CORDELIA. «©• MARGUERITE
Puisque c'est la veille de Noël... je l'avais oublié ; je n'ai plus qu'une idée.
MARGUERITE, s’approchant pour la consoler.
Mademoiselle...
cordelia , pensive.
Tu crois donc que , ce soir , il y aura du bruit dans les rues?
MARGUERITE
Jésus Dieu ! cela est sûr ; pourquoi me le demandez-vous ?
CORDELIA
Pour rien.
MARGUERITE
Vous n’avez pas l'intention de sortir, je l’espère.
CORDELIA
Moi ? et où irais-je ?
MARGUERITE
Songe* que vous n'avez plus là ce brave M.
Harry, pour vous défendre contre ces jeunes seigneurs papistes , qui deviennent de jour en jour plus insolens.
CORDELIA
Tai reçu une lettre de lui. 11 va revenir: son oncle va mieux. Pauvre Harry ! il ne se doute de rien ; quand il apprendra le malheur qui nous a frappés en son absence, sa douleur sera aussi vive que la mienne !
MARGUERITE
Je le crois bien. Il aiuie déjà M. Jarvis comme un père.
CORDELIA
Marguerite !
MARGUERITE
Pourquoi rougir? M. Harry n’a-t-il pas toute l’amitié, toute la conliance de votre père?.. Le sentiment que vous éprouvez pour lui n’a rien de blâmable: c’est un amour selon le Seigneur, et qui fera votre bonheur sur la terre.
CORDELIA
Ah! ne parlons pas d'amour, ne parlons pas de bonheur , tant que je n'aurai pas revu mon père!.. Bonsoir, Marguerite.
MARGUERITE
Vous rentrez chez vous ?
CORDELIA
Je vais essayer de dormir.
MARGUERITE
Bonsoir, Mademoiselle.
(Cordelia entre dans sa chambre.)