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Les autres monuments remarquables laissés par Gai m ou no u étaient : le M irisséiyettiya~Dagol>ah , décent vingt coudées de hauteur; le M 'ayangana- Dagobah, de trente coudées , encadré dans un autre de quatre-viogts coudées, et le splendide canot en pierre , de vingt-cinq coudées de longueur, contenant le breuvage des prêtres. Ces particularités du Mahawanso, dit le colonel Sykes, dans le Journal (le la Société Asiatique (1841), sont continuées par Hian , le voyageur chinois qui visita Ceylan dans l'année 412 de notre ère. La réputation de piété de Gaimounou se répandit au loin ; des
I >rêtres de Bouddha, renommés pour eurs vertus, vinrent en foule, du continent indien, admirer ses ouvrages et participer au bénéfice de ses prodigalités et de ses dons. Ainsi flatté et célébré, Gaimounou mourut, en l'an 140 avant J. C, après un règne de vingt-quatre ans.
On rapporte que quand il vît sa fin approcher, il se fit rendre compte de ses actes religieux, et interrogea les prêtres sur la nature du séjour céleste qui lui était réservé en quittant cette vie terrestre ; se trouvant satisfait de leurs réponses, il expira dans la délicieuse attente de régner avec le futur Bouddha , Mettiyo. Entre le Maha-Wihara et le Ruwanwelli Saye, six pierres sculptées déterminent la limite d'un monticule où la foule admiratrice et recueillie et les religieux reconnaissants rendirent les derniers devoirs à ce grand monarque, qui fut le restaurateur de la religion de Bouddha. Le caractère de Gaimounou, tout égoïste et audacieux qu'il fût, contribua beaucoup à l'avancement politique et moral de Ceylan ; son énergie, sa bravoure et sa persévérance rendirent à l'île sa vieille dynastie, et par l'expulsion des Malabares fit disparaître une source d'oppression. Dans la dernière partie de son règne, l'embellissement d'Anuradhapoura, l'érection d'édifices publics, etc., fit naître le goût des arts, et humanisa les populations.
Le prince Sali, fils de Gaimounou, n'hérita point de l'ambition de son père; mais, comme lui, il s'éprit d'une belle fille de caste inférieure, et ( ne pouvant se résoudre à se séparer d'elle) il lui sacrifia le rang suprême. Les amours du
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prince Sali et de la belle A&oka-Malla font le sujet d'une légende fort répandue encore de nos jours parmi les Singhalais.
Saida-Tissa, oncle de Sali , fut appelé par Gaimounou à lui succéder, alin que la dynastie solaire se maintînt dans toute sa pureté. Il eut un règne paisible de dix-huit ans. Il acheva les édifices religieux de Gaimounou , en fit construire de nouveaux , ainsi que divers travaux publics concernantl'agriculture.
A sa mort son fils cadet, qui se trouvait dans la capitale, s'empara du trône pour un temps, et fut ensuite assassiné par son aîné, nui en prit possession. Ce fatal exemple tut suivi dans la suite, et causa beaucoup d'effusion du sang.
Katouna, le successeur du meurtrier, régna six ans. Il embellit et acheva les édifices de Gaimounou. Il mourut assassiné par son adigaar (1).
fValagambahu ou IVattagamini^ successeur de Kalouna (104 av. J. C), vengea le meurtre de son père; sa domination ne tarda pas à être menacée par un prince de Rohona et les Malabares.
Il eut l'adresse de tourner ses ennemis l'un contre l'autre, de les épuiser l'un par l'autre; et quand il crut le moment venu , après avoir souffert d'une usurpation de quatorze années, il expulsa Dathiya, le dernier chef malabare , et rétablit sa dynastie.
Le régne de Walaçambahu forme une ère nouvelle dans l'histoire du bouddhisme; c'est à cette époque que les livres sacrés furent transcrits. Le Banapota, ou les « saintes écritures « bouddhistes, le Pita-Kattayan, ou exhortations de Bouddha, YAithakatha, commentaire du Pita-Kattnyan, furent transcrits en pall, ou langue sacrée, après qu'un concile de cinq cents prêtres les eut expurgés des interpolations et altérations qu'y avait introduites la transmission orale. Jaloux de la réputation de piété de Gaimounou et de Tissa , le roi fit ériger le Damboolla-Winara , et le Abhayagiri, qui fut regardé comme une des merveilles de l'Orient, et qui avait , dit-on , quatre cents pieds, d'élé-
(i) Premier ministre el grand juge. — Il y avait deux grands officiers portant le titre à'adiçaar; il y eu a eu jusqu à trois sous le dernier roi de Kandi.
vation. Le mur d'enceinte, qui subsiste encore , a près de deux milles de tour.
