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le Sanglier, qui correspond aux Poissons

Les éléments des Japonais sont plus originaux. On les regarde comme étant au nombre de cinq , dont l'air ne fait pas partie; ils renferment le bois et le métal comme substances élémentaires. Mais on double ces cinq éléments d'une manière bizarre, en les envisageant, chacun dans deux sens différents, savoir : dans son état naturel, puis comme adapté à Cusage de l'homme. Ceci est assez curieux pour mériter d être exposé en détail et dans l'ordre convenable.

1 . Ki no ye est le bois dans son état naturel , comme arbre; c'est le premier élément, qui devient

2. Ki no to quand il est abattu et changé en bois de charpente.

3. Fi no ye est l'élément du feu dans son état originaire, comme manifesté dans la (ornière solaire, les éclairs, les éruptions volcaniques, etc.

4. Fi no to est le feu allumé par l'homme, avec du bois , de l'huile , de l'encens , etc.

5. Tsouchi no ye est la terre dans son état inculte, sur le sommet des montagnes, au fond de la mer, etc.

6. Tsouchi no to est la terre comme travaillée par la main de l'homme , el changée en porcelaine, poteries et autres objets semblables. La terre labourée appartient à cet élément, qui er.t quelquefois représenté par un champ de rix.

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7. Ka no ye est l'élément métallique dans ton état naturel de minerai, quelquefois aussi symbolisé par un métal travaillé , comme un sabre ou une cloche.

8. Ka no to estl'élément métallique, fondu, travaillé et changé en marteaux , clous , cisailles, etc.

9. Mkdzou no ye est l'eau telle qu'elle coule des sources et dans les rivières, etc.

10. Midzou no to est l'autre élément aqueux , comme stagnant dans les étangs et 1rs marais; curieuse déviation du principe établi , que l'adaptation à l'usage de l'homme constitue chaque second élément. ( Il est cependant quelquefois représenté par de l'eau •'échappant d'un tuyau ou d'un réservoir. )

Or, ces dix éléments se combinant cinq fois avec les douze signes du zodiaque , d une manière plus compliquée qu'intelligible, il en résulterait, dit-on, soixante figures, dont chacune compterait pour une année dans ce cycle scientifique.

Le Chinese Repository explique toutefois que la manière de combiner le ziyounl no shi ou les douze branches , avec les cinq éléments doublés ( ou plutôt avec les dix caractères nui les représentent, et qui sont appelés collectivement shikkan, ou « les dix tiges »), est la même en Chine et au Japon , et

rsans doute ce dernier pays l'a tirée premier. L'adaptation subséquente des • dix tiges » aux cinq éléments appartient aux Japonais , et n'a aucun rapport avec la formation primitive du cycle ; et les Japonais ne font rien de plus, en l'employant pour compter les années , que d'exprimer les caractères chinois qui répondent à une année donnée. La nature, en apparence compliquée, de cet arrangement, doitétreattribuéemoinsau système en lui-même qu'à ses commentateurs hollandais (t).

L'année se divise en douze mois lunaires, mais elle renferme plusde trois cents trente-six jours , parce que le mikado et ses astronomes ajoutent deux jours à plusieurs des mois, et ils annoncent toujours dans l'almanach de l'année le nombre et le nom des mois qu'ils ont ainsi augmentés. La différence eutre

(0 La combinaison des caractères appelés ■* « douze branches » «-t 1rs « dix tiges, a ?u laquelle on désigne chaque année du tjde. est expliquée eu détail dans le dixi Toliitnedu Chinese Repository ; p. iaa.

Tannée lunaire, ainsi allongée, et l'année sidérale nécessite encore une correction qui s'opère, selon quelques-uns, en insérant tous les trois ans un mois intercalaire de longueur variable, suivant le nombre de jours qu'il a plu au mikado de rendre nécessaires.

Ici encore il faut observer avec le Chinese Repository que la division de l'année en mois est la même au Japon qu'en Chine, et qu'il est permis de supposer que lemiWo, ou son officier, le reki hakase, qui surveille la rédaction de l'almanach à Miyako , ne fait rien de plus que de publier l'arrangement déjà établi des diverses périodes lunaires et solaires de l'année (1). L'année est de fait luni-solaire, et doit contenir douze mois , excepté quand , par ce mode de supputation , le temps lunaire se trouve en retard d'une révolution entière de la lune. Dans ce cas, on ajoute un mois intercalaire d'après la règle suivante : — si pendant un mois lunaire quelconque le soleil n'entre dans aucun des signes du zodiaque, c'est-à-dire s'il y a deux pleines lunes dans un même signe , ce mois est intercalaire , et par conséquent l'année renferme treize mois. L'année à intercalation contient trois cent quatre-vingt-quatre jours , et l'année commune trois cent cinquantequatre; les premier, troisième, quatrième, huitième et douzième mois ont vingt-neuf jours; les autres en ont chacun trente. Outre ces divisions par mois,

3u i dépendent de la lune, Tannçe se jvise encore en vinyt-ouatre périodes d'environ quinze jours chacune , et dont la détermination dépend de l'époque à laquelle le soleil se trouve dans le premier et dans le quinzième degré de chaque signe du zodiaque. Cette division vient aussi de la Chine.

