‹ Jarvis l'honnête homme, drame en deux actesChapitre 12 sur 48 · C0RUE1.I A · texte numérisé non relu

C0RUE1.I A

Le pouvait-il, Harry? pouvait-il envoyer à la mort le meilleur de ses amis?

HARRY

Il ne le pouvait pas, sans doute ; mais la raison d’état n'admet point ces excuses. 11 existe une loi, une loi terrible....

CORDELIA

Terrible!., et de quel châtiment mon père serait-il donc menacé?

HARRY

Vous l’ignorez?

CORDELIA

Je vous le demande.

HARRY , après un silence.

Quelques années d'exil , peut-être.

«®« HARRY

Vous avez vu les amis de votre père?

CORDELIA

Oui, je les ai vus.

HARRY

Eh bien ?

CORDELIA , lui tendant la main.

Eh bien 1 mon père n'en avait qu’un seul !

HARRY

Ah ! celui-là ne peut mettre à votre service qu'une volonté ferme et un dévouement à toute épreuve ; mais avec cela , et avec l'aide du ciel , nous sauverons votre père ; croyez-moi, nous le sauverons!...

CORDELIA

Cher M. Harry !.. mais, Marguerite, que s’estil passé eu mon absence? qu’esi-ce que ce désordre ?

MARGUERITE

Je n’ai pas encore eu le temps de vous le dire; des agens de lord Jcffries sont venus; ils ont fait uuc perquisition.

CORDELIA

Tant mieux , je les défie d’avoir rien trouvé qui puisse compromettre mon père.

MARGUERITE

Fort bien ; mais ils tout retourné , tout mis sens dessus dessous... jusque dans votre chambre.

CORDELIA , prenant une lampe.

Dans ma chambre.

MARGUERITE

Je n’ai pu les empêcher.

CORDELIA

Ah! mon Dieu, s’ils avaient emporté ma Bible! vous savez, cette Bible annotée de la main de mon père. Altendez-moi , M. Harry , je re- | viens.

( Elle entre chez elle. )

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