‹ Japon, Indo-ChineChapitre 96 sur 101 · TO · texte numérisé non relu

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ou des richesses naturelles qu'elles renferment.

Les bornes de la province nord sont la mer et le golfe de Manaar à l'ouest ei au nord-ouest, le détroit de Palk et la baie de Bengale au nord et au nord-est; la province orientale à Test ; la province centrale au sud-est ; la province ouest au sud-sud-ouest.

Le Pomparippo-Oya (t) a sa , source dans les montagnes du district de M a t a lé, et, s'unissant subséquemtnent avec les eaux du lacKalawéwé, à environ quinze milles au nord de Damboul, court vers la province de Nuwera-Kalawa, dans la direction nord-ouest. Il pénètre dans le district Pomparippo, se divise en cinq branches , et tombe dans le golfe de Calntyne. Il abonde en poisson et regorge crocodiles.

Le district de Pomparippo, qui est borné à l'est par Nuwera-Kalawa et Demelapattou , et au nord par le Martchikattie, a plus de vingt milles de longueur sur huit de largeur, et contient trentecinq villages. Le pays offre une étendue de grandes forêts, sillonnées par des sentiers battus , et une chaîne de collines court le long de ses confins ouest jusqu'à Kouderamalaî. Le village de Pomparippo est situé dans une grande plaine, à environ quatre milles au nord du fort, et est principalement habite par des Maures, «habitudes industrieuses.

On trouve des daims en grand nombre dans le voisinage.

L'île de Karetivoe, à vinçt milles nordouest de Calpentyue , qui contribue à former le golie deCalpentyne, est séparée de la terre ferme par un canal étroit. Le djungle de Rîri abrite de grands troupeaux de daims. Par suite de son avantageuse situation pour la pêche, Karetivoe est devenue le rendez-vous des pécheurs de Manaar et de Negombo pendant le mousson nord-est.

A quatre milles au nord de la baie de Kondatchie est Arippo , où se trouve un bâtiment isolé érige par le gouverneur North; pendant la période de la pêche

(t) Oya est le terme par lequel on désigne le» petites rivières on ruisseaux : Canga désigne les granJes rivières, telles que le Mahavcllé ou le Kalané. Le root tàmoul Aar signifie « rivière » en général.

L'UNIVERS

des parles il est la résidence du surintendant, mais il est ouvert, comme maison de halte, aux voyageurs européens.

Le district de Nanaatan a environ quatorze milles de longueur sur neuf milles de largeur, et contient cent quatre-vingts villages. Il produit une grande quantité de paddy, et les paysans sont plus industrieux que leurs voisins. C'est dans cette contrée que se trouve le grand lac artificiel, ou « réservoir des géants » ; sou étendue est de vingt nulles parahs de terre labourable. Il pourrait suffire , s'il était réparé , à l'irrigation des districts de Mantotte et de Nanaatan, dans une étendue de vingt-cinq milles parahs. Le district de Mantotte est borné à l'est par la contrée de Wanny, au nord par le canal qui divise Manaar de la terre ferme , au sud par Nanaatan. On remarque dans le district de Mantotte des ruines fort curieuses, qui ont donné lieu à une inûnité de conjectures. On croit y avoir trouvé des vestiges de constructions romaines! Le pays est presque plat ; mais par suite de la destruction des lacs artificiels ou réservoirs, le pays entier ne produit pas plus de trente milles parahs de paddy. Il contient cent quarante-sept villages , habités en grande partie par des Malabares.

L'Ile de Manaar est séparée de la cote de Ceylan par un étroit bras de mer, d'environ trois milles de jargeur, qui est guéable au reflux. Elle est située entre 8° 56' et 9« (f 60" latitude nord, et 79° 50' et 80» 8' longitude est; elle a dixhuit milles de longueur et de deux à quatre de largeur; elle est le point de Cevlan le plus rapproché delà péninsule Indienne, son extrémité nord-ouest étant à trente milles de Ramisseram, et contient trente-deux villages. Elle est peu remarquable par ses productions. Le canal et le golfe sont tres-poissonneux. On élève à Manaar beaucoup de gros bétail d'une très-belle espèce et des chèvres.

