AGRICULTURE
Les détails qui suivent se rapportent à l'époque où Knox écrivait ; mais le caractère stationnaire des Singhalais les rend parfaitement applicables , en général, à l'époque actuelle.
Ils ont plusieurs sortes de riz, ayant des noms différents, en rapport avec l'époque de la moisson. Le prix des différentes qualités de riz est le même. La culture de tant de variétés est due principalement au mode d'irrieation. Le rjz, en général , a besoin d'être submerge pendant la période de sa croissance : les indigènes ont dd avoir recours, en conséquence , à des moyens très-ingénieux pour faire arriver l'eau des rivières et des étangs dans leurs champs. Leurs irrigations s'étendent jusqu'au sol montueux et escarpé, qu'ils façonnent en terrasses étagées, de quatre a huit pieds de largeur, préparées avec un soin extrême pour la réception des eaux qu'ils y conduisent du sommet des collines, et qui les couvrent et les fertilisent toutes successivement. Ces conduites d'eau se développent souvent sur un espace de deux ou trois milles le long du flanc de la montagne et traversent même quel-
Suefois d'une montagne à l'autre à I aide 'aqueducs ou tuyaux en bois. Rien n'est plus beau qu une vallée des hautes terres ainsi cultivée, présentant toutes les phases de culture et les variétés de teintes possibles, et les laboureurs engagés dans les différentes opérations de Fagriculture dans un même champ, tandis que le charme de ce tableau s'augmente par le contraste même du pnysage hardi, inculte et sauvage, qui I environne de toutes parts.
Dans différentes parties du pays où il n'y a ni sources ni rivières , on y supplée par la construction de réservoirs ou lacs , qui reçoivent la pluie jusqu'à ce
qu'elle soit employée pour les champs.
Ils ont en général la figure d'une demilune; chaque village en possède un. Les crocodiles, qui les infestent pendant la saison pluvieuse , les quittent pendant la sécheresse, et vont, a travers les bois, dans les rivières jusqu'au retour des pluies. Ils ne sont pas grands , ma s ils sont dangereux , et occasionnent des accidents. Dans les montagnes où l'eau est abondante on obtient jusqu'à trois récoltes , dont une de paddy et deux de riz inférieur. La superstition su:t 1rs Singhalais jusque dans leurs opérations agricoles; en battelant le riz, pa r exemple, cer lai nés cérémon ies sont rel i gieu semen t observées.
Le jardinage est à peine connu parmi les Singhalais comme branche spéciale à l'industrie agricole. Ceylan est cependant en voie d'amélioration sous ce rapport, et plusieurs cultures y ont été introduites dans ces derniers temps. Le froment réussit à merveille I^a pomme de terre y vient en grande quantité; eTe est très-recherchée de toutes les castes. On cultive différentes qualités de coton dans le district de Batecalo. La culture du tabac se fait sur une grande échelle dans le nord, et avec un succès marqué; les connaisseurs préfèrent ses produits aux meilleurs cigares Havane. La culture de la canne à sucre, après des essais infructueux sur plusieurs points, a enfin réussi dans la province centrale. Les plantations de cocotiers sont immenses.
On évalue le nombre de ces arbres si utiles à au moins quinze millions * Le café, dont l'introduction paraît dater de 1713 (par l'intermédiaire des Hollandais), est de très-bonne qualité. La culture de la cannelle a été fort améliorée dans ces dernières années. L'indigo pourrait être aussi l'objet d'une culture spéciale à Ceylan, où il est indigène; mais diverses causes se sont opposées jusqu'à présent à ce qu'on en tirât aucun
Au total, Ceylan présente d'immenses ressources au point de vue agricole et industriel ; mais il faut bien constater (et c'est un fait qui doit surprendre tout observateur impartial ) que le gouvernement anglais n'a pu réussir encore, après une occupation d'un demi-siècle , à encourager la culture des céréales de
à ce que Ceylan suffise sous ce rapport à ses propres besoins. Il est certain que la récolte de riz, cette base indispensable de la nourriture du peuple, est au-dessous des besoins (le la consommation. Il faut en chercher la cause principale dans le défaut d'entretien des réservoirs.
