‹ Japon, Indo-ChineChapitre 90 sur 101 · UNE · texte numérisé non relu

UNE

l'an 40 de J. C. Ce prince construisit uu étang à Miniçiri, et le consacra à un wihara appelé Issarasumano. 11 fut assassiné par Yataalaka-Tissa , à une fête aquatique sur le lac ou étang artificiel de Tissa ; ce nouveau roi fut luimême déposé ( en 56) par Soubha, un homme de naissance obscure.

La jalousie de l'usurpateur causa sa perte. Ayant appris qu'une prédiction le menaçait d'être détrôné par un individu du nom de fVasabha, il donna des ordres précis aux dissaves (1) pour faire mettre à mort tous ceux qui portaient ce nom dans l'île de Ceylan. Mais l'esprit fataliste qui domine eu Oricut rendit ces précautions complètement illusoires. Un individu de ce nom ayant échappé au massacre, rassembla une troupe de partisans actifs et résolus, et après une série de combats Subha fut tué , et le vainqueur monta sur le trône (A. D. C2).

Le nouveau roi consacra sa vie au service de la religion, embellit et fortifia la capitale; et, après un règne paisible de quarante-quatre ans , laissa la couronne à son fils JYankanaasika.

Sous le nouveau règne les Cholan's ou Choléens du continent ravagèrent et pillèrent l'île, et enlevèrent douze mille habitants. Cette insulte fut veugée sous le règne suivant par Cadjabahou, fils et successeur du roi , qui usa largement du représailles.

Les annales de Ceylan sont sans intérêt jusqu'au règne de IVaira-Tissa (201 de J. C. ) , époque à laquelle une hérésie redoutable fit de grands efforts pour se greffer sur le système bouddhique. Le roi et son ministre, Kapilo, brillèrent les livres du schisme et en persécutèrent les sectateurs. — Abbhaya, frère puiné du roi , se ligua avec la reine pour le trahir. 11 réussit à désorganiser le pays, à exciter des révoltes , et finit par tuer le roi de sa propre main. Il monta ensuite sur le trône avec sa complice , et régna huit années.

Les règnes à'Abhaya ou Abha-Tissa , de Siri Xaaga //, et de ffédjaya II, n'offrent rien de remarquable, sinon que ce dernier fut détrôné par le chef de son armée, Sanga»Tissa ( 234 de J. C. ). On

(i) Gouverneurs des provinces.

nie

L'UNIVERS

rapporte que ce prince fit ériger sur la flèche du dagobah Ruwanwelli un pinacle de verre. « pour repousser l'orage », ce qui semblerait attester un état singulièrement avancé de la science singhalaise.

( 238 de J. C. ) Sous le règne de son successeur, Siri Sangabodhi, la peste et une grande famine décimèrent la population de Lanka. Cette cruelle calamité fut considérée comme l'œuvre du'démon.

Ce prince, superstitieux et sans énergie, fut détrôné par Gothabhaya , son premier ministre, qui le fit assassiner dans un wihara où il s'était retiré.

(240 de J. C.) Sous le règne de Gothabhaya et les suivants l'hérésie releva la tête, et fut soutenue par des propagateurs influents, même parmi le sacerdoce, qui subirent une persécution cruelle.

Elle fit de grands progrès sous le règne de AfaAasen (275), qui, pour chasser les

f>rétres de la vieille religion jusque dans a province orthodoxe de Rouhouna, fit raser leurs temples et leurs maisons. Une rébellion ayant éclaté à cette occasion, îl fut contraint de faire relever tous les édifices qu'il avait détruits etde rappeler l'ancien sacerdoce. On attribue à ce monarque la formation de seize lacs artificiels et la construction d'un grand canal, le TaUawattueUa, qui servait à l'irrigation de vingt mille enamps.

Sous le règne suivant ( Kitsiri Madjàn) la célèbre dent de Bouddha fut apportée de Dantapoura ( en Kalinga ) à Ceylan par un prince brahmine ( 302 à 330). On rapporte que le roi Dettou- Tis&a, frère du précédent, moula unestatue de Bouddha avec un goût exquis. Son fils et successeur Bouddhadaassa) 339) ne fut pas moins renommé pour son application à la chirurgie et à l'économie rurale. Il composa le Saratthasangabo,

3 ni est peut-être le seul traité de méecine que la science asiatique de cette époque ait produit. Il fit construire des établissements de bienfaisance, tels que hospices , etc.

