‹ Jarvis l'honnête homme, drame en deux actesChapitre 46 sur 48 · ACTE ü, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE ü, SCÈNE XI

CORDELIA

Dieu !

DAVID

C’est lui!

van claeh , se plaçant devant Cordelia.

Éloignez-vous, silence! (Cordelia se retire de quelques pas et reste cachée, aux yeux de son père, derrière b porte de sa chambre qu'elle laisse enlr’ouverte.) C’est moi qui en parla : j'étais son ami. j a nvis.

Je i'étais aussi , moi 1 Mais il est mort !

VAN Cl. A ER.

Mort?

JARVIB.

Je l’ai la.

VANCLAKR.

Mi! je l'ai In aussi, moi!.. Et tenez... c'est dans cette gazette.

(11 lui donne celle que David a apportée.) JAHVIS, la saisissant.

Cette gazette... Ali ! donnez, donnez, et qu’on vienne nie la prendre , à présent !

coiihf.u a , A Van Clacr.

Qu’avez- vous (ait ?..

VAN CLARR.

Ne le troublez pas. Mademoiselle, et priez !.. C'est peut-être Dieu qui m'inspire !..

JAHVIS, lisant.

« Sob Altesse le prim e Stailioudcr, Guillaume •d’Otauge, est arrivé à Exeter et a pris le corn- » mandement des troupes du parlement. »

DAVID

Ça y est ? Tant mieux !

JAHVIS.

Ce D’est pas cela. (Usant) « Sa Majesté le roi «rie France a ordonné il son ambassadeur, à La

• Haye, de prendre ses passeports... » Ce n’est point encore cela... Cette gazette . ee n’est donc point celle que j’ai lue ?.. ali ! ah ! si fait , voilà , voilà... « Il y a trois ans . la gazette anglaise (Le

• Parlement 1 donnait snr la mort du lieutenant •de la Tour de Londres , les détails suivaas... » Ah!.. (Il lit d’une voix entre-coupée de sanglots et ne prononce à haute voix , que les passages les plus cruels pour lui.) « Son supplice a eu lieu à six

• heures du soir; douze heures après celle où •Jarvis, dont il répondait, aurait subi le sien...

• Quand son tour fut arrivé : Anglais, dit-il, je

• meurs pour tn’éire fié à la paro c de celui que •vous appeliez l'honnéte homme... que ma mort

• retombe donc sur le misérable qui m'assas-

• sine !.. Honte et infamie sur le parjure Jarvis ! a

(Il tombe anéanti sur un fauteuil.) DAVID.

C’est l’article de M. Van Claer !

CORDELIA

Ah ! Monsieur... je vous le disais bien !

VAN CLAF.R.

Silence!.. Eh bien! M. Boermans, vous n'achevez pas?

JARVIS, lui tendant le journal.

Qu'ai-je encore à apprendre ?.. Reprenez celle gazette maudite ! Vous aviez bicu raison de me la refuser !.. -

VAN CLAER , ie reprenant.

C’est donc moi qui continuerai !.. (lisant.)

• Aujourd'hui, nous pouvons annoncer que par

SS

CORDELIA

Dieu!

JARVIS

Que dites-vous?..

Non, Melvil ii'ostpas mort!.. Ecoutez! écoutez!.. • Vu l'heure avancée, son corps avait été «détaché du gibet au ttnut de quelques minutes • et transporté chez le docteur Van Claer. qui •l’avait réclamé pour lui rendre les deruiets dc- •voirs. Tout-à-coup, en prenant la ntain de son •ami, le docieur s’aperçut que la vie ne l’avait «pas encore abandonné... line saignée, prati- •quée à l’instant même, sauva le malheureux «Melvil; et, à cette heure, il vient d’écrire de » Buenos- A> res, qu’étant désormais à l’abri du «roi Jacques, il permettait de donner toute pu- «büritéà sa miraculeuse résurrection!.. »

JARVIS

Ah!.. que viens-je d’entendre!..

VAN CLAER.

La vérité!.. Le docteur Van Claer, l'ami etle sauveur de Melvil, voils le garantit sur sa parole !

JARVIS

Melvil n’est pas mort!.. Ainsi, ma conscience est pure... je puis retrouver l'honneur et le repos, je n'ai pas causé la mort d’un homme!..

Oh !.. que se passe-t-il donc en moi ?.. le cercle de feu qui me serrait le front s’élargit., nia poitrine est libre... il me semble que je sors des ténèbres... O mon Dieu ! mon Dieu ! je vous bénis, et je vous remercie... je vois... je pense... je redeviens moi... j’existe!..

VAN CLAER, à Cordelia.

Venez, maintenant!..

CORDELIA, s'avançant.

Mon père!..

Ma fille! ma Cordelia !.. Mais, viens, viens donc !.. (Il lui tend les bras; elle s’y jetle en poussant on cri de joie.) Où as-tu donc été, Ilia lüle chérie, que je ue t’ai pas vue depuis si longtemps?..

CORDELIA

Mon itère! mou père!., oh! Dieu est dans tout ceci ! Melvil n’est pas mon , et je vous ai sauvé la vie!..

JARVIS

Oui , tout peut se reparer !

DAVID

Monsieur...

JARVIS

C’est toi , David ?

DAVID

Quel bonheur ! il me reconnaît!

JARVIS

On sommes-nous donc?

CORDELIA

Chez le meilleur des hommes, chez le docteur Van Claer, chez notre libérateur!

(Godvvin paraît, suivi d’un conseiller.)

DAVID

Ciel ! Godvvin !..

cordelia, à Van Clacr.

Ah! Monsieur!..

VAN CLAER.

Remettez-vous , et priez seulement votre père un miracle du ciel , Melvil u'est piis mort !.. » de ne pas me démentir.

JARVIS

DAVID

Je cours prévenir M. Harry !

(Il sort. Co niella vient se ranger pris de Jarvis.)

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