SCÈNE VII
gaillard, puis mulot, puis atala,
GAILLARD
Eli ben ! il est joli 1’ dernier mot des cuirassiers !.. a-t-on jamais vu un enragé pareil L. c’est qu’il le ferait comme il le dit!
MULOT, entrant par le fond à droite *.
Nol’ maître... v’iàle chemin de fer qui arrive.
GAILLARD
Eh ben ! mets les chevaux à la voiture, imbécile !
MULOT
Oui, noC maître!., (il sort par le fond, à droite.)
GAILLARD, allant prendre sur le buffet un encrier et une feuille de papier.
Je vas faire la feuille du conducteur. — Satané cousin... qui tombe là comme un trouble-fète... Victoire ne m’avait jamais parlé de cet amour-là !.. Me couper les oreilles!... ah !.. mais!., je préviendrai la gendarmerie, (il s'assied prè* de la table et écrit. — Bruit de voix en dehors.)
MULOT, reparaissant par le fond, à droite, à Atala qui le suit**.
Mais puisque je vous dis qu'on est en train d’atteler !
ATALA, brusquement.
Les voyageurs ne sont pas faits pour attendre.
MULOT
Mais puisqu'on marie la bonne ! (il sort par le fond, à droite.)
ATALA entrant ***.
Eh! qu’est-ce que ça me fait à moi? (a Gaillard.) Monsieur, il est onze heures, pourquoi votre guimbarde n'est-elle pas prête?
* Gai!. Mul.
** G ail. Mul. Àtal.
*** Gail. Atal.
GAILLARD^ choqué.
Pourquoi... pourquoi!., on vient de vous le dire : parce que je marie ma bonne...
atala. '
En voilà une raison ! sont-ils bêtes avec lear bonne !
GAILLARD
Ali ! mais, permettez, Madame...
ATALA
Mademoiselle, s’il vous plaît.
GAILLARD
Soit !
ATALA
Mademoiselle Atala, fabricante de cols et cravates à Orléans, à l’enseigne de la Vestale... en face la caserne... c’est moi qui fournis la garnison.
Ça ne me regarde pas...
ATALA
Je suis très-pressée.
GAILLARD
Et moi aussi. Et quand on est à la fois entrepreneur de diligences et adjoint de sa commune... vous comprenez...
ATALA
Adjoint !.. Vous êtes adjoint ?
GAILLARD
J’ai cet honneur. .
ATALA
Ça tombe à merveille. Écoutez-moi, père Laffitte.
GAILLARD, se levant.
Comment Laffitte? Je me nommeGaillard.
ATALA
Laffitte, Caillard... c’est la même chose.
GAILLARD
Mais non!.. Gaillard.
ATALA
Ah ! vous m’ennuyez !
GAILLARD, à part.
Est-elle malhonnête !
ATALA
Apprenez, mon cher, que je me rends à Pithiviers pour trouver et confondre un homme brun, qui s'est conduit à mon endroit comme un savoyard.
GAILLARD, à lui-même.
Je vous demande quel intérêt ça peut m’inspirer? (u 6e rassied
et se remet à écrire.)
ATALA
Or, comme il peut y avoir querelle, lutte, sévices, je tiens à « établir des antécédents. Vous êtes officier civil, vous allez recevoir ma déposition. (Elle »a chercher une chaise au foad.)