La ville de Manaar est située à l'extrémité sud-est de l'île, et à environ cent quarante-deux milles nord-nordouest de Colombo ; elle a un petit fort, entouré d'un large fossé. En temps de guerre c'est une dépendance de Jaffna.

Manaar contient une cour de justice, un

{grand bazar, plusieurs chapelles cathoiques, et une église réformée hollan-

daise. Elle a une petite douane ; ses exportations sont limitées à la cote de Cororaandel.

Le village de Pesalé ou Peixalé est un des plus considérables de Cite. Il est à environ douze milles au nord-ouest de Manaar; sa situation est excellente pour la pèche. Les habitants, qui sont principalement des Parawas du continent, sont au nombre de plus de mille, et emploient plus de deux cents canots.

Le célèbre pont d'Adcun , appelé par les indigènes Tirouwanai , stta pendanam, etc., relie Manaar à l'Ile Ramisseram, eteonséquemment au continent, dont Ramisseram n'est séparée que par le passage Paumban, rendu dernièrement navigable pour les steamers et les bâtiments de commerce d'un tirant d'eau ordinaire. — Le pont d'Adam, dont la légende hindoue attribue la construction aux singes divins, auxiliaires de Raina dans son invasion de Ceylan, n'est qu'un»- énorme digue de sablé de vingtcinq à trente milles de longueur, large d'un quart de mille au plus, percée de trois passages, de peu de profondeur, et en partie submergée dans le reste de son développement.

Le district de Vertativoe, qui fait partiedu territoire du Wanny, comprend cent quatre villages ; les Maures qui l'habit eut y ont une manufacture de sel, considérable. Il y a une poste militsin et une maison de halte pour les voyageurs, avec une route qui traverse le Wanny et va jusqu'à TrincomaU. Près la première maison de halte de cette route se trouve un petit temple, d'une excellente architecture.

La prochaine station au nord est Illipé Kadawé, à cinq milles trois quarts, principal village du district de ce nom, où se trouve une maison de halte. Cette contrée est infestée d'éléphants sauvages. Le tabac y vient bieu.^ 11 y a quarante-cinq réservoirs, dont vingt exigeraient des réparations.

Dans le district de Patchellépallé se trouve Pounaryn, un village de la paroisse du même nom. Il a un petit fort, construit par les Hollandais, et une maison de halte pour les voyageurs. Cest le siège d'une population considérable, ayant de grandes cultures de paddy, mêlées de plantations de cocotiers et

INDOCHINE

d'autres palmiers. Ce district est remarquable pour la magnificence de sa végétation tropicale.

La péninsule de Jaffna est située sur une langue de terre , à l'extrémité nord de Ceylan, à ('opposite de Nagapatam (dans le Carnactic sud ). Elle forme la partie la plus populeuse de la province nord. Son étend ue est d'environ trente-cinq milles du nord-ouest au sud-est, et sa largeur d'environ vingt-cinq milles du nord-est au sud-ouest , comprenant une étendue de douze cent vingt milles carrés. Elle est divisée en quatre districts ( non comprises les îles ) - Wadamarachie, Temnarachie, PachellepaJlé , et Walligamme, lesquelles renferment trente-deux paroisses ou subdivisions , et plus de cent soixante villages. Le sol est généralement sablonneux; mais quand il est fumé il fournit d'abondantes moissons :

on y cultive diverses espèces de menus grains. Il produit du tabac de qualité supérieure en quantité considérable , et qui est transporté aux marchés de Colombo, Galle, et Kandi. La péninsule

KJuit encore du coton de belle qualité, cocotiers y réussissent à merveille.

Les fruits indigènes y abondent. L'indigo y croît spontanément. Ou y trouve des grands troupeaux de bétail , de moutons et de chèvres. Il y a des manufactures de drap et de djaggry. Il y a en outre des poteries et des oriévreries d'or et d'argent. On y manufacture beaucoup d'huile de coco et d'autres substances.