COMMEBCE ; POIDS BT MESURES, etc.
— Le commerce extérieur et intérieur de Colombo est très-étendu, et augmente journellement, mais sans que les indigènes , les vrais Singhalais, y prennent la moindre part directe. Les exportations pour I Europe consistent en cannelle, poivre, café, huile de coco, plombagine, cordage, arack, cardamome, dents d'éléphant, bois de cerf, écaille de tortue, ébène, bois de satin, etc.
Les importations se composent de cotonnades, flanelles, osier, chapeaux,* vin, bière, eau-de-vie, huile, jambons, viandes salées, parfumerie, conserves, faïence, coutellerie, cristaux, quincaillerie, etc., etc. Les exportations pour les colonies et les établissements britanniques du Levant, outre les articles déjà énumérés, sont les noix d'arek, le cuivre rouge, les noix de coco , le coir ( bourre de coco ), le tripang, Thuilede poisson, etc. En retour sont importés : du riz, du paddy, de l'orge, du drap, de la soie, du sucre, des épices, des drogueries , etc. Généralement tout le commerce extérieur de nie est monopolisé par la Grande-Bretagne et la Péninsule indienne. Il y a un commerce intérieur par terre et par eau, le Kalané-Ganga étant navigante jusqu'à une distance considérable de son embouchure. Par cette viabilité de grandes quantités de sel, de poisson salé, et de marchandises manufacturées, sont d'abord reçues, et ensuite mises en circulation dans tout le pays; les retours se font eu paddy, djâgry et noix d'arek. Le Kalu-Ganga est aussi navigable à une distance considérable , et l'accroissement des relations commerciales eu ire la capitale et les villages qui le bordent est incontestable.
\jt commerce de Trincomali est insignifiant, par suite de l'état inculte du pays environnant , qui élève le prix des choses nécessaires à la vie et entretient une insalubrité qui a compromis la ma-
gnifique position commerciale du cheflieu. Il su Mirait d'un peu d'énergie et d'un capital peu important pour tirer un parti immense de ses ports magnifiques. La position géographique de Trincomali fût-elle son titre unique à la préférençe, cette ville devrait centraliser la plus grande partie du commerce de la baie de Bengale , sinon devenir le point de transit du commerce avec les côtes de l'océan Indien.
Les poids et mesures anglais sont légalement et généralement en usa^e à Ceylan. L'ancien système des poids et mesures indigènes, d'une grande imperfection en lui-même et compliqué de l'emploi de plusieurs mesures hollandaises, est cependant encore usité dans l'intérieur. Les mesures de capacité qui se rattachent à ce système et qui sont les plus répandues 'sont : le P'iruli , dont le poids, selon les articles ( produits secs ou liquides ), varie de 27 à 55 livres « avoir du poids • (12 à 24 kilog. ), et le candy ou bahar, de 500 livres « avoir du poids » , ou d'une valeur moyenne de 227 kilogrammes.
Les monnaies courantes aujourd'hui sont toutes les monnaies anglaises , la piastre, le rix-dollar (de fabrication anglaise, et valant à peu près 1 fr. 75 c), la roupie de compagnie, etc.
L'état de prospérité croissant de la colonie, au point de vue commercial, ressort des chiffres suivants :
L'ensemble des importations a été :
Année*. Liv. «icrllng. Francs
i83g 66a, ia3, ou environ i6,553,o;5
184 1 743,-iaa, i8,58o,55o 184a 83i,3n, 30,783,775
1844 i,36o,73i, 34,oi8,o35
Les exportations ont eu pendant la même riode l'importance suivante :
A m ico. Llv. sterling.
1840 4io,363,
Franc*.
