‹ Jarvis l'honnête homme, drame en deux actesChapitre 15 sur 48 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les Mêmes, JARVIS.

jarvis.

C’est comme cela qu’on ferme les portes, chez moi ?

flARRY, se retournant.

M. Jarvis!

CORDELIA

Mon père ! (Elle sc jette dans ses bras.)

MARGUERITE et DAVID.

M. Jarvis !

JARVis , après une pause.

Te voilà de retour, Harry... Sois le bien venu , mon enfaut , et qne Dieu récompense ceux qui n’oublient point leurs amis dans le malheur ! Bonsoir, David ; bonsoir, Marguerite.

MARGUERITE

Bonsoir, mon... Monsieur; je suis si contente, que je ne peux pas parler... Mais, qu’estce que vous disiez donc , imbécille ?

DAVID

Le valet de chambre du docteur Van Claer était mal informé... ou bien il s'est moqué de moi !

JARVIS

Comment?

CORDELIA

Embrassez-moi donc encore, mon père, mon bon père!..

Chère enfant !

Il m’avait dit que In commission s’était rassemblée aujourd'hui à quatre heures.

JARVIS

C’est vrai.

DAVID

Que vous aviez paru devant elle.

JARVIS

C’est encore vrai.

DAVID

Et que vous aviez été condamné... Ah ! pardieu , puisque vous voilà libre , on peut bien le dire... que vous aviez été condamné à mort!

CORDELIA

Quelle horreur !

JARVIS

A cet égard , ma présence doit vous rassurer. (Avec un peu d'amertume.) Ce sont d'houuétes juges qu’on calomnie , de bons et loyaux Anglais... Mais comme tu me regardes , Cordelia? tu n’es pas encore revenue de ta surprise... Voyons, calme-toi, pauvre enfant... parle-iuoi, parle ; il y a si long-temps que je n’ai entendu ta voix !

CORDELIA

Non, non, mon père... c'est à vous de parler ; car, pour être srtre de mon bonheur , ce n’est pas assez de vous voir , il faut encore que je vous entende... Ce bonheur subit, inespéré, immense, il m’étonne, il m’étouffe... Ah! Dieu soit loué! je puis pleurer, je pleure... je suis sauvée !..

JARVIS

Mon enfant! ma fille chérie!., oh! cesse, cesse, car voilà ta faiblesse qui me gagne et Harry va se moquer de nous ! Essuie ces beaux yeux que j’adore... Il n’ont que trop pleuré en mon absence !

CORDELIA

Hélas !

JARVIS

Quel bonheur que tu sois ici, Harry ; l'heureuse nuit qui nous réunit est la nuit de Noël, et nous avions l'habitude de la fêter en famille. Marguerite , n’as-tu rien à nous offrir pour faire un pauvre petit réveillon ?

MARGUERITE

Là ! il n'y a qu'à moi que ces malheurs arrivent. Hélas ! Monsieur , nous étions si loin de vous attendre.. . Il n’y a presque rien à la maison.

jarvis.

Voilà David qui ne demande pas mieux que de te donner un coup de main... et qui, au besoin , ira faire pour toi quelques emplettes.

DAVID

De grand cœur.

JARVIS

Allons , vite à l'ouvrage ; nous avons beaucoup de choses à faire, cette nuit.

Comment ?

DAVID

* Je vais répandre dans tout le quartier le

JARV1S.

bruit de votre arquhtcmenl... Ça va être une ♦ joie!..

jahvis, l'arrêtant.

J’ai des raisons pour en faire un secret Jusqu'à demain... Ainsi, Marguerite , David, vous me promettez de vous (aire?

CORDELIA

Vous m'inquiétez ! que veut dire ...

JARVIS

Je ne pourrais refuser d'accueillir les félicitations de mes voisins, de mes amis , et je veux passer la nuit avec vous, tues enfans , avec vous seuls... ainsi...

DAVID

C’est convenu : cette nuit, bouche close...

Mais demain . je prendrai une trompette.

a a avis.

Je te le permets.

Vcnei, venez, David! Ah! que je suis heureuse!..

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