Le commerce d'exportation de Jaffna aux ports au delà de Ceylan consiste en tabac, bois de palmier, djaggry, oignons, cuivre, poteries, etc. Les importations sont du drap, du fll de coton, du fer, du paddy, du riz, des graines, des droeues médiciuales, et de la faïence.

Les habitants, à peu d'exceptions près, tout Tâmouls; ils sont, en général, laborieux, actifs et entreprenants; mais ils sont d'habitudes licencieuses et fort enclins à des actes de violence. La péninsule a acquis une triste célébrité pour ses meurtres, ses vols de grand chemin, etc.

Cette partie de Ceylan fut jadis renommée sous le rapport littéraire et religieux. Depuis la chute des Hollandais elle est retombée sous le joug des superstitions hindoues, à la célébration des-

4V Livraison. ( Indo-Chini. )

quelles sont consacrés plus de trois cents temples. Jaffna fut prise par les Anglais en 1795.

Jaffnapatam, la principale ville de la péninsule, est située par 9° 47' latitude nord et 80° 9' longitude est , à deux cent quatre-vingt-seize milles sud-ouest de Madras et deux cent quinze nord de Colombo. Elle possède une grande forteresse, construite en forme de pentagone, avec cinq bastions entoures d'un glacis; dans ses murs se trouve une église, construite en forme de croix grecque , la maison du commandant, les barraques des soldats, et autres constructions publiques. Les maisons sont la plupart construites de briques, avec de délicieux jardins, abotidants en fruits indigènes et exotiques les plus recherchés. La plus grande partie de la population se compose de Maures et d'Hindous, et le commerce de la côte , consistant en cotoc manufacturé, est conduit par les Tchitties, qui sont les escompteurs et les changeurs de Ceylan. Le bazarde Jaffnapatam est abondamment pourvu des choses nécessaires à la vie , qui se vendent à très- bon marché.

Les catholiques romains ont leurs chapelles ; l'église de Saint- Jean appartient aux protestants. A Wannapanné, un village voisin, les Hindous ont un grand temple , appelé Kanda-S wanny, qui surpasse tous ceux de la provinoeén grandeur et en magnificence. Parmi les institutions de Jaffna, la Société de Secours mutuels, établie en 1841 , est une des plus utiles.

Jaffnapatam est le siège de l'agent du gouvernement pour la province du nord, du juge de district, du fiscal, du magistrat de police , qui sont tous des officiers civils.

La contrée de Wanny est bornée au nord par Jaffna et son territoire, à l'est par la mer, à l'ouest par le golfe de Manaar, au sud par miwera-Kalawa. Le mot wanny signifie chaleur brûlante : quand le thermomètre à Jaffnapatam est de 80° à 85° , il est de dix degrés plus élevé, au moins, dans le Wanny. Cette chaleur intense peut être attribuée à la nature volcanique du sol et à l'absence de brise du large. Ce pays est exposé à des ouragans et a de fortes pluies. Il y a deux récoltes, dont une

L1JNÏVKRS.

de paddy, qui vient en six mois environ ; l'autre consiste en natehené et warrego, qui n'exigent pas d'arrosement. La principale alimentation du peuple est le riz, le beurre et le lait, avec la banane et d'autres fruits. Le Wanny produit un grand nombre de plantes médicinales précieuses, dherbes et déracines, de dents d'éléphant, dr bétail, de daims, de cire, de miel, de lait , de noix de coco ; il reçoit en échange du drap, du sel, et du poisson sale. Le pays est infesté d'éléphants et d'animaux féroces, auxquels on fait une guerre d'extermination.

En passant du district Ralawa-Oya dans le ÎSuwara-Kalawa, l'étranger aperçoit une différence marquée dans les coutumes, les manières, et l'aspert des habitants, qui sont olus grands et ont des traits plus réguliers; mais ils ne sont pas aussi robustes que ceux des districts montagneux. — Au centre de cette province , au sud du Wanny, on rencontre les immenses ruines de l'antique capitale de Ceylan.

