on n'a recours que lorsqu'il n'en existe point par eau. Les tendances naturelles d'une population insulaire avaient amené de bonne heure un développement considérable de la marine marchande et même militaire au Japon, et il est certain que dès la fin du deuxième siècle le Japon avait nue flotte assez considérable pour lui permettre d'opérer une descente en Corée et de conquérir la plus grande partie de cette presqu'île. « Il est probable, dit Siebold , que les anciens navires japonais étaient faits sur le modèle de ceux des Coréens , qui fréquentaient le Japon (d'après les annales de l'empire ) depuis l'an 43 avant J. C. » La forme des vaisseaux japonais de cette époque (deuxième siècle), qu'on voit représentés sur les tableaux suspendus dans les temples par la piété des fidèles , justifie cette opinion. — Mais le mode de construction qui a été adopté depuis, et qui s'est conservé jusqu'à nos jours, présente peu de ressemblance avec celui des Chinois, et n'en a aucune avec le nôtre, quoique les indigènes aient eu pendant plusieurs siècles l'occasion de les connaître et de les étudier tous deux. C'est un poiut qui ne nous semble pas suffi-
samment éclairci que celui de l'époque précise de l'introduction de ce mode de construction définitive et des motifs politiques qui ont pu en déterminer l'adoption. Quoiqu'il en soit, il paraît bien démontré que la construction actuelle des navires japouais s'oppose à ce qu'ils puissent, sans un danger imminent, courir les chances d'une longue traversée, et il est non moins certain que les lois interdisent l'expatriation, et que tout Japonais jeté par la tempête sur une rive étrangère, s'il rentre dans sa patrie, est soumis à une surveillance tyrannique ou détenu pour le reste de ses jours.
Les vaisseaux japonais sont construits en bois de cèdre, de sapin, de camphrier. On emploie aussi, mais rarement, le pin, l'orme et quelques autres espèces dsarbres. Ces navires ont une quille à peine sensible, une poupe ouverte et un avant qui se termine en poulaine. Ceux qui sont destinés à la navigation des fleuves sont sans poulaine, ont un pont plat et des flancs qui se rejoignent en formant presque un angle droit. Us sont plus lourds et moins élégants que les bâtiments de mer, et sont loin d'être entretenus avec la même propreté , si l'on en excepte toutefois ceux qui sont destinés à des parties déplaisir. Tous ou presque tous n'ont qu'un seul mât composé de plusieurs pièces et portant une seule et grande voile. Les clous et les garnitures sont de cuivre. Les cordages sont en chanvre ou en tiges de feuilles de palmier à balai {chamxrops excelsa). Les voiles sont en toile de coton -, celles des petites embarcations en nattes. Les ancres en fer ont quatre pattes. Sur les embarcations on se sert, au lieu d'ancres, de grapins en bois qu'on fait aller au fond avec une pierre. Les vaisseaux marchands ont de quinze à trentecinq mètres de long, sur sept mètres au plus de large. Us peuvent charger jusqu'à cent-cinquante tonneaux de marchandises. Siebold donne une longue énumération des différentes espèces de navires et de barques employées à la guerre, à la police des côtes, à la pêche, au commerce. Il assigne les caractères, ou les détails de construction qui les 8is» tinguent, et les noms qu'on leur donne dans le pays. Ainsi, les vaisseaux de
L'UNIVERS
guerre ( ikousa foune ) ont un double pont et une galerie à l'arrière ou bien un seul pont sans galerie : les vaisseaux marchands dits akinai foune, qui ont une poupe ouverte, un entrepont et une espèce de rouffle sur le tillac, se divisent en bâtiments du nord, qui font le commerce de la partie septentrionale du Japon et de Yédo ( ce sont les plus grands, et leur poupe est très-élevée), et en bâtiments du midi, dont les uns (sakai foune) ont des sabords, et les autres (inake foune) n'en ont pas : il mentionne aussi les baleiniers ( koudsira foune), les bateaux pécheurs de thon ( katsouro foune ), les bateaux pêcheurs ordinaires ( dsouri foune ) , etc. Mais nous remarquons que Fisscher décrit plusieurs autres embarcations de cette classe, et qu'il les désigne, ainsi que les bâtiments de plus grande dimension, tantôt par le nom générique de Jouné, qu'il écrit foené, en accentuant IV final, tantôt par celui de bouné. La plupart des bâtiments japonais sont construits également pour la voile et la rame. Nous renvoyons le lecteur à Kœmpfer et aux deux autorités que nous venons de citer pour de plus amples détails. Nous ajouterons seulement que, selon Siebold, les vaisseaux dont les Japonais se servaient autrefois dans leurs voyages en Chine et à Java se rapprochaient de ceux des Kuropéens; qu'ils avaient, comme ces derniers, trois mâts, un beaupré et un gouvernail, mais que les voiles et les cordages étaient pareils à ceux des jonques chinoises. Les navires qui vont a Liou-Kiou, à Tsousinta et à Fousankaï, en Korée, seraient aujourd'hui, d'après le même voyageur, les seuls qui s'éloignent des côtes. Mais il oublie les bâtiments du nord, qui maintiennent les établissements du nord de Nippon dans la dépendance de l'empire, et qui font probablement les plus longues traversées. Les principaux chantiers de construction sont à Ohosaka , Sakaï et Fiô-
go(l).