Sous le règne de son successeur, Ottpal'usa If, prince pieux, une terrible famine visita Ceylan. Il fut assassiné par son épouse , et eut pour successeur Mah >in<una , son beau-frère (410).

Pendant le règne de ce dernier Ceylan fut visitée par Bouddhagosa , un savant

bouddhiste de l'Inde, auteur de commentaires profonds sur les discours bouddhiques, et par le célèbre Fa-Hian, voyageur chinois, qui décrit l'état florissant de l'île, habitée par de nombreux magistrats, des nobles et des commerants étrangers. Il rapporte que les rues taie ut larges et droites, les maisons trèsbelles et les édifices publics magnifiquement ornés. Des chaires à prêcher étaient construites dans tous les carrefours ; le peuple s'y rendait les 8, 14 et 15 de la lune, pour y entendre un exposé de la loi.

Les MalabaresenvahirentCeyian sous le roi Mita Sena , prirent sa capitaVe , et le mirent a mort. Dhaatou-St na, un jeune

{irince de l'ancienne famille royale, dont es ancêtres s'étaient tenus cachés depuis l'usurpation, crut l'occasion favorable pour une restauration de sa dynastie, et excita un mouvement national , qui n'eut de succès qu'après seize années d'efforts. Il mourut assassiné.

Le Mahawanso, ou histoire de Ceylan, depuis la date de l'arrivée de Widjéya jusqu'à la mort de Mahasen , fut écrite par l'oncle de ce prince, Mabanaama Teronnansé.

A l'occasion d'une violente querelle de famille, les deux fils de Dhaatou-Sena armèrent l'un contre l'autre ; K aasiyappa, l'aine, fut défait, et se suicida. Le règne de Mougailaana, son frère , est fameux dans les annales singhalaises par l'arrivée à Ceylan de la relique Kaïsadhaita, ou lambeau de la chevelure de Bouddha, apportée de Dambadiva.

Mougailaana eut pour successeur son fils Kumaara Daas , un prince versé dans la littérature. Le célèbre barde indien Pandita Katidassa visita l'Ile pendant ce règne , et fut assassiné par une courtisane qui voulait s'appropr er une composition poétique à laquelle le roi avait promis d'attribuer une récompense extraordinaire. Le crime ayant été découvert, le roi et ses cinq reines en conçurent un si violent désespoir qu'ils se précipitèrent et périrent dans le bûcher qui avait été érigé sur les bancs du Nlla- Ganga pour consumer le corps du poète.

(A. D. 532.) Les annales de l'île n'offrent rien de mémorable jusqu'au règne 6" rpa-Tissa ///, qui était atteint de cécité et d'un caractère singulièrement

IN

sombre. Il fut détrôné par son gendre,

SUa-Kaala (A. D. 534). L'hérésie fit de nouveau explosion sous ce règne , et fut secrètement adoptée par les prêtres de A I* a vagi ri.

I/hisloire du siècle suivant n'offre que le récit monotone des détails invariables de trahison et d'usurpation qui eurent pour effet, là comme ailleurs, de désorganiser le gouvernement et de dégrader l'esprit social, en développant des mœurs sanguinaires et anarchiques.

La forme politique , qui était une sorte de suzeraineté féodale , ne pouvait prévenir le contre-coup des commotions , qui se communiquait du centre aux extrémités.

(A. D. 547.) Daapouiô l", fils de Sîla, lui succéda; ce règne ainsi que les suivants, jusqu'à l'avènement de Aagrabodhi Ier, n'offre rien oui mérite d étre mentionné. Ce dernier rétablit Tordre, construisit le Kouroundouwéwé et beaucoup d'autres lacs, coupa un grand canal communiquant avec le lac Mennairia , bâtit le Malianaamapiriwenna et plusieurs autres édifices religieux, et mit heureusement fin à des disputes théologiques. Douze poètes d'un grand génie florissaieot à sa cour. Son gendre Aggrabodhi 7/(623) rapporta une fameuse relique de Bouddha à Toohpaaramaya , restaura le palais de bronze, et construisit quatorze grands lacs.