Le terrain sur lequel Anouradhapotira fut bâtie était considère comme un heu saint par les sectateurs de Bouddha. Cettè capitale avait été sanctifiée par la présence des premiers Bouddhas. Des temples y furent construits par plusieurs souverains pour servir de déilôts aux reliques. Wahapp (ou Wasanha ) , dont le règne commença À. D. 62, acheva les murailles de la' ville, dont le périmètre embrassait deux eent cinquantesix milles carrés. Elle fut la capitale de l'île pendant douze cents ans. L'execution de ses Sculptures de granit peut être comparée ( si l'on en croit les vova> geurs ) à tout ce qu'il y a de plus parfait m Europe, au moins pour la vigueur et la netteté du ciseau, et même jusqu'à un certain point pour l'expression des figures. Les anciennes chroniques nous représentent Anouradhapotira comme une ville renfermant toutes les magnificences d'une civilisation avancée. Les routes qui ont été construites récemment j our la relier aux principales villes de la côte et de l'intérieur ont ranimé l'esprit d'entreprise des populations, et on doit espérer que la contrée environnante, jadis si bien cultivée et si peuplée, recouvrera son ancienne splendeur.

La superficie de la province nord estto six mille cinquante-trois milles carrés; sa population était estimée, en 1848, à trois cent vingt-cinq mille sept cet.t cinquante-deux habitants.

la province de l'est est bornée au nord et a Test par la baie de Bengale, au nord-ouest par le pays de Wanny; dans la province nord : à l'ouest par >uwara- Ka la wa et par la province centrale, et au sud -ouest par la province sud.

Le district de Kariekattoe-Mwlle contient cinquante et un villages, dont trente-trois ont des lacs d'irrigation. Le tabacyest cultivésurunegrandeécbelle.

Les foutes reliant la eôte norl-ooest avec Moelitivoe et TrincomaB traversent ce district. Las villageois hiodoas qui l'habitent sont une classe laborieuse, qui paraît contente dV son sort les enfants sont sujets à l'obésité, commune dans Me, et qui est attribuée a l'usage immodéré du riz.

A l'extrémité sud de ce district est le grand lac artificiel Padeviel-t^om.ini «les' plus considérables de Cevlau II «t alimenté au nord-est par deuï petit»

ruisseaux et un ou plusieurs autres au nord-ouest.

A l'ouest de la route qui relie lïiH* vellé et Trineomal! se trouvent b célèbres sourees d'eaux thermales, au nombre de sept , bni sont frequ 'irnwot visitées par des habitants * Trincomalî. Elles sont en grande réputé parmi les indigènes, qui les regardent avec une révérence superstitieuse.

Trincomalî, capitale de la promee est, est située par 8° 38' 5" Jatitudeoonl, et 81* 13' 2" longitude est, à cent trente milles dans le snd^est de Jaffnapa'am- Le voisinage immédiat de la ville oltre desaspects du pittoresq ue le plussubhn*.

En raison des nombreux avantages offerts par ses ports magnifiqoei , Trincomalî est le dépôt principal de la manne anglaise dans les mers de l'Inde. U P05* sède des bassins et Un arsenal qui pnsrraient suffire aux réparations des plus grands vaisseaux. Trincomalî est naturellement fort, et l'art l'a rendu imprenahle. C'est une acquisition d'un pw inestimable pour une puissance maritime de premier ordre; la marine snsw* tout entière pourrait v mouiller à l'a»* et avec une parfaite sécurité.

A quinze milles au sud de Trincomalt se trouve Tarabalagam. Les crocodiles abondent dans ce district; et les djungles fourmillent de gibier et de M tes sauvages.

Le lac d'irrigation de Gantalawé est un des monuments laissés par Mahaseri.

Toutes les terres arrosées par ce lac appartenaient aux temples : de là son nom de Dantalawa ou Gantaiawé, gue le»

Européens ont changé en Kandeflé.

Kandelie est, dans l'opinion des connaisseurs, le plus beau lac de Ceylan.

Durant la saison pluvieuse, quand le lac atteint à sa plus grande élévation , il couvre environ quinze mille carrés.

