SCENE VII
DIDIER
Je ne demanderais pas mieux, mais...
SOPHIE
Oui, je devine.
DIDIER
SOPHIE, souriant tristement et se levant.
Je sais, je sais; et je ne veux pas te retenir plus longtemps... Adieu, Pierre, adieu! (Eiie remonte).
DIDIER.-
Sapristi!... il n'y a pas à dire... je ne peux pas rester. Et, d'un autre côté, ça m'ennuie, moi, de te laisser là toute seule, car enfin!... (Poussant un cri). Oh! quelle idée!... Sophie, réjouistoi 1 réjouis-toi, Sophie, (il s'est levé et en allé à elle.)
SOPHIE
Que veux-tu dire?
DIDIER
Qu''est-ce que je veux, moi?... dîner chez nous, et que tu ne dînes pas seule. Eh bien! il y a un moyen bien simple... Tu vas venir manger la soupe aux choux du père Didier... Qu^est-ce que tu dis de ça?
SOPHIE
Moi, dîner chez tes parents?
DIDIER
Oh! sois tranquille, tu dîneras mal!... mais tu auras de la société... Allons, en route. (lU redescendent). SOPHIE.
Quoi! bien vrai, tu veux...
DIDIER
Est-ce que lu vas faire des façons, maintenant?... Est-ce que la frugalité du festin?...
SOPHIE
Moi? oh! partons!...
DIDIER
Ah ! mais non, au fait. . . pas dans cette tenue-là ! . . .
Tu ne me trouves pas assez...
DIDIER
Au contraire, je te trouve trop... et tu vas me faire le plaisir cl''emprunter une robe à ta femme de chambre... une robe d'indienne; chez nous, on n'est reçu qu'en robe dlndienne. Je te présenterai sous le nom de mademoiselle Sophie, une voisine à moi, lingère en chambre, aux appointements de dix-huit sous par jour, sans le fil ; et alors je te réponds d'une réception... un triomphe, quoi! un triomphe!
SOPHIE
Oui, tu as raison... Marion. (Elle sounc). Marion! (Elle ouvre !a
porle de droite).
DIDIER
Elle n'est pas pressée, ta bonne.
SOPHIE
Ah! mon Dieul mais j'oubliais que je l'ai congédiée.
DIDIER
Cette pauvre Marion... Pourquoi donc ça?...
SOPHIE, montrant la table.
Parce qu'elle m'a refusé...
DIDIER, riant.
Ah! je comprends!...