‹ Jean-Antonin InjalbertChapitre 4 sur 23 · FILIPPINO LIPPI · texte numérisé non relu

FILIPPINO LIPPI

11 n'en était malheureusement rien.

Une terrible épidémie sévissait sur Paris. La variole multipliait ses victimes. Un jour l'élève sculpteur sentit sa tête lourde comme si une cagoule de froid métal pesait sur son crâne, paralysant sa verve, sa joyeuseté, sa vaillance coutumière à l'ouvrage. Le lendemain il ne put sortir et, dans sa mansarde, couché, égrottant, se détendant mal contre la fièvre il vit se déclarer la plus furieuse attaque du mal régnant.

La mort était à son chevet vide de parents, d'amis : elle lui apparaissait affreuse et injuste, image du néant de l'effort humain, des aspirations élevées, de l'esprit de travail et de sacrifice. Serait-elle chez ce pauvre ouvrier de la veille l'aboutissement sombre de toute une existence de lutte, de travail opiniâtre, de jeunesse sacrifiée à un rêve de gloire, à des ambitions de succès futur, de maîtrise en l'Art

Dans une accalmie de délire, il eut la force de donner l'ordre d'appeler auprès de lui un jeune interne, son compatriote, M. Bourguet.

L'interne, en l'appercevant, se rendit compte que la guérison était une partie difficile à gagner et brusquement sans perdre un temps précieux, il exigea de lui l'aquiescement à son transport à l'hôpital.

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