( i ) L'année commence en février. Elle eii luni-solaire, comme l'année chinoise. Les cycles coïncident avec ceux des Chinois, et selon les Japonais le premier cycle remonte à six cent soixante ans avaut l'ère chrétienne. Mais en ce point ils ne sont pas d'accord avec les Chinois, qui placent le commencement de ce cycle à six cent cinquante-sept ans avant Jésus-Christ ; ce qui parait certain, c'est qu'aujourd'hui le cycle japonais coin» cide avec le cycle -

L'UMVKRS

Les Japonais ont pour chaque mois une sorte de terme descriptif qu'ils appellent son wa miyo, ou nom qui harmonise. Voici comment cela est expliqué dans le chapitre intitulé Nippon gets reizen, ou « fêtes mensuelles du Japon», qui fait partie de l'ouvrage appelé le Miroir de l éducation des femmes.

Le premier mois, ou shiyo gwats, est appelé motsouki, le mois amical , parce que les réjouissances de la nouvelle année font naître dans le cœur de chacun la douceur et la bienveillance.

Le deuxième mois, ni gwats, est appelé hisara-gui, le mois du changement d'habits , parce qu'alors on quitte les vêtements d'hiver.

Le trobieme mois, san gwats, est appelé yayol, le mois bourgeonnant, parce qu'alors la nature se réveille du sommeil de l'hiver.

Le quatrième mois, shi gwats, est appelé ou dzouki,ou le mois fleurissant, quand les Heurs s'épanouissent.

Le cinquième mois, go gwats , s'appelle «sa tsouki, ou mois transplantant, parce que c'est alors que le riz se transplante.

Le sixième mois, roku gwats , s'appelle mi-na dzouki, ou mois sec, parce qu'à cette époque il ne tombe pas de pluie.

Le septième mois , sichi gwats , s'apytWzJoumidsouki. ou le moisdes lettres, parce que dans ce mois l'on écrit une ode aux étoiles sur des féuilles de papier que Ton suspend à des perches.

Le huitième mois, hachi gwats, s'appelle ha dzouki, ou mois des leuilles, parce qu'alors les feuilles d'automne commencent à tomber.

Le neuvième mois, kou gwats, s'appelle naga dsouki, ou le long mois, parce qu'alors les uuits commencent à devenir longues.

Le dixième mois, ziyou gwats, s'appelle kamina dzouki, ou mois sans dieux, parce qu'on suppose que pendant ce mois toutes les divinités quittent leurs temples et vont à Idzumo, au nord du Japon (1).

(x) Si l'on compare cette assertion à celle que nous avons adoptée p. 88, on verra que

ce» deux assertions, puisée* cependant à des sources également respectables , mit besoin

Le onzième mois , ziyou-ichi gwats ,

s'appelle shimo tsottk, ou mois de la gelée blanrhe , parce que la pluie se congèle en neige et en gelée blanche.

Le douzième mois, ziyou ni gwats , s'appelle shiwasou, le mois unal ou terminant la saison.

Le nombre des fêtes et des cérémonies, civiles et religieuses, qui arrivent dans le cours de l'année est très-grand , et celles qui sont importantes sont soigneusement observées par toutes les classes. Titsingh a donné des détails sur quelques-unes des fêtes principales et d'autres qui sont observées par la cour; Siebold a publié un travail très-étendu sur ce sujet, dans son grand ouvrage, et Ta accompagné d'un grand nombre de

franches d'autant plus intére ssantes que es dessins originaux sont dus aux premiers artistes japonais. — !Nous regrettons de ne pouvoir même offrir l'analyse de ce travail à nos lecteurs. Si ta traduction du Nippon de Siebold s'achève, ces curieux détails et bien d'autres d'un égal intérêt seront enfin accessibles au public.

Des divisions du temps, au Japon, la plus bizarre, et assurément la plus incommode, est celle qui se fait par heures. — - Dans ce pays, un jour et une nuit selon le coursde la nature, se divisent en douze heures, dont six sont toujours assignées au jour, c'est-à-dire à l'intervalle entre le lever et le coucher du soleil , et les six autres à la nuit, ou à l'espace de temps entre le coucher et le lever du soleil. De cette manière les heures du jour, au Japon, n'ont jamais la même durée que celles de la nuit , excepté à l'époque des équinoxes; en été les heures du jour étant longues, celles de la nuit sont courtes, et en hiver vice versâ.

A parler exactement , la longueur des heures devrait varier d'un jour à l'autre; maison se dispense d'un soin aussi grand, et l'on régularise les variations quatre fois seulement par an, en prenant un terme moyen sur trois mois.

De plus, le calcul de ces douze heures , qui semble si facile à quiconque sait compter jusqu'à douze, est si étrangement compliqué au Japou, que si l'on

d'être au moins conciliées par une explicalion dont les éléments nous manquent.

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n'eût adopté l'expédient d'ajouter à chaque heure, outre sa désignation par un nombre, le nom d'un signe du zodiaque , ce serait une tâche assez difficile que de répondre à cette question qui paraît si simule : « Quelle heure e?tjl? » Essayons de donner quelque explication de ce système obscur et original.