Cet ouvrée d'art, ainsi que plusieurs autres, de proportions gigantesques, atteste suffisamment uu'à une période reculée Ceylan devait être très-peuplé et régi par un gouvernement assez éclairé

Jour concevoir et mettre à exécution es travaux publics de l'ordre le plus élevé.

Nous voudrions pouvoir nous arrêter sur les autres districts qui composent la province est, et décrire avec quelque détail , comme s'y rattachant plus particulièrement, lé cours du Mahavellé- Ganga, la plus importante rivière de Ceylan, et celuide ses affluents; legrand lac de Mennaïria, les ruines de Pollonnarouwa, dans le voisinage de ce lac, etc.; niais nous sommes forcé de nous borner à ces brèves indications. Nous dirons cependant quelques mots du distric t de Batticalo, qui s'étend du Virgal- Ganga au Kumukan-Aar. Il comprend treize cent soixante milles carres et une population d'environ trente-cinq mille âmes. Le climat est salubre, excepte dans les mois de grande chaleur. Il y a des plantations de cocotiers, et on y cultive une variété inGnie de menus grains. Il est fameux pour l'élève de bétail à cornes, de moutons et de chèvres. Il abonde en gibier et en poisson; sa population consiste en Malabares, en Moukwas et en Maures.

La superficie de la province est est de quatre mille huit cent quatre-vingt-

3umze milles, et la population totale est environ quatre-vingt mille âmes.

La province sud est bornée au sud par la mer, à l'ouest et au nord-ouest par la province ouest, au nord-est par la

province est, au nord par la province centrale.

La superficie de la province sud est de six mille trente-deux milles carrés : sa population était estimée en 1848 à trois cent eihquanle-huit mille âmes.

Entre la province centrale et celle du sud, mais depuis quelque temps dans la dépendance administrative de la province centrale , se trouve le pays d'Ouva , oui se distingue en haut Oûva et bas Ou va , et dont les aspects sont aussi variés que magnifiques. Vastes forêts, coufusion sublime de montagnes, immense étendue de plaines, tout y présente un caractère grandiose. Le climat est très* salubre, foit approprié à la constitution des Européens ; l'élève du bétail y est très-important. Dans le voisinage de.

Badoulla, chef-lieu du haut Ouva, s élève Namina-Couli-Kandi, une des plus hautes montagnes de Ceylan; elle a quatre mille pieds an-dessus de la plaine, et six mille sept cents au-dessus du niveau de la mer : elle est remarquable pour sa graudeur massive.

Kattragam, dans le sud-sud-est de Badoulla et non loin de ta mer, est fameux par ses temples érigés en l'honneur de toutes les divinités du panthéon hindou. La vénération pour le temple principal, dédié à Skanda, dieu de la guerre, est tellement grande, que des pèlerins de toutes les parties de l'Inde vont y faire leurs dévotions.

Le Girawé-Pattou comprend environ cinquante villages ; et ses pêcheries sont très-importantes. Les forêts abondent en éléphants , que l'on y prenait autrefois en grand nombre pour l'exportation.

Les districts voisins, dans l'ouest et dans le nord, offrent plusieurs localités remarquables, sur lesquelles nou* regrettons de ne pouvoir nous arrêter. Nous sommes également forcé de renvoyer au livre de Pridham pour une description des filles principales de la côte sud, Tancalle, Matoura, Galle (ou Point-de- Galle) (1), etc. — En remontant dans

(i) Les Maldives, dépendances de Ceylan,

commun w| u< m deux fois par an avec l'Agent du gouvernement anglais à Point-de-Odlle. L'archipel des Maldives se compos.- (Tune multitude de petites îles, dont les dimensions n'excèdent guère un mille en longueur et en

la direction du nord-ouest et traversant la province de Saffragam , qui ne compte pas moins dr cinquante mille habitants, répartis sur une surface de mille cinq cent quatre vingt quatre milles carrés , on trouve la ville de Ratnapoura, près de laquelle on recueille, dans le lit d'un torrent, une grande quantité de pierres précieuses : rubis , topazes , saphirs, etc. • Tout le pays est inondé pendant la saison des pluies , autour de Ratnapoura, par le débordement du Kalou-Ganga, rivière d'une grande importance commerciale, qui traverse cette province de l'est à l'ouest et se jette dans la mer à Caltoura. Le célèbre « pic d'Adam, » ( le Samanala , Hamallet et Samanta Routa des indigènes) est situé dans le nord-quart-nord est de Ratnapoura, et à une distance de quinze milles environ.

