SCÈNE xu
Les Mêmes, GODWIN, Os Conseiller de
Ville , Deçà Gardes, qui restent dans l’antichambre.
VAN CLAER.
A qnel litre le docteur Dickson , l'ami du vénérable Clarke, sc fail-il accompagner chez moi par ces soldais ?
GODWIN
A titre de premier secrétaire du lord Chancelier d’Angleterre, et d’envoyé du roi Jacques II, dans les Proviuces-Unics.
Le représentant d'un roi se serait introduit chez moi à l’aide d’un mensonge!.. Qui que vous soyez, vous vous êtes conduit comme un espion , et c’est en espion que je vous traite. Sortez à l’instant de chez moi !
godwin, au Conseiller.
M. le Conseiller, veuillez lire à M. Van Clacr l'ordre d’extradition en vertu duquel nous sommes entrés chez lui.
VAN CLAER.
Je sais ce que ce peut-être, mais la maladie dont M. Jarvis est atteint le place dans une exception que tous les peuples respectent. Je ne vois en lui ni ttn réfugié, ni un coupable ; c’est un insensé, vous le savez vous-même, et ma maison est un lieu d'asile.
GODWIN
Vous résistez à un ordre contre-signé par le prince d'Orangc ?
VAN CLAER.
Le prince d’Orangc...
JARVIS, a Van claer, l’interrompant.
Assez , Monsieur ; ne vous compromettez pas pour me servir... Je n’ai plus de droit à votre protection.... J’ai été fou, c’est vrai, mais je ne le suis plus.
CORDELIA
Mon père !
Ah! que dites-vous?
JARVIS
Je dis que le jour est venu pour moi de rentrer en Angleterre, et que si Monsieur ne s'était pas donné la peine tle venir h moi, c’est moi qui aurais été à lui. Je dis que j’ai laissé mon honneur à Londres , que voilà trois ans qu'il me manque , et qu’U est bien temps que j’aille l'y chercher.
CORDELIA
Mais c'est la mort qui vous attend !
Tant mieux, ma fille, ma justification sera complète, et Londres entière y assistera... recevez mes remeretmens. Monsieur; ma dernière pensée sera pour ma tille, mais l'avant-dernière pour vous. (A Godwin.) Allons, quand vous voudrez.
CORDELIA
Mon père !.. ah ! tout est perdu !..