Neuf étant regardé comme le nombre le plus parfait U), midi et minuit s'appellent tous les deux « neuf heures : » midi s'appelle neuf heures du jour, et minuit neuf heures de la nuit; tandis que le lever et le coucher du soleil sont respectivement « six heures du jour », et « six heures de la nuit ». Si Ton demande comment neuf peut se trouver deux fois dans douze, nous répondrons que l'impossibilité arithmétique est vaincue ou éludée en omettant le premier et les trois dernien nombres, et en commençant par quatre et finissant par le nombre parfait neuf. Les nombres intermédiaires se développent laborieusement au moyen de la table de multiplication, et le système est basé sur le profond respect professé pour le nombre neuf. Voici en quoi consiste ce procédé :

Neuf, étant l'heure de midi et de minuit, est le point d'où l'on commence à compter, et il est considéré comme la première heure. Deux fois 9 font 18; supprimez la figure décimale, et il reste 8 : c'est pourquoi l'heure qui suit midi ou minuit , c'est-à-dire la deuxième heure, est huit heures du jour ou do la nuit. Trois fois 9 font 27 ; supprimez la ligure décimale, et il reste 7, et la troisième heure devient sept heures du jour ou de la nuit. Quatre fois 9 font 30' ; repétez l'opération , et vous trouverez que la quatrième heure, qui doit être invariablement celle du coucher ou du lever du soleil, est six heures de la nuit ou du jour; cinq fois 9 font 46; et l'opération ordinaire fait que l'heure qui suit le coucher ou le lever du soleil, la cin-

Sième à compter de minuit ou de midi Jusivement, est la cinquième heure de la nuit ou du jour. Enfin, 6 fois 9 font 54 ; et par la même opération, nous

(i) A d'autre* égard» le nombre huit» la prtférence; c'«*l le nombre parfait d'après la doctrine» Sintd.

obtenons quatre pour la sixième et dernière heure, qui devient quatre heures de la nuit ou du jour. Alors revient de nouveau minuit,ou midi, ou bien neuf heures de la nuit ou du jour. Une table, qui sans explications préalab es aurait été inintelligible , mu Ira maintenant claire pour le lecteur la suite des douze heures du jour selon la nature :

Minuit est kokonoU^n 9 heures de la nuit, l'heure du Rat.

3 b. av. midi <>>t y a 's , ou 8 heures de 1a nui l, l 'lieu re de la Vache.

4 h. av. midi est nanats , ou 7 heures de la nuit , l'heure du Tigre.

Le lever du soleil est moulsoy-doki , ou 6 heures du jour, l'heure du Lapin.

8 h. av. midi est itsouttou, ou S heures du jour, l'heure du Pragou.

10 h. av. midi est yots, ou 4 heures du jour, l'heure du Serpent.

Midi est kokonots, ou 9 heures du jour, l'heure du Cheval.

2 h. ap. midi est yats , ou 8 heures du jour, flieure de la Chèvre ou de la Brebis.

4 h. ap. midi est nattât* , ou 7 heures du jour, l'heure du Singe.

U coucher du soleil est ptoutsou'docki , ou 6 heures de la nuit , l'heure du Coq.

8 h. ap. midi est I bout sou , ou 5 heures de la nuit, l'heure du Chien.

10 h. ap. midi est yots , ou 4 heures de la nuit, l'heure du Sangliei.

Chacune de ces heures se divise en huitièmes ( équivalant à nos quarts d'heure), et la notation des intervalles se fait au moyen d'additions au mot qui indique l'heure ; ainsi, kokonots han est une heure avant midi ; kokonots han sougui est une heure et demie ; kokonots han sougi maye est une heure un quart, etc., etc. L'usage des • douze branches » pour désigner les heures est emprunté des Chinois, mais l'autre combinaison employée pour compter les six heures, comme il \ient d'être expliqué, est particulière aux Japonais.

Ces heures sont toujours sonnées par les^cloches des temples. Les mesurer semble une chose plus difficile, quoique l'on prétende que l'allongement et le raccourcissement du pendule suffisent à cet effet ( naturellement on doit entendre que cette opération a lieu chaque

jour, ou deux lois par jour, au lever et au coucher du soleil). On rapporte aussi deux procédés indigènes : l'un, qui peut évidemment suffire au dessein qu'on se propose, consiste à brûler des corps de grandeur déterminée (I); le secorid consiste en une sorte d'horloge particulière ( décrite d'une manière qui n'est pas très -in tel lisible), dont la pièce principale serait une balance horizontale, ayant un poids a chaque extrémité et se mouvant en avant et en arrière sur un pivot. Nous croyons pouvoir, en terminant ce chapitre des heures et des horloges, dire quelques mots d'une pendule dont on ne nous fait malheureusement pas connaître le mécanisme, mais que le gouverneur de Nagasaki fit faire en 1826 pour en faire présent au siogoun , et qui était regardée comme un chef-d'œuvre du génie de la mécanique. Comme telle, elle fut montrée avec orgueil à la factorerie hollandaise, et elle dénote assurément plus de talent que de goût.

« L'horloge est renfermée dans un cadre de trois pieds de haut, sur cinq de long, et représente un magnifique paysage. Des pruniers et des cerisiers tout en fleurs, avec d'autres plantes, forment le devant du tableau. Le fond du tableau consiste en une colline de laquelle s'échappe une cascade, habilement imitée en verre, qui forme une rivière coulant doucement, et serpentant d'abord autour des rochers placés çà et là , puis se précipitant à travers le milieu du paysage, et se perdant enGn dans un bois de sapins. Un soleil d'or suspendu dans le ciel indique, en tournant sur un pivot, que l'heure va >onner. Au bas du cadre sont marquées les douze heures du jour et de la nuit, et une tortue à la marche lente sert d'aiguille. Un oiseau perché sur la branche d'un prunier annonce par son chant et par le battement de ses ailes le moment où une heure expire, et aussitôt que son chant cesse, on entend un timbre sonner l'heure ;

(i) Des bâtons à encens ou allumettes chinoises, dont la combustion lente set égale offre, en effet, un moyen passablement exact de mesurer le temps. Nous avons vu employer ce moyen à Java , à la grande manufacture de tbe, pour indiquer la durée à donner à certains détails de manipulation.

pendant cette opératiou une souris soi t d'une grotte et court sur la colline. *

Chaque partie de cette ingénieuse composition, examinée isolément, paraît avoir été exécutée avec beaucoup de soin ; mais l'oiseau était trop grand pour l'arbre et le soleil pour le ciel, et la souris gravissait la montagne en un instant.