La vue de Samanala est la plus magnifique qui se puisse concevoir : dans toutes les directions se rencontrent des montagnes revêtues jusqu'à leurs sommets de forêts éternelles , avec des roches nues et des précipices de dimensions si monstrueuses, que même la végétation luxuriante qui eu voile les plus sublimes aspects n'a pu cacher entièrement leur formidable grandeur.

Le Pic d'Adam est élevé de sept mille quatre cent vingt pieds anglais (environ 2,2G0 mètres) au-dessus du niveau de la mer. A son sommet, sur un rocher de granit, se trouve la fameuse empreinte du pied de Bouddha , selon les Bouddhistes, d'Adam selon les mahométans, de Siwa selon les Hindous!

La province ouest est bornée à l'ouest par la mer, au sud et au sud-est par la province sud , à l'est par la province centrale, et au nord-nord-est par la province nord Le district de Kaltoura, qui s'étend vers le sud de cette province, a trente-huit milles de longueur du sudest au nord-ouest, et onze milles de largeur de l'est à l'ouest ; c'est une des

largeur pour les plus considérables. — L'ile principale, résidence du sultan, et qui a nom Ma/r, n'a que tept milles d«> tour. On croit que li* nombre total des Maldives (divisées en treize groupes ou atolls) dépasse 3fi,ooo ! La |H>pulalion est estimée à i5o,oooou v 00,000

parties les plus salubres, les plus fertiles, les plus agréables et les plus populeuses de llle. Il renferme près de quatre cents

villages.

Le district de Colombo contient environ deux cent quatre-vingt mille habitants et huit cents villages. On v cultive avec succès tous les produits "des tropiques.

Colombo, capitale maritime et siège du gouvernement, est situé par 6° 67' latitude nord , et 79° 50' longitude est, à environ trois cent soixante-huit milles sud-ouest de Madras , et environ six lieues sud-sud-ouest de Negombo. Le fort est armé de cent vingt -six canons et six mortiers ; il pourrait loger dix mille hommes. Les bureaux de la guerre, aussi bien que ceux du secrétaire colonial , le commissaire des finances, la cour de la vice-amirauté, la direction générale des postes, sont dans la forteresse ; il y a en outre plusieurs églises chrétiennes, deux banques, une bibliothèque, un muséum médical, un hospice, deux hôtels, de nombreux comptoirs, boutiques, etc.

Parmi les institutions importantes établies à Colombo se trouvent l'hôpital des lépreux et des pauvres , un dispensaire fondé récemment , la Société pour la propagation de l' Évangile, le comité de district de la Société pour la promotion des lumières chrétiennes, l'Association biblique pour les habitants hollandais et portugais; la Société de l'Église missionnaire, etc. ; la Société de secours mutuels de Colombo pour le soulagement des vrais nécessiteux et la suppression de la mendicité.

La superficie de la province ouest est de quatre mille quatre cent cinquantedeux milles carrés; et sa population peut être évaluée à près de six cent mille ;lmes (1).

La province centrale offre plusieurs points remarquables, dont nous devons dire quelques mots.

Le rocher de Damboul, dans lequel se trouvent les fameux temples bouddhistes taillés dans le roc , s'élève à près de six

(t)U division territoriale de cette partie de l'ile a été modifiée tout récemment , et U province r«-nlralr sVst agrandie aux dépens de la province sud , tir. Notre carte donne la nouvelle division territoriale.