(r) Malgré l'exactitude apparente et l'abondance des détails dans lesquels sont entrés Siebold et Fisscher à l'égard de la navigation, nous sommes forcé d'avouer que ce qu'ils en ont dit nous parait manquer de précision et de clarté. — La description que la Peyrouse
Les côtes offrent des ports nombreux, dont les meilleurs pour les gros navire* sont : Nagasaki, Simonoseki, Fiôgo, Sakaï , Yedo , Isinomaki et Awomori.
Les deux derniers se trouvent au nord de Nippon. Le port le plus fréquenté est celui d'Ohosaki; mais son peu de profondeur en interdit l'entrée aux gros navires. Toutes ces villes maritimes ont des bureaux ( tofi ya ) où se font les affaires, où se perçoivent les droits et où les capitaines marchands s'expédient.
Dans les grandes cités commerciales il y a aussi des douaniers et des intendants de la marine, qui exercent une surveillance active et rigoureuse sur l'entrée et la sortie des marchandises.
La navigation des lacs et des fleuves ne contribue pas moins au développement du commerce que celle des cotes.
Le Yodo-Gawa, qui prend sa source dans le vaste lac d'Ômi et qui unit Ohosaka, le centre des affaires, avec les provinces d'Omi, YamaHro, Kawatsi et même Tanba et Iga, facilite admirablement les échanges avec l'intérieur de Nippon. Le Soumida-Gawa et le Naga- Gawa assurent, par leurs bras sans nombre, comme par autant de canaux, l'approvisionnement de Yédo, tandis que les bacs établis sur les cours d'eau de moindre importance, tels que le Seto- Gawa, YOhol-Gawa, Y Abe-Gawa, entretiennent le mouvement des popula-
nous a laissée d'une jonque japonaise, et celles que nous trouvons dans notre vieux Koempt» r, ou, pour les temps modernes, dans le récit de Parker ( Clitntsc Repositary, vol. VI, pages aao et 36t), donnent une idée beaucoup plus nette de la construction des navires ou des barques du Japon. Nous ferons remarquer d'ailleurs, pour la seconde fois, que l'époque et les causes des modifications profondes introduites dans la construction de ces bâtiments ne sont pas suffisamment déterminées par Siebold. — Un changement aussi important et qui date, selon Siebold lui-même, de tant de siècles, ne s'accorde nullement avec ce que nous savon* des relations plus récentes de* Japonais avec l'archipel oriental. — Il faudrait , pour réconcilier ces versioa* contradictoires , admettre qu'il y a eu des alternatives de prohibition et de tolérance, et que le gouvernement japonais est définitivement revenu, lora de l'extirpation du christianisme, à 4a législation prohibitive.
JAPON
tiong, et contribuent ainsi à vivifier l'industrie.
Grâce à ces facilités et à la variété des productions du Japon , comme aussi au caractère de ses habitants, le commerce intérieur est d'une activité prodigieuse. Kœmpfer en avait fait la remarque. « Il est à peine croyable », disait-il , « jus-
• qu'où va le tratic et le négoce qui se « tait dans les différentes provinces , et
• «Tune partie de l'empire à l'autre;
• combien les marchands sont occupés « et industrieux dans tous les différents
• endroits; combien les ports sont rem- «.plis de bâtiments; combien on voit c de ça et de là de villes riches et mar- « chaudes. Il y a une si grande quantité
• de peuple le long des côtes et près des m ports de mer ; un tel bruit de rameurs « et de matelots , un si grand nombre
• de vaisseaux et de barques, soit pour « l'usage soit pour le plaisir, qu'on croi- « rait que toute la nation s'est établie
• sur les bords de la mer et que l'inté- « rieur du pays est désert et aban-
• donné. » Par terre, les marchandises se transportent sur des chevaux et des bœufs, qui montent et descendent les escaliers qui sont pratiqués sur le flanc des montagnes, ainsi qu'il a été dit page 60.
Les encouragements donnés à l'industrie dans le but d'affranchir par degrés l'empire japonais du tribut qu'il paye encore au commerce étranger, ont nécessairement hâté le développement du commerce intérieur. Nous avons déjà fait remarquer que les routes étaient belles et bien entretenues. Les moyens de correspondance sont également l'objet de la sollicitude du gouvernement (1).
(i) L'établissement des barrières, des relais de postes, la fixation du salaire des porteurs, etc., paraissent remonter au septième siècle , sous le règne du mikado Ko-tok-ten-d. — C'est à ce souverain qu'est due l'institution des Nengo, ou périodes impériales dont nousavons parlé p. i63 et 164. — C'est à lui que parait remonter également la reparution d «.affaires de l'État entre huit ministères ou départements, savoir :