Les Japonais possèdent quelques connaissances peu étendues sur les mathématiques, la mécanique, la trigonométrie et sur la science de l'ingénieur. Ils ont des canaux destinés principalement à l'irrigation, et une grande variété de

Knts (1); ils ont appris à mesurer la uteur des montagues au moyen du baromètre, et ont dernièrement dressé de très-bonnes cartes de l'empire japonais. En fait de machines , ils ne sont guère capables de faire quelque chose de plus difficile que des tours et des moulins à eau, et ils ne désirent pas faire, de ce côté, de plus amples progrès. Leur opinion à cet égard s'est manifestée d une manière très-remarquable à l'occasion d'un modèle de moulin à huile oui faisait partie des présents offerts , dans une de ces dernières années, au siogoun par le gouvernement hollandais. Le génie de cette invention et son mécanisme admirable furent hautement prônés ; mais le modèle fut renvoyé, parce que l'adoption d'une aide aussi puissante au travail aurait privé douvrage tous les Japonais qui ga-

(i) Siebold parle de plusieurs canaux importants établis pour l'usage du commerce : entre autres du canal Ondoseto , dans la province d'Akt, conduisaul directement à la ville de commerce Firosima . et du grand canal de Sentd no fout si (canal des Bateliers), dans la province de Fizen , canal de quatre-vingt-dix kilomètres de longueur, qui passe par Sâga, ville la plus considérable de toute l'île de Kiousiou et Foukou-oka, et réunit ainsi le golfe de Simabara à la mer du nord. — Le pont jeté sur ce canal à Saga est orné d'une statue colossale , en airain, représentant un dsixd, ou saint tutélaire, qui porte le nom defdiwô wô% et dont la mission divine est de « répandre la pluie et faire croître les cinq sortes de blé. • — La multitude des cours d'eau qui descendent des nombreuses montagnes de ce pays accidenté, et la situation des villes les plus populeuses , bâties à rembouehure des fleuves le.

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If!»

gnent leur vie a faire de Chuile suivant la routine ordinaire ! (1).

plus considérables et coupées en tout sens par des canaux , expliquent la quantité de grands ponts qu'on trouve au Japon.

On compte deux cent trente-neuf grands ponts dans tout l'empire , dont soixante-dixneuf à Ohosaka seulement et soixante-quinze à Yèdo.

Les ponts en pierre (ui btui) sont rares et ont une seule arche.

Les ponts en bois (cèdre , thuya , orme ), dont le tablier est soutenu par Hes piliers de bois dont la base est en pierre, sont les plus communs, et ils se trouvent surtout sur les grands fleuves. Le pont d'Okasaki a trois cent quatre-vingt-dix-sept mètres de longueur.

Les poats-levis ( Jiki basï ) ne sont en usage que dans tes forteresses.

Les ponts de bateaux (funa bas'i ) ne sont pas rares. Celui sur lequel on traverse le kouttoa-gatva, dans la province de Yetsitsio, est long d'environ sept cent soixante-dix mètres, et consiste en cinquante-deux bateaux rivés à une chaîne de fer et recouverts de planches. Enfin, il y a des ponts suspendus en grand nombre ( Fojet notre planche la ).

(i) Dans les conditions toutes particulières où se trouve l'empire japonais, il nous semble qu'on ne peut qu'applaudir à celte mesure. Chez nous, peuples autrement civilisés que les Japonais, les inconvénients de l'introduction trop brusque de machiues nouvelles, quelque admirables qu'elles puissent être, ont préoccupé plus d'une fois, et à juste litre, nos plus habiles économistes. — Le- Japonais n'ont cependant pas repoussé d'une manière absolue l'introduction des machines européennes. — Siebold mentionne une espèce de moulin à crible, nommé kometofosi, c'est-à-dire tamis à orge, absolument construit sur le modèle des nôtres, et il ajoute : « Nous nous rappelons avoir entendu dire que rimportatiou en esl due aux Hollandais. » — Il parle de moulins i blé dont le mécanisme consiste en une roue à godets et une roue déniée au bout du treuil, s'engrenant dans un pignon qu'elle mène et qui couronne la meule tournante. Le mouvement est imprimé par l'eau dirigée par un simple conduit en bois sur les godets de la roue supérieure. Les moulins à bras et à chevaux sont aussi en usage •u Japon ; mais les moulins à vent y sont inconnus. Les moulins à pilons dans lesquels on écrase le feldspath argiliforme sont d'un Mécanisme commode et ingénieux, que Siebold a décrit en détail.

ABTS BT MANUFACTURES CHEZ LES JAPONAIS.

Il est difficile de se former une opinion sur l'état des arts au Japon, en

Car tir parce que le témoignage des memres de la factorerie de Dézima n'est pas à cet égard d'une grande valeur, en partie (et cela résulte de l'assertion uuanime des voyageurs) parce qu'il est à peu près impossible à un étranger de se procurer des spécimens ou échantillons de ce que chaque branche de l'art ou de l'industrie peut produire de plus parfait. Le rang que les artistes occupent dans la classification sociale semblerait, au premier coup d'ici I , pouvoir jeter quelque lumière sur la question; mais cette classification caractérise plutôt le temps passé que l'époque actuelle, et tout ce qu'on peut légitimement conclure de l'ensemble des témoignages, c'est que les arts, en général, sont plus avancés au Japon qu'en Chine.