9,38o,6oo 10,359,075 y,953,33j 1 t,453,65o
La valeur des principales importation* en 1845 a clé de 1,491,549 livr. sterl.,ou environ 37,388,735 fr,
6&0 L'UNIVERS
Celle des articles exportés pendaut la tenir compte des qualités, des pûà-
mème année, et qui ont produit plus de tions topographiques et des tirconsUn-
ioo livres sterling (a,5oo fr.) de droits, a ces commerciales. D'ailleurs l'opérauoo
été de 566,407 livres sterling, ou environ cadastrale présentait de grandes dilfr
i4,i6o,«:5 fr. cultes , notamment en ce qui touche h
Les revenus de Ceylan se sont élevés en nîjse eQ cu|iurei la délimitation des di>
1847 • 437,5cw Hvr. sterl., ou environ maines et des droiu des particulier».
io,q37,55o fr.; elle, dépenses, a 476,19* «• Sir R. w. llorton , en 1841, remédia vres sterUng, ou environ 11 ^4,8oo Un peu au désordre au moyen de coq.
«nt f **6** h' cesiious perpétuelles de terrains a bâtir
vres aierhng, ou enuron 967^0 fr. d'autres mesures civiles
Immigra/ion de culUvateurs hin- tratives (l). dous. — L'immigration de Coulies, La propriété mainmortable est eon-
des côtes de Malabar et de Coromandel, hissante à Ceylan^mmeellel'aeteciw
dans Ceylan a commencé en 1839. A les peuples européens; il a fallu quel ar-
dater de 1842 cette immigration a été bitraire des rois et les commotions o-
annuellement d'environ trente-huit mille viles missent des barrières à l'avidité des
individus. Ils font un séjour de six à prêtres de Bouddha. Leurs terres soot
douze mois dans nie, et s'en retournent néanmoins mal cultivées. Un des çrinjt
avec leurs épargnes, qui sont d'environ inconvénients sur lesquels le pouvoir le-
vingt roupies par an et par tête. En gislatif est appelé à statuer, c'est ! état it
supposant le capital aboudant à Cey lan, servageoù se trouvent eucore lesterai
il y a encore une large place pour un ac- mainmortables , qui sont tenus au u>
croissement d'immigration , qui ne peut vail forcé et à divers services leodaut qu'être avantageuse aux populations in- L'ouverture de grandes voies de coui-
téressées. Les diatribes des philanthro- munication et de transport a fait sortir
pes qui se sont apitoyés sur le sort des le pays de l'état sauvage où la poulie
Coulies ne paraissent reposer sur aucun des rois indigènes l'avait maintenu, w)
fondement solide : la balance des griefs remarque la grande route que loup
respectifs des planteurs et des engagés appeler le Simplon du Levant, et ijiu
est plutôt du côté des planteurs! Pvean- relie la capitale maritime à celle des m*
moins , il faut convenir qu'il serait ex- tagues ; uue autre grande route, de ceji
trémement désirable, pour toutes les soixante milles de longueur s etewJ oe
parties intéressées , que l'on établît une Colombo à Trincomali, «t traferse u
statistique permanente de l'offre et de la partie la plus inculte dup»« 1UÏ" demande de bras, et qu'on facilitât aux
immigrants les moyens de transport et (1) Par suite de l'extension
d'établissement fixe dans le pays ; la 80- plantations de cafe , le montant d
Ciété d'agriculture autorisée par le COU- terre* de la couronne effectuée» psr « W
vernemeut de Madras est appelée à veruemeot colonial s'était éJew j rendre de grands serviçes sous ces différents rapports.
