‹ Jarvis l'honnête homme, drame en deux actesChapitre 3 sur 48 · CORDELIA. «©• MARGUERITE · texte numérisé non relu

CORDELIA. «©• MARGUERITE

Puisque c'est la veille de Noël... je l'avais oublié ; je n'ai plus qu'une idée.

MARGUERITE, s’approchant pour la consoler.

Mademoiselle...

cordelia , pensive.

Tu crois donc que , ce soir , il y aura du bruit dans les rues?

MARGUERITE

Jésus Dieu ! cela est sûr ; pourquoi me le demandez-vous ?

CORDELIA

Pour rien.

MARGUERITE

Vous n’avez pas l'intention de sortir, je l’espère.

CORDELIA

Moi ? et où irais-je ?

MARGUERITE

Songe* que vous n'avez plus là ce brave M.

Harry, pour vous défendre contre ces jeunes seigneurs papistes , qui deviennent de jour en jour plus insolens.

CORDELIA

Tai reçu une lettre de lui. 11 va revenir: son oncle va mieux. Pauvre Harry ! il ne se doute de rien ; quand il apprendra le malheur qui nous a frappés en son absence, sa douleur sera aussi vive que la mienne !

MARGUERITE

Je le crois bien. Il aiuie déjà M. Jarvis comme un père.

CORDELIA

Marguerite !

MARGUERITE

Pourquoi rougir? M. Harry n’a-t-il pas toute l’amitié, toute la conliance de votre père?.. Le sentiment que vous éprouvez pour lui n’a rien de blâmable: c’est un amour selon le Seigneur, et qui fera votre bonheur sur la terre.

CORDELIA

Ah! ne parlons pas d'amour, ne parlons pas de bonheur , tant que je n'aurai pas revu mon père!.. Bonsoir, Marguerite.

MARGUERITE

Vous rentrez chez vous ?

CORDELIA

Je vais essayer de dormir.

MARGUERITE

Bonsoir, Mademoiselle.

(Cordelia entre dans sa chambre.)

Page 1