Si l'on voulait se faire une idée exacte delà légèreté avec laquelle les monarques singhafais décidaient l 'érection de ces gigantesques édifices, il suffirait de faire remarquer que Walagambahu célébra la convalescence de la reine en faisant construire le Suwana-Ramaya^ un dagobah qui avait , assure-t-on , trois cent treize pieds de hauteur.
Mahatchoula ( ou MahadaiU- Tissa) succéda à Walagambahu, son oncle , en l'année 77 avant J. C. Son règne ne fut remarquable que par les progTès de la superstition et du fanatisme, dont le roi donna l'exemple en exécutant de ses mains, au profit des prêtres, et comme expiation de ses péchés, divers travaux d'industrie agricole et manufacturière.
L'exemple qu'il donna en cette circonstance imprima à la piété un élan qui peut expliquer comment les meilleures terres du pays ont fini par tomber entre les mains dès prêtres.
Tchora- Naga, fils deWalagnmbahu, que son impiété avait fait exclure du trône , s'en empara à la mort de Mahatchoula , et fit tous ses efforts pour extirper le culte de Bouddha, sans s'inquiéter d'y substituer un autre svstème quelconque de religion. Il périt assassine par un de ses sujets , après un règne de douze ans.
Il eut pour successeur le fils de Mahatchoula, Kanda-Tissa, oui fut empoisonné par sa femme Anoula , qu'il avait répudiée.
Cette femme voluptueuse s'empara du trône, et se livra à toutes sortes de déportements. Elle fit entrer successivement en partage du pouvoir suprême les objets de sa passion, et se débarrassa ensuite d'eux nar le poison. A la fin, elle périt dans les flammes, son fils Makalan- Tissa, qui avait été obligé de fuir ses violences, ayant rassemble des forces considérables avec lesquelles il marcha sur la capitale, s'en empara, et mit le feu au palais où sa mère avait voulu se défendre jusqu'à la dernière extrémité. En moutant sur |e trône il trouva le royaume en pleine désorganisation. Son premier soin fut de réparer les fortifications de la capitale. Il construisit uu rempart de
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pierre de dix pieds et demi de hauteur autour de la cité gigantesque. On dit que ces murailles embrassaient un espace de deux cent quarante-quatre milles carrés. On en voit encore les traces près û'Aliaparté. La construction de plusieurs bains publics ou étnngs et d'un dagobah, érigés à Mihintallal, signala le règne de ce prince, qui fut de vingt-deux années.
Il eut pour successeur son fils Batiya- Tissa (en l'an 19 avant J. C.)i remarquable par sa superstition et son asservissement aux prêtres. On voit encore les marques des genoux de ce prince sur le pavé de granit entourant la Ruwanwelli-Saye. — Après un règne de vingthuit ans , il mourut en Tan 8 de J. C. et 55 de Père bouddhique. Maha-Dni- %a, son frère, lui succéda. On ne mentionne de celui-ci que l'érection d'un dagobah , appelé Saigirl, au sommet de Mihintallai ; on y arrivait par dixhuit cents degrés de pierre.
Ce prince régna douze ans; son fils Adda-Gaimounou lui succéda. Ce dernier ne fut remarquable que par sa piété. Sous son règne la nourriture animale fut prohibée, et un grand nombre d'arbres à fruits furent plantés, afin de pourvoir aux besoins du peuple. Adda-Gaimounou fut détrôné et tué par son frère puîné Kinihirridaila. — Ce prince ( dit le Mahnwanso ) trancha une controverse qui avait pendant longtemps suspendu l'accomplissement des cérémonies religieuses , et fit emprisonner dans la caverne de Kanira, dans la montagne de Chetiyo , soixante prêtres séditieux et impies qui résistaient à l'autorité royale.
Il eut pour successeur Tchoolabhaya, fils d'Adda-Gaimounou , à qui sa soeur Siwali succéda. Cette princesse fut mise à mort par son cousin Ilanaya , après un règne de quatre mois. Le meurtrier fut obligé de fuir devant une insurrection qui éclata à l'occasion d'une infraction à la loi des castes, dont il s'était rendu coupable en faisant juger un magistrat supérieur par son inférieur. Il revint au bout de trois ans à la tête d'une armée , et après des prodiges de valeur il rentra triomphant dans la capitale, et régna six années.
Son MsSanda-Mouhouna lui succéda,