En ce qui concerne l'art musical , nous n'avons rien à ajouter à ce qui en a déjà été dit plus haut. — On nous assure que les Japonais aiment beaucoup la peinture, et s'occupent avec ardeur a faire des collections de tableaux; qu'ils esquissent hardiment avec du charbon et souvent avec de l'encre , n'ayant jamais besoin d'effacer ; que leurs traits sont nets et leur dessin aussi bon que peut le leur permettre l'ignorance de la perspective et de l'anatomie. De cette ignorance résulte probablement leur inhabileté à saisir la ressemblance, les peintres de portraits s'attachant avec

Iilus de soin a imiter les vêtements que es traits des personnes qui posent. Ils réussissent mieux à représenter les oiseaux et les fleurs ; et l'on parle, comme d'un ouvrage magnifique, de deux volumes in-folio de fleurs peintes, avec le nom et 1rs propriétés de chacune des plantes auxquelles elles appartiennent écrits sur la page opposée. Cet ouvrage, l'œuvre d'une dame japonaise , fut présenté par elle à Titsingli, ami de son mari. — Un fini délicat parait faire le principal mérite de tous les artistes japonais.

Les écrivains qui ont traité ce sujet ont publié quelques essais d'une branche plus élevée de cet art, des paysages et des figures ; niais ces dessins,

L'UNIVERS

qui ne sont pas sans mérite , accusent

cependant un talent tellement inégal qu ils embarrassent autant qu'ils aidentle jugement. Les gravures de Titsingh représentent des noces , des processions funèbres, ete-, d'après les tableaux d'artistes indigènes; on peut les mettre de niveau avec les peintures chinoises. Celles de Meylan valent un peu mieux. — Un fait rapporté par Meylan au sujet de l'habileté, des artistes japonais, fait qui remonte à deux siècles, étonnera ceux qui ont vu la plupart de ces gravures. Selon Meylan donc , quand la cérémonie qui consiste à fouler aux pieds les images du culte catholique fut établie pour la première fois (1), il se trouvait

(i) Nous avons omis , par inadvertance, de donner quelques détails sur celle étrange cérémonie en rendant compte dans notre * Aperçu de l'histoire du Japon » des principales circonstances qui ont accompagné l'extirpation du christianisme. Nous comblons cette lacune en reproduisant le passage suivant de la relation de Charlevoix :

m Vers la ûn de l'année , on fait à

Nangazaqui, dans le district d'Omura, et dans la province de Bungo, les seuls endroits où Ton soupçonna aujourd'hui qu'il y ait encore des chrétiens, une liste exacte de tous les habitants de tout sexe et de tout âge; et le second jour du premier mois de l'année suivante les ottouas, accompagnés de leurs lieutenants, du greffier et des trésoriers de chaque rue, vont de maison en maison, faisant porter par deux hommes du guet deux images, l'une de Nôtre-Seigneur attaché à la croix, et l'autre de sa sainte Mère, ou de quelque autre saint. On les reçoit dans une salle, et dès qu'ils ont pris chacun leur place, le chef de la famille , sa femme , ses enfants, les domestiques de l'un et de l'autre sexe , les locataire* , et ceux des voisins dont les maisons sont trop petites pour recevoir tant de inonde, sont appelés les uns «près les autre* par le greffier, à qui on a donné tous les noms, et à mesure qu'on les nomme, on leur fait mettre le pied sur les images, qu'on a posées sur le plancher. On n'en excepte pas les plus petits enfants, que leurs mères ou leurs nourrices soutiennent par les bras. Ensuite le chef de famille met son sceau sur la liste , qui est portée aux gouverneurs. Quand on a ainsi parcouru tous les quartiers, les officiers eux-mêmes font le Jesumi , se servent mutuellement de témoins , puis apposant leur sceau au procès-verbal. <• Tome VI, liv. ao, p. 5i et Sa.

quelques tableaux portugais représentant la Madone et l'enfant Jésus, ce qui

permettait de fouler aux pieds m même temps ces deux images abhorrées; on fit faire à un peintre japo'iais la copie de l'un de ces deux tableaux, et la copie ne pouvait être distinguée de l'original. On doit remarquer que Meylan ne vit jamais cette copie, et que les connaisseurs qui ont prononcésur l'impossibilité de la distinguer de l'original étaient japonais. Quoi qu'il en soit, le gouvernement considéra sans doute que la reproduction de ces images appartenant au culte proscrit était une souillure pour le nom japonais , ou voulut . par un raffinement de son implacable politique, punir la malencontreuse habileté du copiste; car le peintre eut , dit-on . la tête tranchée. Cette histoire, cependant, se concilie très-bien avec le genre de mérite des artistes japonais; ce sont de pauvres dessinateurs, mais, comme les Chinois, ce sont assurément d'excellents copistes.

Les spécimens donnés par Siebold, quoiqu'il ait visité le Japon avant Meylan , valent beaucoup mieux, du moins ceux d'entre eux qui ont été tirés de tableaux peints expressément pour lui ; et il explique ce fait en disant que le jeune artiste indigène qu'il employait étudiait alors les principes européens de son art. Mais les planches qui se trouvent dans lesplendide volume de Overmer Fisscher sont supérieures à toutes les autres; elles ont un tel fini , la lumière et les ombres y sont si bien ménagées, bien qu'elles soient défectueuses quant au dessin et à la perspective, qu'il est permis de' soupçonner qu'avant de passer entre les mains du graveur les peintures japonaises dont il a fait usage ont été retouchées en Hollande ; ce soupçon est justifié par l'inspection des salles japonaises du musée royal de la Haye, ou on assure cependant que se trouvent les chefs-d'œuvre de l'art japonais.