Tebbes en friche, landes, ap- ^'0.00',v,-sTnT>rnric«l»i««"
PROPBIATION DE TERRAINS, VOIES DR « P™ de Jf&LKjK
communication , etc. - La majeure l^r^1 EX ele- -> nnrtie du sol cultivable est. encore en ^.Xfcïej AJ< triche a Ceylan Dans » online le gou- P acm des terTO de b «* vernement anglais procéda a la distribu- ron4n7e 1 Les' ' tes ipromèts F* h Potion des terrains par voie de concession teur?i ^UQ ^ti. ae i/autre, la <wwtL:x
simple; ce ne fut qu'à dater de 1833 faitetu gouvernement par tepr*»""* que l'appropriation se fit au moyen de f|Uéreurs, qui , ayant acheté à 5 «y11^ (
expérience a démontre qu possible de fixer un prix uniforme sans
améliorera rapidement. Les villes principales , Colombo , Jaffna , Trincomalt , Matura, et Galle, sont ainsi mises en communication entre eileset avec kandi.
Les huit autres routes principales sont : delSegombo à Kandi ; parcours, soixante-six milles; de Putlaiu à Kandi, par Kurunaigalla, quatre-vingt-cinq milles; d'Aripoà Kandi, par Anouradhapouraet Damboul, cent trente-sept milles ; de Colombo au Pic-d'Adam, par Ratnapoura, quatre-vingt-un milles; de Colombo a Ruwanweilé, trente-six milles; de Kandi à Trincomalt, cent treize milles; de Kandi à Badoulla, par Gonagamma, cinquaute-trois milles; de Kandi à Badoulla, par Nuwera-Llliya, quatre-vingt-quatre milles.
Un grand nombre d'autres routes ou t été construites dans la province de l'ouest, dans celle du centre, dans celle du sud, et dans celle du nord ; elles fout communiquer entre elles une foule de villes et de localités, dont léoumération serait trop longue dans uue analyse tres- I imitée.
Une compagnieau capital de 300,0001.
( 7,500,000 fr. ) projette l'établissement d'un chemin de fer entre Colombo et Kandi; les avantages nombreux que paraissent offrir ses combinaboiis , secondées par le gouvernement anglais, font espérer que l'exécution de cette grande et utile entreprise ne se fera pas attendre longtemps.
Quand les terres labourables auront été mises eu valeur et les communications suffisamment assurées, la population s'accroîtra nécessairement avec rapidité, mais sans aucuu inconvénient, car Ceylan a deja nourri une population triple ou quadruple de celle qui l'occupe aujourd'hui.
Pèchebie db feblbs. — Le siège ancieu de la pêcherie de perles , pour laquelle Ceylan est renommée, parait avoir été à Kolkhi, et non à Colechè, comme l'ont soutenu plusieurs géographes. Kolkhi est place par Vincent (I), directement a ('opposite de l'ile de Manaar, qui avec la cote voisine a toujours été le centre de la pêcherie , tandis que Manaar est 111e Épiodorus, où, selon le
^ 1 i ( ' fil fft t 1 1 G s* th (Xb t tl 1 1 i.- f\ ( i i J îl l i c i ( ? i J i t il f % j
f encan Indien i 3 vol., Lundi e*, 4807-1813.
Périple, on trouvait les huîtres ner hères , et c'est là que la pèche s'en lait eu core aujourd'hui. La consommation considérable qui s'en faisait à Rome et à Alexandrie paraît avoir rendu les perles dans l'antiquité un article de commerce plus avantageux pour les spéculateurs que ne l'était celui des diamants , etc. Les gouvernements qui à différentes époques ont présidé à l'exploitation de la pêcherie , portugais , hollandais, anglais ou indigène, ont pris régulièrement statiou à Tutacorin , de l'autre côte du détroit, la pêcherie elle-même étant toujours établie a Kondatebie, Séewellé et ïchilaw.
Le nombre des personnes réunies pour la pêche sous la domination poraise était de cinquante à soixante le, consistant en marins, négociants et commerçants de toute sorte. Le navque de Madura avait un jour de uêcne a lui, comme souverain de la cote et représentant de Pandion ; l'épouse du gouverneur de Manaar avait un autre jour, que (es jésuites, sous les Portugais, parvinrent à accaparer à leur profit ; enfin , l'armateur avait le droit de faire plonger une fois pour son compte chaque jour de pèche. Les opérations terminées, une foire aux perles était tenue à Tutacorin. Le courtage et les taxes , s'élevant à quatre pour cent, étaient payés par l'acquéreur. Il y avait quatre à cinq cents navires, portant chacun de soixante à quatre-vingt-dix plongeurs : ces plougeurs étaient principalement des Malabares catholiques romains et des Hindous.
