C0RUE1.I A
Le pouvait-il, Harry? pouvait-il envoyer à la mort le meilleur de ses amis?
HARRY
Il ne le pouvait pas, sans doute ; mais la raison d’état n'admet point ces excuses. 11 existe une loi, une loi terrible....
CORDELIA
Terrible!., et de quel châtiment mon père serait-il donc menacé?
HARRY
Vous l’ignorez?
CORDELIA
Je vous le demande.
HARRY , après un silence.
Quelques années d'exil , peut-être.
«®« HARRY
Vous avez vu les amis de votre père?
CORDELIA
Oui, je les ai vus.
HARRY
Eh bien ?
CORDELIA , lui tendant la main.
Eh bien 1 mon père n'en avait qu’un seul !
HARRY
Ah ! celui-là ne peut mettre à votre service qu'une volonté ferme et un dévouement à toute épreuve ; mais avec cela , et avec l'aide du ciel , nous sauverons votre père ; croyez-moi, nous le sauverons!...
CORDELIA
Cher M. Harry !.. mais, Marguerite, que s’estil passé eu mon absence? qu’esi-ce que ce désordre ?
MARGUERITE
Je n’ai pas encore eu le temps de vous le dire; des agens de lord Jcffries sont venus; ils ont fait uuc perquisition.
CORDELIA
Tant mieux , je les défie d’avoir rien trouvé qui puisse compromettre mon père.
MARGUERITE
Fort bien ; mais ils tout retourné , tout mis sens dessus dessous... jusque dans votre chambre.
CORDELIA , prenant une lampe.
Dans ma chambre.
MARGUERITE
Je n’ai pu les empêcher.
CORDELIA
Ah! mon Dieu, s’ils avaient emporté ma Bible! vous savez, cette Bible annotée de la main de mon père. Altendez-moi , M. Harry , je re- | viens.
( Elle entre chez elle. )