On dit que le musée japonais de Siebold était plus riche que les chambres japonaises du musée royal. Le gouvernement hollandais en a fait récemment l'acquisition, pour l'ajouter au musée de la Haye.

Les Japonais ne connaissent pas la peinture a l'huile, mais ils sont habiles dans l'emploi de la gouache. Ils tirent

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leurs couleurs des minéraux et des végétai!*, »t obtiennent des teintes beaucoup plus belles et plus brillantes que les nêtres.

Ils ont un grand nombre de gravures, mais seulement sur bois. L'art de la gravure sur cuivre a cependant été récemment introduit chez eux , et adopté avec un empressement qui promet des progrès rapides.

On ne trouve jusqu'à présent dans les meilleurs ouvrages sur le Japon aucun renseignement scientifique sur l'art de la sculpture , si ce n'est çà et la quelques mentions faites avec éloges de sculptures d'ornements. Mais on nous dit que les Japonais ont atteint dans l'art de la fonderie un degré de perfection aussi grand que cela est compatible avec un entier inépris des proportions.

On dit qu'ils fondent de beaux vases et de belles statues, et leurs cloches sont remarquables pour la richesse des bas-reliefs qui les ornent. Ces cloches n'ont pas de battants eu métal , mais on les sonne en les frappant extérieurement avec une pièce de bois suspendue horizontalement, comme cela se pratique en Chine.

Ce que nous savons de l'architecture au Japon ne nous permet guère de supposer que la construction des édifices publics y repose sur une théorie scientifique ou même sur des règles positives autres que celles dont la police gouvernementale a prescrit l'adoption.

Cependant le mode de construction des temples appartenant soit à la religion primitive ( le culte des ftami's) , soit aux sectes qui en dérivent, semblerait indiquer un ordre d'architecture particulier ; et nous remarquons que Siebold . parlant d'une chapelle construite près du tronc d'un camphrier gigantes-

Îie, la désigne comme étant de ('ordre architecture mixte de ryô bou sintô. Nous croyons le sujet digne d'un examen approfondi ; mais les éléments de cette discussion nous manquent , et nous sommes torcé de renvoyer le lecteur a l'ouvrage de Siebold,oùil est sans doute traité en détail.

Le génie militaire et la navigation (1), comme sciences, ne paraissent

(t) Voir plus loin la section intitulée : Commerce et navigation.

pas exister nu Japon : les Japonais font

cependant usage de la boussole, et probablement ils pos>èdrni dans la tactique militaire des connaissances su l'Usantes pour l'attaque et la défense des places fortifiées comme le sont celles du Japon.

Au sujet des ouvrages en laque du Japon, tous les écrivains assureut qu'on ne peut s'en faire une idée juste d'après les échantillons ordinairement importés en Europe. Ceux qui sont réellement beaux ne peuvent être achetés par les étrangers; et les meilleurs qu'on puisse se procurer sont ceux que les membres de la factorerie de Dézima reçoivent , en présent , de leurs amis japonais ; on lee dépose ordinairement dans le musée royal de la Haye; et quoiqu'ils soient à peine regardés, comme étant de seconde qualité au Japon, ils sont réellement si supérieurs à tout ce qu'on peut voir ailleurs , qu'on ne peut se former une idée de la beauté des ouvrages de laque japonais sans avoir visité cette collection.

Le procédé employé pour vernir à la laque est extrêmement compliqué. Le vernis, qui est le produit résineux d'un arbrisseau appelé ourouii no kiy ou plante au vernis (rhus vemiat) (1 ), subit une préparation longue et minutieuse avant de devenir propre h être employé. On le mélange par un frottement trèslent et très-égal sur une palette de cuivre avec la matière colorante; et l'opération elle-même du vernissage est aussi ennuyeuse que ses préliminaires. On applique successivement au moins cinq couches différentes que l'on laisse sécher, puis on commence à broyer ou polir avec une pierre ou un polissoir en bambou (3). C'est seulement par ce tra-

(i) Cet arbrisseau donne un venait de meilleure qualité que celui de l'arbre à vernis de la Chine (atigia sinensis), tiichou et tsàtchou (cantonnait) des Chinois.

(a) La description de relie partie du procédé, que nous empruntons à Fisscher, ne semblerait permettre à la rigueur que l'emploi de la vague désignation de roseau , au lieu de celle de bambou que nous adoptons (car Fisscher fait usage du mut hies, qui signifie jonc ou roseau ). — Broyer ou polir avec un roseau parait sans doute étrange ; mais si Fisscher (ou ton interprète) comprenait le bambou dans la famille des roseaux ce qu'il

L'UNIVERS

vail patient que le vernis acquiert son excellence. Les figures en nacre de perle s'obtiennent à l'aide de couches de nacre taillées et façonnées selon la forme demandée, et coloriées en dessous. On les applique ensuite sur le vernis, et on les soumet au même procédé d'application de couches et de polissage que le reste, ce qui leur donne un brillant si éclatant.