Les règnes suivants continuent d'offrir des scènes de trahison, d'usurpation, et de carnage. Les différentes branches des races royales continuèrent à se disputer violemment le trône avec des succès divers. Daapouiô II tenta d'expulser de sa capitale les Malabares, auxquels il attribuait les troubles du pays. Ceux-ci résistèrent, et offrirent le trône au fils de Daloupia-Tissa, l'avant-dernier monarque. Ce prince , qui s'était retiré sur le continent , repassa dans l'ile avec une

{>etite armée, et marcha contre Daapouô, qui, se voyant menacé de toutes parts, s'enfuit lâchement à Roubouna , et son compétiteur lui succéda sur le trône d'Anuradhapoura (69S de J. C). Ce nouveau roi, Daloupia-Tissa II , régna neuf ans. Parmi ses successeurs, nous en remarquons deux qui ont d à leur élection au choix du premier ministre, et un Aggrabodhi M, qui a régné quarante

ans, mais sans qu'aucune circonstance

particulière ou acte important ait marqué le cours de ce long règne ( de 729 a 769). Sous celui de son fils, Aggrabodki U y le siège du gouvernement fut transféré d'Anuradhapoura à Po Donna rouwa. Il eut pour successeur Mahindou Ier. La première partie de ce règne fut troublée par des guerres civiles. Le roi érigea dans la nouvelle capitale le palais Rallanaprassaada, renfermant une magnifique statue d'or massif de Bouddha, ainsi que plusieurs temples. Il fit établir des archives historiques ré-

Sulières, ce qu'avaieut négligé ses préécesseurs.

(A. D. 795.) Son fils Daapouiô lll lui succéda, et se dévoua au bien public. 11 prit sa résidence près de Mennairia pour inspecter les lacs, et surveilla en personne les travaux publics. On lui attribue la fondation d'hospices et d'écoles de médecine. Knfin, il ordonna la codification des lois. Il mourut dans la première année du neuvième siècle.

Sous les règnes suivants le pays parait avoir joui de quelque tranquillité.

A l'avènement de M Uwella-àiena (838) les Malabares, ces ennemis invétérés de la tranquillité, envahirent l'ile de nouveau , et se rendirent maîtres de la partie nord. Us mirent au pillage la capitale Pollonuarouwa ; les ornements sacrés du temple, les statues d'or, le djayaberra, ou tambour de la victoire , et la coupe sacrée de Bouddha , furent envoyés à Pandi.

Sena éloigna les envahisseurs en payant une rançon convenable, et régna vingt années. Il introduisit à Ceylan l'hérésie widjrawaadiya de Dambadiva.

Il eut pour successeur son fils , A'aasyappa IV (838), qui usa de représailles envers l'ennemi, en soutenant fa révolte du fils du roi de Pandi contre son père. Ce dernier ayant été renversé et mis a mort, le fils de Kaasiyappa fut mis sur le trône de Pandi. L hérésie nilapattadara , concernant le cérémonial religieux, fut importée du continent pendant ce règne.

Les règnes des successeurs de Kaasiyappa IV, Oudaya l et Oudaya II (891 et 926) , furent prospères.

Cependant, sous Oudaya II, son frère, Mihindou, dissave de Rouhouna, ayant cherché à se rendre indépendant du

pouvoir central , fut fait prisonnier et mis à mort.

Sous Kaasyappa /un autre Mihindou ( ou Mahinaou ) , prince de Rouhouna, entreprit d'annexer la province de Mayaa à son gouvernement; il fut battu par le roi , qui lui pardonna , contrairement à tous les usages des despotes orientaux, et lui donna sa tille en mariage ( 954 ).

