SCÈNE III
qui ferai vol’ rosette... ah ! mais !.. je tiens à c* que tous soyez beau... pour le jour de mes noces. ' »
GAILLARD
On le sera, ma fille, et j’entends bien te faire honneur !
PERRLCHON.
Et moi itou, mam’selle Victoire, vous verrez... j’ons un habit vert pomme et un gilet noisette...
C’est bon... c’est bon... nous parlerons deçà plus tard.
PERRDCHOJÎ, à part, et vexé.
Encore plus tard 1 elle ne fait pas attention à moi du tout.
VICTOIRE, avec embarras.
Dites donc, not' maître... j’aurai3 une chose à vous demander...
GAILLARD
A moi?., parle, mon enfant.
C’est que j’ai peur... qu’ ça vous offense.
GAILLARD, tirant sa tabatière.
Qu’est-ee que c’est donc? Te v’ià toute rouge, tout embarrassée...
PERRLCHON, à part. . '
Voudrait-elle y demander le carré de pommes de terre?
GAILLARD, prenant nne prise.
Eh bien? . voyons donc ?.. de quoi s’agit-il?
Justement... vous avez le nez dessus.
. GAILLARD, étonné.
Comment ?
Oui, v’ià longtemps que ça me taquinait de vous voir prendre vot’ prise dans une méchante tabatière de deux sous... Un riche maît’ de poste, un adjoint du maire...
GAILLARD
Eh ben!., eh ben ! quoi?
VICTOIRE, lui donnant un petit paquet qu’elle tire de sa poche.
Faut tenir son rang... et pour lors... je voulais vous prier... si c’était un effet de vot’ part... de vouloir ben accepter...
GAILLARD, ouvrant le paquet.
Une tabatière!., en argent!.. Comment, ma pauv’ fille... tu aurais pris sur tes économies..? (perruebon remonte et passe à la droite de Geiliard.)
VICTOIRE, attendrie.
Oui... not’ maître... c’est un p’tit souv’nir d’amitié... et, au moment de vous quitter... j’avais pensé que vous ne refuseriez as...
GAILLARD
Allons, bon !.. ne vas-tu pas pleurer à présent?
iO
PERRUCHON, regardant la tabatière avec etrtrie *.
» Saperdienue! elle vaut au moins trente francs.
TICTOIBB.
Air : Elle était là, tremblante, émue (Fancuohneïte).
Vous avez pris soin d' mon jeune âge,
Que ne dois-j’ pas à vos bontés 1 Et, quand j’ vais entrer en ménage,
C’est èncur vous qui me dotez.
Ce p’tit cadeau, modeste emplette*
Ali! c’est bien peu pour tout celai Mais un’ servante, une pauv’ fillette
, - Ne peut donner que ce qu’elle a!
GAILLARD, ouvrant la tabatière.
C’est qu’elle y a mis du tabac!.. (Prisant.) Et à la fève encore !
PERRUCHON.
J’espère qu’on ades attentions pour vous!., (a part.) Elle vaut plus de trente francs !
GAILLARD
Plains-toi donc !.. c’est toi qui vas hériter de tout ça, imbécile ! Hein !.. quel trésor je te aonne là ! (il fait passer victoire près de Perrochon.) , .
PERRUCHON **.
C’est vrai !.. (Avec passion.) Oh! mam’selle Victoire! j’ vas-t’y être heureux !
C’est bon!... c'est bon!., nous parlerons de ça plus tard !..
PERRUCHON, à part.
Toujours plus tard!
Je vas faire un tour à la cuisine, mettre tout en train, et puis je songerai à ma toilette. ,
PERRUCHON, passant près de Gaillard ***.
Ali! bigre!.. Et le notaire qui attend... pour le petit champ de luzerne.
GAILLARD
Ah!.» ah!., tu n’oublies rien, toi! Eh ben ! c’est bon... je vas te remettre les papiers... Allons, passe devant!.. (Regardant sa tabatière ****.) C’te bonne Victoire !.. une tabatière... et du tabac... à la fève!.. Ah! ma foi! tant pis!., je vas y ajouter le carré de pommes de terre.
PERRUCHON, vivement.
Ali I ber. non !.. monsieur Gaillard!., ah 1 ben non !.. c’est de rop!.. c’est des bêtises!..
* Per. Gail. Vie. ✓ •
** Per. Vie. Gail.
*** Vie. Per. Gail.
**** Vic.^Gail. Per.