SCÈNE III
Les Mêmes, GOD'WIN, ^ouslcnom de Dickson.
GODWIN entre et salue.
M. Van Claer !
C’est moi , Monsieur.
DAVID, pendant qu’ils se saluent.
AfTertons de l’assurance. (I! passe près de Godwin et le salue.) Monsieur !.. (Il sort)
CO D WIN , apres avoir, par un léger signe, rendu le
salut de David.)
Pardon, Monsieur, d’y mettre cette insistance, car c’est la seconde fois que j‘ui l'honneur de me présenter chez vous.
VAN CLAER.
J’ai su que vous étiez venu en mon absence , et j’ai regretté...
GODWIN
J’avais demandé la permission d’attendre votre retour, mais ce garçon qui vient de sortir... votre secrétaire, probablement , n’a pas voulu m’accorder cette faveur.
VAN CLAER.
Je ne l’excuse pas. Monsieur, mais le régime de cette maison est très sévère ; la plupart des malheureux que j’y traite n’ont aucune communication avec le dehors, et j'ai déieudu qu'en mou absence...
GODWIN
Oh ! U è$ bien , Monsieur 1 mais connue je ne g
suis arrivé que d'hier ù La Haye, et que je dois quitter cette ville demain , je tenais à vous voir aujourd’hui , et à obtenir de vous de visiter cet établissement, dont l’honorable docteur Clarke m'a parlé si souvent.
VAN CLAER.
Le docteur Clarke, de Tuniversité d’Oxford?
GODWIN
Lui-même... je suivais ses leçons.
VAN CLAER.
Ainsi , je parle à un confrère...
GODWIN
Je ne mérite pas ce titre... vis-à-vis de vous comme vis-à-vis du docteur Clarke, malgré mon âge, je ne suis qu'un élève... mais ce cher docteur daignait me compter au nombre de ses amis.
VAX CLAER.
C'est un dos miens aussi , et des plus anciens et des plus sincères; ce foc loi qui me fit nommer, quoique jeune encore, médecin du feu roi.
GODWIN
Place qui lui avait été offerte et qu'il refusa pour ne point quitter sa chaire. Vous voyez que je suis au courant. t
VAN CLAER.
Oui, Monsieur, et soyez le bien venu, vous qui vous présentez en son nom; que puis-je foire qui vous soit agréable ? je suis ù vos ordres.
GODWIN
Monsieur, j’ai le dessein de fonder, aux environs de Londres, une maison de fous sur le modèle de celle que vous dirigez ; je me présente chez vous au nom du docteur Clarke, et c'est ce nom seul qui m'encourage à vous prier de me communiquer le fruit de vos observations, le résultat de vos lumières.
VAN CLASR.
Nous allons visiter ma maison dans le plus grand détail. Je n’en fais pas une spéculation -, vous le savez, sans doute? Je n'ai point d'héritiers... ma famille, ce sont mes malades. Quant aux traitemens que j’ordonne, le livre où jo les consigne sera mis à votre disposition. Si j'avais été assez heureux pour faire quelques découvertes utiles, je ne les considérerais pas comme ma propriété personnelle, mais comme un dépôt dont je devrais compte à l’humanité.
GODWIN.'
Vous ne craignez pas que ma présence con; (Varie vos malades...
van ci. A EU.
Non , je sais me faire aimer d’eux , et , conduit par moi , vous aurez votre part de la confiance que je leur inspire.
GODWIN
Tant de bonté...
VAN CLAER.
Ne me remerciez pas ; veuillez seulement excuser la froideur de mon premier accueil; j’ignorais qui vous étiez...
GODWIN
Eh ! Monsieur, dans le temps où nous vivons, quoi de plus naturel que la défiance ?
•(Van Claer sonne; tin Domestique entre.)
VAN ct.AEU, au Domestique.
» Pélers ! Godwin.) Vous permettez?
IB JARVIS
CODIFIA , tirant un poricfi'ijillc île ta poche ei lisant. '
Sidnay, John Smith, Jarvis... voilà les Iruis signaleniens, ne les oublions pas... celui de Jarvia. surtout : c'est rclui-ià , qu’a tout prit, lord Jeliries veut que je lui ranièi c.
VAN CI.AER, au Domestique.
Je vais visiter la maison avec Monsieur ; vous ne viendriez nous déranger que pour une affaire tout-à-fait pressée.