Kaasyappa VI prêta le secours de ses armes au roi de Pandi contre les Cholan's (Tandjore), ennemis héréditaires de Ceylan , et repoussa l'invasion. Son tils, Daapoulô, ne régna que sept mois, et fut remplacé par un autre prince du même nom ( peut-être son parent ? c'est ce que les historiens singhalais ne nous apprennent pas). Sous le règne de celuici, le roi de Pandi, incapable de résister aux Cholan's, se retira près d'Anuradhapoura, où il fut traité avec une hospitalité royale. Mais, ayant été soupçonné de quelques intrigues et craignant le ressentiment du roi , il s'enfuit avec une précipitation telle qu'il ne put même emporter ses insignes et ornements.

Daapoulô régna dix ans , et eut pour successeur Oudaya III, un prince tyrannique (974). Ce monarque ayant fait mettre à mort les chefs d'une révolte qui avaient embrassé la vie religieuse pour se soustraire au supplice , une formidable insurrection populaire menaça sa vie, et ne fut apaisée que par Pintervention des prêtres et l'exécution des ministres du roi.

Sous Oudaya IV, le roi de Cholan's ayant demandé qu'on lui remît les insignes et joyaux du roi de Pandi détrôné, et ayant essuyé un refus (986), la guerre éclata, et après des succès divers , les envahisseurs furent finalement repoussés de l'île.

Sous Mihindou III, le temple bâti sur la montagne Hamallel ( le « pic d'Adam » ) , et qui avait été détruit par les Cholan's, fut restauré. Sena IV, son successeur, avait a peine douze ans quand il monta sur le trône ( 1013). Une intrigue de cour ayant voulu le soustraire à l'autorité du régent avant l'âge de la majorité , une guerre civile s'ensuivit, et le jeune roi , vaincu , fut contraint de fuir à Rouhouna. Une réconciliation ayant été opérée par la médiation de la reine

douairière, Sena rentra dans la capitale, où il mourut des suites de la débauche après dix ans de rèçne.

(A. D. 10M.) Sous Mihindou lV\t siège du gouvernement fut transféré de nouveau à Anuradhapoura. Les résidents étrangers, dont le nombre s'était accru, avant organisé une révolte, le roi fut obligé de se déguiser et de s'enfuir à Rounouna. Les Cholan's profitèrent de l'anarchie où le pays se trouva plongé pendant de longues années pour l'envahir, le piller et le ravager. Le roi et la reine moururent captifs a Cbo/a- Mandata. Kaasiyappa , leur fils , tenta de recouvrer le trône, et mourut subitement au milieu de ses préparatifs.

(A. D. 1059.) Le territoire de Itlc se trouvait alors partagé en deux provinces, dont la plus importante fut occupée par les Cholan's, et l'autre par les princes indigènes. Après douze ans d'anarchie, fVichramabahou fut couronné roi de Ceylan, et implora l'assistance de Siam, qui le mit en état de soutenir les dépensesde la guerre. Après des combats multipliés, il parvint à chasser les Cholan's et à faire reconnaître son autorité sur l'île entière. Il se voua alors à l'administration intérieure, au rétablissement des finances , du culte , etc. Une question de préséance ayant porté le roi cholan à commettre un acte de cruauté sur la personne de l'ambassadeur de Ceylan , la guerre éclata ; la capitale fui prise et reprise , et finalement I invasion rut repoussée. Mais la maladie ayant fait irruption parmi les troupes, le territoire ennemi ne put être envahi comme le roi Pavait projeté. Il mourut après un règne de cinquante-cinq ans , laissant le trône à son frère Djayaabahou ( 1126 ).

Wickramabalwu , le plus jeune fils du roi , ne voulut point abandonner ses droits, et réussit a déposer son oncle. Il eut un règne tranquille et prospère; mais, après un assez çrand nombre d'années, il fut remplacé sur le trône dePollonnarouwa, nous ne savons pourquoi ni comment, par un de ses neveux, Gadjâbahou, et conserva cependant la souveraineté d'une partie de 1 lie. Par suite de ces événements ( dont le Mafiawamo (1) ne nous donne aucune expli-

(i) Ce» Annotes Shinghaloises oui été

IIS DO-CHINE

cation ) , son fils , Praackrama , fut élevé avec un soin extraordinaire par Gadjâbahou. Il excellait dans la théologie, la littérature, les sciences, les arts, la gymnastique, la navigation. A son retour de ses voyages , dans lesquels il avait été suivi par une partie de la noblesse, il ne tarda pas à donner des preuves de son audace et de l'élévation de ses vues. Il voulut régner seul sur Ceylan. Après divers combats contre son cousin, il se prêta à des négociations dont le résultat lui permit de se faire couronner roi de Pihitt à Pollonnarouwa, du consentement de Gadjâbahou. Il eut encore à vaincre la résistance de son père , qui avait revendiqué son droit au trône et s'était emparé de plusieurs forteresses , et réussit également à se réconcilier avec lui.