Les bancs d'huîtres perlières sont plus ou moins étendus, et ne peuvent être exploités qu'à des intervalles de six ou sept années , ce temps étant nécessaire pour que les perles atteignent tout leur développement. Certaines saisons de I è lie sont beaucoup plus profitables que d'autres. Quelquefois le gouvernement fait pêcher pour son propre compte.
Généralement le droit de pêche, sur les bancs désignés par l'expertise comme mûrs pour l'exploitation , est vendu a l'encan. La pêche de 1833, qui a été la dernière des pêches très-productives, a employé cent trente-cinq grands bateaux, portant chacun de vingt à vingt-cinq personnes, dont au plus dix plougeurs.
L'UNIVERS
Sur les cent trente- cinq bateaux , dix seulement étaient ceylanais, et sur les douze cent-cinquante plongeurs , onze cents étaient venus de la côte de Coromandel. Le gouvernement ayant fait her pour son propre compte en 1814, plongeurs retirèrent, pendant les vingt premières journées de travail , soixante-seize-mi liions d'huîtres. Ceci peut donner une idée de l'énorme accumulation de ces coquillages dans le golfe de Manaar. Ou calcule que chaque bateau rapporte dans sa journée de trente mille à cinquante mille huîtres, et que les meilleurs plongeurs restent, en moyenne, soixante-dix secondes sous l'eau. La plupart ne vont pas au delà de cinquante-trois à cinquante-sept secondes , mais il a été constaté que quelquesuns des plus habiles pouvaient rester sous l'eau de quatre-vingt-quatre à quatre-vingt-sept secondes.
On évalue à quatorze-mille livres sterling le revenu moyen que le gouvernement retire de la " pèche des perles. Il faut consulter pour de plus amples détails sur ce sujet notre ami Ruschenberger, Pridham, etc.
ADMINISTRAT ION.
Le gouvernement colonial est essentiellement exclusif dans sa forme, bien
3 ne l'Ile possède déjà tous les éléments 'une représentation populaire. Il est composé d'un gouverneur (avec un traitement de 7,000 liv. sterl., ou environ 175,000 francs ! ) assiste de deux conseils , l'un législatif, l'autre exécutif. Le premier se compose du erand juge, du général en chef, du secrétaire colonial , de l'avocat de la reine , du trésorier colonial, de l'auditeur général, do l'agent du gouvernement dans la province occidentale , du receveur général pour la même province , de l'agent du gouvernement dans la province centrale, de l'ingénieur en chef et de six autres membres, non fonctionnaires publics , dout deux, ou trois au plus, indigènes. Le conseil exécutif se compose : du général en chef, du secrétaire colonial, de l'avocat de la reine v du trésorier colonial et de l'agent du gouvernement dans la province centrale. L'examen des éléments qui concourent à former la population <Je Ceylan montre clai-
rement que si la richesse, la civjlj.
satiou de plus en plus développée, fesprit d'entreprise, les tendances de jour en jour plus manifestes à seconder les efforts bienfaisants de l'administration européenne , sont des titres à la plus libérale sollicitude de la métropole , Cetlan a le droit d'être traitée avec li même faveur , d'être admise à l'exercice des mêmes libertés que les autres colonies britanniques. Indépendamment des Européens occupant une position officielle , Ceylan compte un grand nombre de personnes des plus honorables dans la carrière commerciale , une classe drfa nombreuse de propriétaires fonciers, une aristocratie indigène nombreuse et intelligente, des corporations maure», parsies, tàmoules, influentes parleur industrie ou les capitaux dont eltes disposent; un ensemble politique, en un mot.
qui appelle toute l'attention, mérite toute la protection de la mère patrie, et réclame l'amélioration immédiate des institutions coloniales.
