SCENE II
GAILLARD
Ma foi, oui, j’ai le cœur à la joie. C’est tout simple, cette petite je l’ai élevée, elle est ici depuis quarante ans... de mère eo fille, bien entendu... c'est quasiment l’enfant de la maison.
MULOT
Pardi ! vous l’établissez et vous la dotez.
GAILLARD
Et je la dote! trois mille francs comptant et un petit champ de luzerne... avec ça on ne meurt pas de faim. Ah! dame... ça fait ben marronner un peu mes héritiers futurs ! M’en ontils assez dit et écrit à ce sujet! Et mon cousin par-ci, et mon cher oncle par-là !.. et patati... et patata! mais, bah !.. je les laisse crier !
MULOT
Tiens ! vous êtes 1’ maître de vot’ bien, pas vrai 1 ? c’est comme si qu’il vous convenait de m’ donner aussi quéqu’ chose...
GAILLARD
Oui, c’est comme s’il me convenait de... (changeant de ton.) Après tout, Vjctoire ne pouvait pas rester fille toute sa vie... et puis, une jeunesse chez un veuf... bien conservé... ça commençait à faire jaser... Comme ça, ça coupe court à tout! Aujourd’hui le contrat, et dans deux jours le conjungo. En ma qualité d’adjoint, c’est moi qui la marierai. Je lui ai servi de père... eh ben!., je lui servirai aussi de maire... Eh! eh! eh! faut ben rire un brin !