SCÈNE II
Les mêmes, PERRUCHON.
PERRUCHON, entrant par te fond à droite en chantant*.
Que le bonjour vous soy’ donné,
La bonne mère,
Car votre fils vient de tomber Dans la rivière...
MULOT
Tiens 1 c’est 1* futur, (il te rassied.)
PERRUCHON.
Bonjour, monsieur Gaillard.
Bonjour, Perruchon ; te v’ià déjà par ici ?
PERRUCHON.
Oui, je venais vous demander, en passant, pour quelle heure a signature du contrat.
GAILLARD
Tu le sais bien... c’est pour midi.
* Mul. Per. Gail.
P K R HUCHON .
Et puis, par la même . occasion, dire un p’tit bonjour à mam’selle Victoire. . >. 4.
MULOT
Mam’selle Victoire?., elle est aux provisions.
PERRUÇHON.
Et puis, par la même occasion, vous dire que j’ons vu le notaire.
Eb ben? j’y ai compté hier soir la dot de ta femme en beaux écus tout neufs.
PERRUÇHON.
Oui... oui... j’ savons ça... vous êtes un bon homme tout d’ même, monsieur Gaillard, not’ vrai bienfaiteur. Mais 1' notaire il dit comme ça qu’il manque encore quéqu’ chose...
GAILLARD
Quoi donc ? «
PERRUÇHON.
Vous savez ben!., pour vot’ p’tit champ de luzerne... qu’est à côté du carré de pommes de terre... les titres de propriété qu’il faut passer à mon nom... c’est pas que ça soye une affaire... mais enfin...
GAILLARD, riant.
Ah ! ah ! farceur, c’est pour ça qu’ t’ es venu?
PERRUÇHON.
Oh!., père Gaillard!., oh! par exemple!
GAILLARD
Ah çà! dis donc, toi, pendant que je te tiens entre quatrez-yeux... j’espère que ce n’est pas seulement pour sa dot que tu épouses Victoire?
PERRUCnON.
Moi ?.. allons donc !.. c’est pour sa gentillesse, pour ses qualités. L’argent, c’est bon à prendre et j’ n’ rebutons point dessus... mais j’ons un principe : c’est qu’ j’ons pas envie qu’on s’ gausse de moi... comme j’ vois faire de certains maris à qui qu’on rit au nez quand ils passent avec leurs femmes.
MULOT, se levant.
Et il n’on manquont pas dans 1’ pays.
PERRUÇHON.
J’en veux une sur le compte de qui n’y ait rien à dire.
GAILLARD»
Eh bien 1 mon garçon, tu y as la main. Victoire est la crème des honnêtes filles.
MULOT
Et avenante... et travailleuse...
GAILLARD
Va... va... tu peux la prendre de confiance, c’est moi qui te le dis.