Quelle que soit l'importance de Cevlan comme position militaire, c'est un»
dérision que de continuer a la traiter en pays conquis et d'entraver, par le maintien du système exclusif que nous atous signalé, le développement normal de ses immenses ressources. C'est une grave atteinte à la liberté constitutionnelle, que le fait seul de la composition de ce conseil législatif, où, maigre l'introduction de l'élément indigène , tes actes les plus arbitraires peuvent être sanctionnés, sous des prétextes spécieux, par une majorité toute-puissant- , puisque sur seize membres qui composent le conseil législatif (indépendamment du gouverneur, dont les pouvoirs sont très-étendus ), il n'y en a que six qui puissent être considérés comme indépendants du gouvernement, et sur ces six trois au plus sont indigènes.
Les finances de Ceylan ne sauraient être non plus convenablement administrées que des institutions libres n'aient été concédées à la colonie. Il v a de eraves objections contre la compétence àt l'administration actuelle à contracterua emprunt dans l'intérêt de la colonie, ce ui serait cependant indispensable au éveloppement de sa prospérité matérielle. Les indigènes montrent une ap-
titude administrative trop incontestable pour qu'on tarde plus longtemps a s'aidtr franchement Je leur concours et à modiGer la législation existante de manière à élargir de plus en plus le cercle de leurs droits, de leurs devoirs et de leurs services.
En temps de guerre la défense navale de Ceylan est confiée à l'escadre de l'Inde stationnée à Bombay , et à l'escadre britannique en station à în ncomalî. La première protège les côtes ouest de l'Indu , de la bouche de l'Indus à Point-de-Galle; l'autre protège la baie de Bengale ou les côtes orientales de l'inde s'étendant de Point-de-Galle à Arrakân. Un exameu comparatif des ressources navales de toute nature dont dispose l'Angleterre et de celles que peuvent réunir les autres puissances maritimes est propre, il faut en convenir, à rassurer la Grande-Bretagne sur les dangers dont l'invasion étrangère par voie de mer pourrait menaeer ses possessions orientales.
D'ailleurs, Ceylan a été fortifiée avec soin sur tous les points vulnérables. La province centrale compte plusieurs citadelles ou postes fortifies : Kandi, Madawalatenne , Ruwativellé, Ratna-
Soura, Badoulla, Himbliatawella. Les istricts maritimes, indépendamment des grandes places fortes , Colombo , Trincomalt , Point-de-Galle et Jaffnapatam , comptent les forteresses suivantes : Batecalo, Hambantotté, Tangalle , Matura, Galle, Caltoura, Putlam, et Paltoupane.
ÉDUCATION INSTHUCTIOÏI RELI- GIEUSE. — Il n'est resté aucune trace des mesures que les Portugais ont pu adopter , pendant la durée de leur domination , pour la propagation de leur langage et de l'instruction séculière et religieuse à Ceylan. Quant aux Hollandais, quelque peu honorable qu'ait été leur politique a beaucoup d'égards, on doit dire, à leur honneur, qu'aussitôt qu'ils furent établis à Ceylan ils établirent des écoles pour l'instruction des indigènes dans les éléments des connaissances utiles et les principes du christianisme. Ces écoles paraissent avoir été conduites avec beaucoup de soin et de jugement.
Quand les Anglais prirent possession
des anciennes provinces Hollandaises, en 1796, ils négligèrent les écoles à ce point que les maîtres et catéchistes ne reçurent aucun traitement pendant trois ans, et que les écoles furent presque entièrement abandonnées: mais sous le gouvernement de M. North le nombre des écoles paroissiales s'éleva à cent soixante-dix, et ce haut fonctionnaire améliora la position des instituteurs en leur confiant les fonctions notariales dans leurs districts respectifs. £n même temps il restaura une académie à Colombo, laquelledevint bientôt florissante, et compta parmi ses membres les enfants de la principale aristocratie indigène.
