SCÈNE IV
SOPHIE
Parce que je vous garde à dîner.
LE PRINCE
Oh! c’est impossible^ mon enfant.
SOPHIE
Impossible?
■ LE PRINCE
Oui ; je dine chez ma mère.
SOI’ Il I E.
Eh bien, vous allez écrire un mot d'excuse, et Germain le portera.
Comme vous arrangez cela !
SOPHIE
C'est si simple!
‘ LE PRINCE
Mais pas du tout... et la preuve, c’est qu’il faut absolument...
SOPHIE
Pourquoi?
LE PRINCE
t* r janvier!., jour de gala... fête de famille! je vous avouerai franchement que je ne vais chez ma mcre que bien rarement; et, si j’y manquais aujourd’hui, on me croirait mort, pour le moins.
SOPHIE
Mais en écrivant...
LE P RI N CE, s’asseyaut sur le sofa.
Ah! vous revenez à vos moutons?.. Si vous connaissiez la princesse d’Hennin, vous sauriez que ce n’est pas une personne à qui on envoie un petit mot comme ça. Figurez-vous une grande dame aux lèvres minces, au front sévère, au regard 4'roid, obstinément plongée dans un fauteuil en vieux chêne. Tout s’est modifié autour d’elle; elle seule n’a pas changé... Elle a conservé les mœurs, les usages, et jusqu’au costume du siècle dernier. A ses yeux, mon frère et moi nous n’avons pas vieilli; nous sommes toujours les deux enfants qu’un gouverneur lui amenait deux fois l’an, le jour de sa fête et le 1 er janvier... Ce sont les seuls jouis où elle nous ait embrassés... C'est