INDOCHINE. 061

cents pieds au-dessus des forêts circon- nécessité de se soumettre à la dominavoisines; au nord il est nu et noir; tion étrangère.

au sud sa monstrueuse masse pendante Le Mahavellé-Ganga, la plus gronde

a été , à force d'art et de travail , façon- rivière de Plie , arrose environ les deux

née et comme fouillée en temples, qui tiers de la province centrale. Sa branche

sont les plus parfaits , les plus grands principale a sa source près de Nuwera-

et les plus anciens de l'île. Elliya , et se joint, à Pasbage, avec une

Il serait peut-être impossible de trou- branche plus petite, qui surgit près du

ver dans le monde entier une scène pic d'Adam, et a donné son nom à tout

d'une plus grande sublimité que celle le cours de la rivière,

dont l'œil jouit du sommet de la passe Nous citerons encore, parmi les grands

du Kaddouganawa, à dix milles et demi traits dont la nature a voulu marquer

de Kandi. L'ensemble merveilleux des la province centrale, la montagne Pé-

montagnes du premier plan semble défier drotallagalla , qui s'élève à huit mille

la possibilité de plus grandes merveilles; deux cent quatre-vingts pieds (3,528

cependant, de ravin en ravin et de brèche mètres ) au-dessus du niveau de la mer.

en brèche s'ouvrent des perspectives in- C'est la plus haute montagne de l'île. \jt

attendues et de plus en plus ravissantes. Pic d'Adam , bien plus connu cepen-

Kandi, la capitale de l'intérieur, est dant, n'occupe que le quatrième rang

située par 7« 21' de latitude nord et 80° après Pedrotallagalla. Celui-ci est si fré-

48' de longitude est, dans une vallée quemment enveloppé de brouillards, que

spacieuse et fertile, à quatorze cent les curieux qui gravissent ses pentes es-

soixante-sept pieds anglais ( environ carpées sont exposés à de très-vifs dé-

3 uatre cent quarante mètres) au-dessus sappointements. Mais aussi, par un

u niveau de la mer, et entouré de col- temps clair, la magnificence extrême du

lines et de montagnes magnifiquement panorama qui se déroule à l'œil ébloui ,

boisées. Le palais du roi occupe un es- sur ce magique sommet, est telle, que

pace de terrain considérable: sa façade, bien peu de voyageurs se refusent à

qui est environ de deux cents mètres, tenter l'aventure,

offre encore une apparence imposante. La superficie de la province centrale

A une extrémité il est terminé par le Pa- est de trois mille seize milles carrés , et

teripoua, édifice hexagone, de deux éta- la population en 1848 pouvait être es-

ges, dans lequel le roi se montrait, dans timée à environ deux cent vingt-sept

les grandes occasions, au peuple assem- mille âmes.

blé sur la place ; à l'autre extrémité se La population entière de Ceylan était trouvaient les appartements des femmes, évaluée en 1 847 à 1 ,555,655 âmes, et se Le soleil, la lune et les étoiles se voyaient classait comme il suit : sculptés eu pierre à l'entrée de ce bâtiment, où dans les fêtes publiques le roi l Hommes, 5,073 et les femmes du sérail se tenaient pour ÊUroPeens- j Femmes, 3,o3i voir les processions. Iudieènes } Hommes, 777.79'» De chacune des passes qui conduisent * (Femmes, 777,26s

8,iu4 !,5o5,u6o

à Kandi on jouit d'une perspective ma- Étrangers 41,491

gnifique. Le tunnel Kurunaigalla, de 1,555,655 cinq cent quarante pieds de longueur,

que sir Edward Barnes avait fait per- . La population spécifique est donc cer au travers de l'une de ces passes, d'environ 63 habitants (62,98) par mille donna le coup de grâce aux illusions des carré.