Bientôt cependant la misérable parcimonie du gouvernement de la métropole eut pour effet de réduire le nombre et l'efficacité des écoles , et ce ne fut qu'à dater de 1831 que l'attention sérieuse de l'administration se porta sur ce sujet, et qu'on commença a s'occuper activement de l'enseignement de la langue anglaise. Aujourd'hui , une commission centrale travaille énergiquement à former des maîtres , à fonder des écoles et à préparer des livres pour l'instruction élémentaire. Cette commission dispose d'une somme annuelle de 8,000 à 10,000 liv. sterl., 200,000 à 250,000 fr.
L'établissement d'écoles primaires pour les Glles a rencontré d'immenses difficultés. Ces difficultés sont aujourd'hui en grande partie surmontées ; et ce sont les plus basses castes qui ont compris les premières tous les avantages
3ui devaient résulter pour leurs enfants e cette initiation aux rudiments d'une éducation européenne.
On trouve dans les voyages de Cosmas Indicopleustes les premières indications de l'existence d'églises chrétiennes à Ceylan, dans le sixième siècle. Sir John Maundeville fait de nouveau mention des chrétiens de Taprobane ( nestoriens ) au quatorzième siècle. Ce fut François Xavier, « l'apôtre des Indes », qui introduisit la religion catholique romaine à Ceylan, en 1543. Elle y fit de rapides progrès sous la domination portugaise.
Les Hollandais s'efforcèrent, à leur tour, d'imposer à la population singhalaise les dogmes de la religion réformée ; mais les vices , la cupidité , et l'immoralité ûagrante de leur adminis-
LIJNIVERS.
tration et de leur conduite particulière, * tendaient nécessairement à discréditer leurs croyances oflicielies ; et les Singhalais passèrent sous la domination anglaise , moins disposés que jamais a adopter le christianisme : à moins , toutefois , que le baptême ne leur parût un moyen assuré de se faire vêtir et nourrir et de faire élever leurs enfants aux frais de la communauté chrétienne, soit catholique , soit réformée ! Cependant , avec l'amélioration graduelle de la condition morale des basses classes et l'influence croissante d'une sage administration, les obstacles aux conversions sincères ont probablement diminué. A diverses époques les chrétiens de différentes communions subirent des persécutions cruelles du gouvernement, ou même se persécutèrent entre elles. Ce ne fut que sous la domination anglaise, et à dater de 1806 , que les cathohnues et les protestants purent exercer librement leur culte et turent mis sur le pied de l'égalitécivile et religieuse. Les catholiques romains ont maintenant des chapelles nombreuses. Ce fut en 1836 que le saint-siége démembra du diocèse de Cochin l'île de Ceylan, et y fonda un nouveau vicariat apostolique, dont le siège était à Colombo. Une bulle récente a institué deux évéches, l'un pour la partie septentrionale de l'île, l'autre pour le sud. Le nombre total des catholiques à Ceylan est aujourd'hui d'environ deux cent'niille. Un cierge nombreux y dessert deux cent cinquante-six églises.
L'Église anglicane ( si Pridham a été bien informé ) a pris un grand développement depuis l'arrivée des capitalistes anglais. L'île a maintenant un é vogue; le nombre des adhérents s'accroît journellement; les stations des missionnaires se multiplient; plusieurs indigènes sont déjà ordonnés ministres ; une surveillance *niscopale très-active est exercée sur l'île entière , et, ce qui est plus important, les motifs et la conduite des néophytes indigènes sont constatés par des expériences concluantes. La Société fivangélique a deux stations dans l'île, une dans la province sud, et l'autre à Calpentyne. Les chefs indigènes chrétiens ont offert des souscriptions en argent, en matériaux, et en maind'œuvre pour la fondation d'églises
et d'écoles, à la condition <T obtenir de; pasteurs et des instituteurs ; mais ces derniers ont à lutter contre une telle masse de préjugés , que l'espoir de l'avenir repose presque tout entier sur l'éducation des jeunes générations. Cependant , le caractère moral des SinghaJai? s'élève par degrés sous l'influence de la civilisation européenne.