Les Japonais ne connaissent pas la taille des pierres précieuses, et, par suite, ne leur accordent aucune valeur, ce qui peut provenir de ce que ni l'un ni 1 autre sexe n'emploie de bijoux pour la parure(l). En métallurgie, cependant, ils sont très-habiles , et ou cite avec admiration la magnifique composition appelée suakhoudo (ou syakfdo), dans laquelle divers métaux sont en partie mêlés, en partie combinés, de manière à produire un effet ressemblant beaucoup à celui d'un bel émail ; cette composition est employée au lieu de bijoux, pour

serait naturel de supposer, la difficulté disparait. — Le bambou est, d'ailleurs, comme on le sait, un bois des plus durs.

(i) Est-ce là un trait distinctif du caractère japonais , ou bien cette particularité est-elle simplement le résultat d'une application rigoureuse des lois soroptuaires? Mous f ignorons. — On pourrait conclure d'un détail emprunté à Cbarievoix ( voir p. a8 ) que les femmes portent quelquefois des boucles d'oreilles. Nous trouvons aussi dans Siebold que les Japonais font le commerre des perles, qu'ils désignent sous le nom de kai no tama (pierreries d'huîtres ). — L'huître qui contient les perles véritables est péchée ordinairement dans les baies d'Ohomura et d'Owari ou sur le rivage des provinces d'Isé et de Satsouma. On distingue les perles du commerce en gin tama ou pierreries argentées , qui sont blanches , et kintama ou pierreries dorées , dont la couleur est d'un jaune d'or tirant sur le rose. Les kintama sont de la plus belle eau et ont un éclat remarquable. — Elles sont de la grosseur d'un petit pois, et se payent, dit Siebold, deux kobans (ce qui ferait, selon sou calcul , à peu prés 48 fr. ; mais il y a ici erreur, puisque dans «son travail sur les monnaies il estime le koban actuel à douze florins et demi de Hollande, ce qui fait à peu près »6 fr. a5 cA^Mais de ce que les Japonais font la pèche des perles et en font le commerce il ne s'ensuit pas qu'ils soient autorisés par les lois à les employer pour leur propre usage.

les ceintures , les agrafes , les boites , les poignées d'épées , etc. Mais la branche de cet art dans laquelle ils surpassent la plupart des autres nations est la trempe de l'acier. Les lames de leurs sabres sont d'une excellence remarquable; elles ont le tranchant aussi affilé que celui d'un rasoir, et elles peuvent couper aisément un clou de fer sans s'ébrécher. On les estime en conséquence; aussi assure-t-on qu'une lame très-fine vaut de deux à trois mille francs, et qu'une lame ancienne , d'une trempe exquise , s'évalue fort au delà de ce prix. L'exportation en est prohibée, par suite des idées superstitieuses qui veulent que les Japonais tiennent de leurs divins ancêtres , comme héritages inséparables , l'indomptable valeur qui les distingue et l'excellence de leurs armes (1).

(1) Le chapitre des armes anciennes et modernes au Japon est traité avec beaucoup d'étendue dans l'ouvrage de Siebold. — Les Japonais connaissent l'usage des armes à feu, et se servent du fusil , mais seulement , à ce que nous assurent les Hollandais , du fusil à mèche. On conjecture que la préférence qu'ils accordent à cette armeimparfaite est due à deux causes : la rareté du silex dans les couches géologiques du pays, et l'aversion du gouvernement pour l'introduction de tout moyen de défense européen qui pourrait faire supposer que le Japon n'est pas en état de se suffire i lui-même. — Nous sommes porté à admettre le dernier de ces motifs : quant au premier , depuis l'invention des capsules, aujourd'hui, selon toute probabilité, connue au Japon, il nous parait de peu de valeur. — Nous saisirons cette occasion de dire que nous ne possédons encore que des renseignements trèsimparfaits sur l'organisation militaire de l'empire japonais. — Il faut consulter à cet égard Golownin et Siebold. — Dans ce qui a para du grand ouvrage de ce dernier, nous avons remarqué le passage suivant : — « Les soldats « japonais sont loin d'avoir l'aspect martial m des nôtres; aussi s'efTorcent-ils de faire ou- « blier leur tenue en donnant à leurs traits, « pendant les exercices, une expression fa*

- rouche. La cavalerie cuirassée porte, en « guise de visière, un masque d'une figure « menaçante, qui effraye beaucoup plus l'en* « nemi que ne pourrait le faire le visage qu'il « couvre, et qui est destiné à donner au

- peuple la représentation classique de la « valeur guerrière, comme dans les ancien- « nés tragédies grecques. »

Le nombre des troupes régulières entre-

Quant aux manufactures de ce pays , il faut remarquer d'abord qu'on y fabrique aujourd'hui tout ce qui est nécessaire à l'usage particulier des habitants. Les produits les plus remarquables de l'industrie manufacturière sont la porcelaine et les soieries. — La porcelaine a perdu , dit-on , de son ancienne supériorité, et on a attribué cette décadence à ce que l'argile fine d'une nature particulière qui sert à sa confection était devenue plus rare. Siebold contredit positivement cette assertion. iVon loin de Dasiro, village situé sur la frontière des provinces de Fisen et Tsikousen , on toit des montagnes entières de terre à porcelaine appartenant à l'espèce trèsrecherchée qu'on rencontre parmi les rochers granitiques de l'île Amakasa.

Dans toute la province de Fizen on fabrique une porcelaine d'une grande beauté. Cest de là que sont venus aux seizième et dix-septième siècles ces vases si recherchés aujourd'hui en Europe. Mais les établissements manufacturiers qui florissaient à ces époques ont été, pour la plupart, obligés de renoncer, par la suite, à fabriquer une aussi belle qualité de porcelaine, probablement parce que les frais de fabrication avaient fini par excéder les prix fixés par les contrats existants entre l'ancienne Compagnie des Indes et les autorités de Nagasaki.

