SCÈNE IV
avec vous aujourd'hui?., mais j'y dînerai demain! tous les jours! tant que vous voudree!...
Je ne vous invite pas...
LE PRINCE) contiouant.
Je ne vous aime pas? moi qui me suis battu dix fois pour vous. Eh! tenez, je me bats encore demain avec M. de Fonlanges, qui prétend qu’avant-hier vous avez donné un la dièze pour un si bémol... Si je ne vous aimais pas, j'aurais été de l’avis de Fontangesj car, en réalité, vous avez émis une note... douteuse... Je ne prétends pas que ce n'était point un si bémol; mais entre nous, il y avait un peu de la dièze là dedans.
(il rrmonlc.)
SOPHIE, passant à droite.*
Fort bien! rangez- vous du côté de mes ennemis! critiquezmoi! sifflez-moi !..
LE PRINCE
Mais non! puisque je me bats!.. Allons, allons, décidément c'était un si bémol, et je tuerai M. de Fontanges! J'espère que je suis aimable... Trois heures, diable!
SOPHIE
Ainsi, vous partez?..
LB PRINCE
Sans doute !
SOPHIE
Et moi, maintenant, je veux que vous restiez... Je le veux!..
LE PRINCE, aoaritDt.
Le roi dit: Nous voulons... Mais tenez, j'ai un moyen d'arranger tout cela... Vous allez dîner seule... laissez-moi donc finir... et je reviendrai souper avec vous.
Souper?... croyez-vous donc que je sois embarrassée de ti-ouver des... soupem*s?
LE PRINCE
Loin de moi cette pensée ! mais je vous offre ça comme une transaction... C'est dit, n'est-ce pas?., au revoir!., hi Teai lui prendre la main, Sophie la retire. Ail ! allons !.. (il prend ton chapeau et remonte ; arrive à la porte, il s'arrête.) VOUS ne VOUlCZ paS mC (lilC adiCU ?
* Le Prince, Sophie.
SOPHIE. Elle a remonté jusque derrière le fauteuil du milien* *
Maurice, je vous déclare que si vous passez cette porte, elle ne se rouvrira jamais pour vous.
LE PRINCE, >e rapprncimnt. •
Ah çà! c’est donc une idée fixe?., vous ne voulez donc pas comprendre...
SOPHIE
Pas de phrases!.. Voulez-vous dîner avec moi, oui ou non?
LE PRINCE, n folùment.
Eh! bien, non!., je ne le puis pas.
SOPHIE, licfceo lanl à ilroil.’. * *
Ah! c’est ainsi?.. C’est bien, il ne sera pas dit qu’on ne me fera pas plus de sacrifices qu’à une griselte!.. Vous prétendez m’aimer 1 . ..
LE PRINCE
Certes !
SOPHIE
Si vous m’aimez, restez! Si vous ne m’aimez pas, allez-vousen!.. mais ne revenez pas. **” (paa^ant.) Car j’ai assez de ces amours banales, qui consistent à me donner les heures dont on ne sait que foire ; et des bijoux, qui ne prouvent qji’iine chose, c’est qu’on est un prodigue ou un millionnaire.
LE PRINCE
Mais...
SOPHIE
Oui, vous allez me faire sonner bien haut vos grands coups d’épée!.. Et que m’importe, à moi?.. D’abord, est-ce bien pour moi que vous vous battez?.. Allons donc! c’est par respect humain; c’est par amour-propre... pour faire preuve de sangfroid et de courage!.. IJn beau courage, ma foi!., quand on a acheté d’un maître d’armes le droit d’être brave impunément !..
LE PRINCE
Sophie!...
SOPHIE
Ah ! vous ôtes bons, vous autres !
* Sophie, le Prince.
** Le Prince, au 2* planj Sophie.
•** Sophie, le Prince.