L'institution du jury a été introduite en 1811, par sir A. Johnston : de grandes précautions d'équité président sa formation. Le verdict est rendu à la majorité des voix, sans divulgation des votes particuliers. Les motifs d'exclusion contribuent à donner du relief à cette institution, les indigènes tenant à honneur de siéger en justice. Les fonctions de juré les placent de niveau avec les Européens; l'effet moral de cette honorable assimilation a été tel, que les détenteurs d'esclaves qui siégeaient comme jurés furent les premiers à proclamer, en 1 816, la nécessité de l'abolition de l'esclavage. L'accession du jury dans les opérations judiciaires a eu également pour effet de les simplifier et de les rendre beaucoup plus expéditives. Cette initiatioo progressive aux sentiments, aux idées, aux opinions des Européens, sur ff importantes questions sociales, aura nécessairement pour résultat de disposer les Singhaiais a adopter, dans ^n avenir plus ou moins éloigné, les doctrines Aienf Disantes du christianisme.
TOPOGBAPHIB.
L'escmisse géographique de nie peut être faite en quelques mots; rinteneur seul exigera une description plus circonstanciée. Les districts maritimes , comprenant environ la moitié de retendue des provinces du sud, de Test et de l'ouest, sont plats; la province nord et la portion nord de la province est le sont aussi entièrement. Cette division de l'île peut varier en élévation de vingt à deux cents pieds. Elle présente des plaines étendues, soit complètement nivelées, comme vers la côte, soit légèrement ooduleuses, en approchant de l'intérieur; dans le premier cas elle est presqoe sans collines, dans le second elle est interrompue par des chaînes de collines basses et des masses solitaires de rochers s'élevant de cent à cinq cents pieds au-
IN
dessus du niveau de la plaine. Le caractère de l'intérieur de 1 Ile varie considérablement eu égard à sa surface. Il peut être divisé avec assez de précision en pays plat, pays à collines, et pays montagneux. Là partie montueuse proprement dite est circonscrite par la région des collines; et cette dernière est, comme nous l'avons déjà dit, bornée de trois côtés par une plage maritime , et d'un quatrième côté , celui du nord, par un plat pays, comprenant presque la moitié de l'île". Si donc le pays était divisé en deux parties égales par une ligne imaginaire de l'est à l'ouest, la région montueuse serait dite occuper environ le milieu de la moitié sud, ou à peu de chose près ce qui est appelé aujourd'hui la province centrale. Le centre de cette région est situé par environ 7° 3' de latitude nord et 80° 46' de longitude est.
Sa plus grande longueur, qui est du nord au sud, peut être computée à soixantedeux milles, et sa plus grande largeur, de l'est a l'ouest, à cinquante-six milles. Les limites et l'étendue de la partie montueuse sont, au delà des montagnes, de quinze à vingt milles.
Chacune des trois divisions de l'Ile a ses traits caractéristiques : la grandeur pour les montagnes, la beauté pour les collines, et l'uniformité pour le pays plat, qu'un épais tapis de verdure recouvre , toutefois, presqu'en entier.
L'élévation du pavs montagneux an* dessus du niveau de la mer est, en moyenne , de deux mille pieds. Dans peu de pays les montagnes ont une plus grande variété de formes et de directions. Il y a peu de montagnes isolées. Daus Doumbera la ligne des montagnes court généralement nord-nord-est et sud-sud-ouest. DansOuva, au contraire, elle court dans diverses directions. H n'y a pas un seul lac ou marais d'eau stagnante parmi les montagnes. La forme et la direction des vallées n'est pas moins variée que celle des montagnes qui concourent à leur formation; elles sont beaucoup plus longues que larges.
Quelques-unes seulement, qui se trouvent dans le cœur des montagnes, ont de trois a quatre mille pieds de profondeur.
Les limites de cette analyse nous obligent h nous renfermer dans une esquisse rapide des provinces et des curiosités