Kandiens, qui se flattaient toujours de Climat. — Productions. — Ceylan reconquérir leur nationalité, une an- possède peut-être une plus grande variété cienne légende déclarait que leur pays de climats qu'aucune autre partie du ne serait subjugué que lorsque les enva- globe. Il peut être classé sous ces trois hisseurs perceraient une des montagnes chefs : le chaud, le moyen et le tempéré, qui entouraient la capitale. Ce grand Le premier se rencontre dans les proobjet ayant été accompli, les Singha- vinces maritimes; le second, dans la rélais n'ont plus hésité a reconnaître la gion à collines qui se trouve entre les

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provinces maritimes et le cercle mon- souvent accompagnés de la destruction lagiieux; et le troisième , vers le centre des hommes, des troupeaux , des arbres de la moitié sud de nie comprenant la et des habitations, aone des montagnes. Les province- est La fièvre est la maladie la plus cornet nord sont très-pluvieuses; le centre , mune à laquelle les nouveaux arrivants le sud , et l'ouest sont humides et frais. 6oient exposés; elle résulte le plus sou* Le climat de Kandi est généralement vent de l intempérance ou de l'ardeur beaucoup plus frais que celui de Co- du soleil. La diarrhée et la dyssenterie lombo; mais il est beaucoup plus varia- y ont des conséquences plus ou moins ble et difficile à supporter pour certaines graves. L'aliémtkm mentale est fréconstitutions. Dans Colombo les pluies quente parmi les indigènes. La petite sont quelquefois effroyables; mais il y a vérole est peut-être la plus terrible made longs intervalles tle sécheresse, sur ladie qui ait visite nie, et qui ait conlesquels Kandi peut rarement compter, tribué à la dépeupler; les indigène ont Il en resuite que cette dernière rési- recours à des pratiques superstitieuses dence u'est pas aussi salubre pour les pour la guérir. Dans ces dernières an- Européens que celle de Colombo. La nées on a pris d'activés mesures pour dyssenterie et la lièvre sont les maladies introduire à Ceylan l'usage de la vaccine, dominantes du pava; un voyage à la Les bestiaux et les chevaux y sont sujets cote en est la médication la plus efli- à une maladie des yeux causée par la cace. Les districts les plus insalubres présence d'un ver dans cette partie de Ceylan sont les Mahagamapatou , délicate de l'organisme animal ; elle est dans la province sud; l'état arriéré de traitée avec succès par une médication l'agriculture contribue à produire ce végétale très-énergique. Le choléra spasrésultat. Les districts du nord et de l'in- modique est épidémique à Ceylan, et y a térieur de la province est, la plus fait d'affreux ravages, notamment "en grande partie de la province nord, peu- 1832.

vent , sauf quelques modilications , être Après cet aperçu très-général sur le classés dans la même catoflirie. Les climat de cette île magnifique, nous andistricts de Matoura et Galle, la nénin- rions vireront désiré pouvoir entrer suie de Jaffna, et la portion nord de la dans quelques détails sur ses produeprovince ouest offrent des conditions tions, qui offrent des objets d'étude du plus satisfaisantes de salubrité. Sous ce plus ha it intérêt dans les trois règnes : rapport le climat de la zone des mon- nous devons néanmoins nous résigner tagues ne laisse rien à désirer. à renvoyer , pour ces détails , à l'ou- L'amélioration des cultures a déjà yrage dé Pridham. Nous rappellerons produit un changement merveilleux dans seulement que Ceylan a été renommée chaque district; elle en a augmenté de tout temps pour ses perles, ses opala salubrité, en rendant le climat plus les, sa cannelle et ses éléphants; et afin égal et en supprimant les eaux stagnan- de donner à nos lecteurs une idée de tés, cette grande source de maladies l'innombrable quantité de ces animaux, dans les régions tropicales. En somme, nous mentionnerons , en terminant , et quoi qu'on ait pu en dire, si l'on tient qu'un Anglais, le major Rogers (le compte de sa position géographique, plus infatigable chasseur et la meilleure Ceylan n'a pas d'égal en Orient pour la carabine dont les annales du sport aux salubrité. Quand le soleil a passé au sud Indes anglaises aient jamais fait mende l'équateur, les parties nord de l'île tion), atteint mortellement par la foudre, sont noyées de pluies effroyables, et les il y a deux ans, après avoir miraculeumoussons sont accompagnées des plus sèment é happédans une infinité de renépouvantables coups de tonnerre et des contres avec ces géans des forêts; avait , éclairs les plus enflammés qu'il soit pos- à lui seul, tué deux mille éléphants sible de concevoir. Ces cataclysmes sont avant de cesser de chasser et de vivre !

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