Quant à leurs magnifiques soieries , elles sont tissées par les criminels de haute naissance , qui sont relégués sur une île de peu d'étendue , couverte de rochers et stérile, où ils sont privés de leurs biens , et obligés de payer par le travail de leurs mains les provisions qu'on leur fait parvenir par mer. L'exténues pour la police de l'empire, et pour faire face aux éventualités, doit être considérable ; mais il est probable que ces corps armés pèchent par (organisation, le choix .des armes et la discipline. Toutefois, il nous parait indubitable que la masse de la population est brave , façonnée de bonne heure aux exercices gymnasUques.animée des sentiments patriotiques les plus exaltés, et que les trente ou quarante millions d'hommes qui peuplent ^ Japon trouveraient dans ces qualités natale* les éléments d'une résistance fatale à '«rte entreprise d'invasion qui pourrait me- Mcrr l'empire du soleil levant'

portation de ces soieries est également prohibée (1). L'industrie séricoîe est en grand honneur au Japon depuis bien des années. Elle y a été introduite par les Chinois et les Coréens vers l'an 310 de J. C. L'art d'élever les vers à soie y a fait de grands progrès. — Un ouvrage écrit au commencement du dix-neuvième siècle par Ouckahi Morikouni , maire ou maistrat de Kourakabé, dans la province e Tatsima , sur cet important sujet, a été traduit dernièrement par le docteur J. Hoffman (de Leyde), et présenté a l'Académie des Sciences (le 1 Pr mai 18481 par M. Bonafous, qui l'a accompagné d'éclaircissements, de commentaires et de notes. Cet ouvrage, dont le titre japonais est Yo-san-fi-rok (3), expose avec netteté et brièveté les doctrines, méthodes, règles adoptées au Japon dans l'élève des vers à soie , et ces pratiques séculaires, mises en parallèle avec les nôtres, donneront probablement lieu à d'utiles innovations.

La fabrication du papier au Japon mérite d'être mieux étudiée qu'elle ne l'a été; et probablement Siebold, dans la suite de son grand ouvrage , entrera à cet égard dans toutes les explications nécessaires : en attendant, nous aurons recours au récit de Kœmpfer. qui ne s'éloigne sans doute pas beaucoup de la vérité sur l'état actuel (je cette industrie. Nous ferons observer avant tout que l'arbre avec lequel on fait le meil-

(i) Nous avons déjà donné quelques détails sur cette île (p. 5, note). — Nous ajouterons à ce que nous en avons dit , que les Japonais paraissent n'en avoir pris possession qu en 14871 ■* que» «*l°o l'encyclopédie japonaise, il y a dans cette vie des cocons sauvages qu'on nomme yama mayou, ou cocons de montagnes, dont on fait une étoffe extrêmement forte, qui ne change jamais de couleur, mais que l'on ne peut pas teindre. — C'est selon l'ouvrage cite plus bas, dans le texte, la soierie connue sous le nom de fatsi-syo-kinou, et qui est fabriquée exclusivement pour le gouvernement. Elle n'entre donc pas dans le commerce; mais on en fait des contre-façons à Miyako. — Il paraît qu'on fabrique aussi aux îles Liou-Kiou des soieries rayées qui approchent beaucoup du fatsi-syô-kinou et sont très -recherchées.

(a) Littéralement : •» Histoire secrète de l'c- « ducat ion des vers à soie >•.

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leur papier est le broussonetia papyrifera, appelé kô-zô ou kami-no-kl par les Japonais; Tchtichou par les Chinois (1). Beaucoup plus blanc que le papier de bambou des Chinois, la couleur de I l'espèce ordinaire est un blanc jaunâtre; et par un long usage sa surface devient velue, quoiqu'elle ne s'use pas vite. — Voici la description que donne Kcempfer de la plante et du procédé de fabrication.

D'une racine forte, divisée et ligneuse, s'élève un tronc droit, épais, uni, chargé d'une grande quantité de branches, avant une écorce épaisse, ferme, visqueuse, de couleur marron, rude à l'extérieur et unie à l'intérieur, où elle adhère au bois, qui est fragile et sans consistance, avec une moelle humide trè3*abondante ; les branches et les rejetons sont très-gros, et sont couverts d'un léger duvet ou laine, de couleur verte tirant sur le pourpre brun.

Chaque année , après la chute totale des feuilles , dans le dixième mois japonais, qui correspond à notre mois de décembre , on coupe les rejetons en bouts dont la longueur n'excède pas un mètre : on les réunit en fagots pour les faire bouillir dans une lessive alcaline; ces fagots se placent verticaleuientdans unegrande chaudière, qui doit être bien couverte, et là on les fait bouillir jusqu'à ce que Pécorce se resserre suffisamment pour laisser paraître au bout environ un demi pouce du bois a nu ; quand les baguettes ont bouilli suffisamment, on les retire de l'eau et on les expose à l'air froid ; l'écorce est alors retirée du bois , séchée et gardée pour être fabriquée par la suite.

Quand on en a amassé une asse2 grande quantité , on la fait tremper dans l'eau pendant trois ou quatre jours, et

(i) Les Japonais nomment quatre arbres ou arbrisseaux « arbres priucipaux ». — Ce sont;

i. Le mûrier ( morus olba ) , sang chou des Chinois, kouva-no-ki CD Japonais, c'tot-àdire •• l'arbre a la feuille qui marche » ;

a. Le mûrier à papier ( broussonetia papyrifera) ;

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