‹ Je croque ma tante comedie melee de couplets, en un acteChapitre 3 sur 27 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

CHATEAUGRED1N, seul.

Quelle imprudence!., m’envoyer son portrait... ici... sous mon

toit conjugal!.. (U pose le bouquet sur la console et le portrait sur une

chaise.) 11 est vrai qu’elle me croit garçon... Je lui ai brodé cetle craque!.. Par le lait, je le suis bien un peu... voilà deux mois que ma femme est à prendre les bains de mer, à Trouville, sous l’égide de son oncle Hèrissart. Je n’ai pas de conseils à donner aux dames... mais, franchement, laisser son mari... seul... à Paris... pendant deux mois... juillet et août encore!., dame!., c’est bien épineux ! Mou désir le plus vif était d’accompagner ma femme... Je ne ris pas’! je le voulais!., mais j’ai été forcé de rester pour recueillir la succession de ma tante Lognon... une tante de Seine-et-Marne... qui m’a laissé dix mille francs, trois bouteilles de cassis et soixante-neuf jiots de confitures!.. Cette affaire étant terminée, j’allais partir pour Trouville... — Hein?.. — Ma parole d’honneur!... lorsque le portier de ma maison... J’ai une maison, là en face, no 12... Lorsque mon portier vint me dire : — Monsieur, la dame du second, c’est une pas grand’chose! — Comment? — Elle doit trois termes et elle veut qu’on lui remette des papiers! — Sapristi!.. D’un bond je traverse la rue, et je monte avec l’intention formelle de houspiller cette dame!.. Je sonne, ou ouvre... et je me trouve en face d’une vieille... soixante-dix ans, chapeau orange et une verrue sur le nez!.. J’allais lui chanter ma gamme... lorsque*ip parait sa fille, Anaïs, née de Ripincel... une femme d’un très-grand air et très-belle!.. Elle était vêtue d’un léger peignoir bleu ciel... à peine noué par une ceinture souci... A cetle vue... je ne sais ce qui se passa en moi... que vous dirai-je?.. Nous étions au 15 juillet... en pleine canicule!.. Jusqu’alors... parole d’honneur!..

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