Aussitôt qu'il se trouva sans compétiteur au trône, il s'occupa de la rénovation du bouddhisme, de l'organisation du sacerdoce, de la défense du pays, du perfectionnement de l'agriculture, des fortifications de la capitale , de la construction de temples et de palais. Il accomplit dans tous ces ordres de faits des entreprises magnifiques, que nos limites ne nous permettent pas de décrire avec détail. Une révolte dans Rouhouna, dirigée par une princesse du nom de Sowhaia, vint interrompre ses grands travaux. Elle ne put être réduite qu'au prix d'une grande effusion de sang.

Quand la tranquillité fut rétablie, Praackrama résolut de frapper le vulgaire d'etonnement et de crainte par une cérémonie imposante. A un jour fixé par les astrologues, le roi ayant assemblé ses nobles, monta sur l'éléphant roval, et salua les multitudes qui se pressaient sur toute la ligne. Sur sa téte un dais emhlasonné était porté par des courtisans , et des instruments de musique résonnaient de tous côtés, tandis que les bannières flottaient dans un nuage d'encens. Les nobles, alors, entrèrent

U'adiiile* et commentées par Turnour, dans l'AUnanach de Oylan, i834, et dans le Journal de la Société si statique du Bengale , années 1837 el suivantes. Ces travaux de Turnour figurent au premier rang parmi les recherches des plus eminents orientalistes.

dans leurs palanquins. La procession s'avança au milieu des cris des éléphants, du piaffement des chevaux , du bruit des tambours et de la musique. Le roi et la reine, avec des couronnes d'or, parurent dans deux tours splendides, placées sur des éléphants ; après eux suivaient à pied les chefs de la dernière insurrection , puis les officiers d'État , les nobles , enfin la procession entière sur la route, inondée d'une multitude innombrable de spectateurs.

La hautaine Soubhala, épargnée par la clémence du roi, leva encore une fois l'étendard de la révolte; à la fin, elle rut défaite, et probablement mise à mort. Après que l'ordre fut de nouveau rétabli, Praackrama marcha à la téte d'une force militaire imposante et de cinq cents vaisseaux contre le roi de Cambodia et Arramana , qui avait insulté son commerce et violé le droit des gens dans la personne de son ambassadeur. Le pays fut conquis après plusieurs batailles rangées, et le général malabare qui commandait les troupes victorieuses y établit un vice-roi.

Praackrama tourna ensuite ses armes contre les monarques confédérés de Chola et Pandt, qui s'étaient coalisés pour contre-balancerson pouvoir. Après de brillants faits d'armes, il s'empara delà province de Ramisseram, de six districts voisins , et rendit le roi de Pandî son tributaire.

Après ce nouveau triomphe , le roi se livra de nouveau à l'agrandissement du culte et à l'amélioration de la condition matérielle de ses sujets. Il fit planter de grandes forêts d'arbres à fruits, détourna le cours des rivières afin d'alimenter ses lacs, et construisit des canaux pour transporter les eaux à des lacs éloignés, déployant ainsi à l'intérieur les grandes qualités dont il avait donné tant de preuves au dehors. Par le moyen du canal de Goudaavira, les eaux du Kara-Ganga furent conduites dans un lac appelé « la mer de Praackrama » , de laquelle l'eau se répand de nouveau par vingt-quatre canaux dans tous les champs voisins. Par le canal Kaalinda il conduisit au nord les eaux du lac de Minnerria , et par le canal Djaya-Ganga il utilisa le lac Kalaawiwi pour l'approvisionnement d'Anuradhapoura. A ces travaux publics

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