Delaborde (1884), p
LÉGATION DU CARDINAL D'ANGERS EN FRANCE (1483-1485). lia
que le 23 octobre \ après avoir reçu de Sixte IV l'ordre d'user en France des insignes et des pouvoirs de légat ^ Deux jours après, le Pape lui adjoignait Jean Orioli^
Au même moment, on protestait en France contre l'arrivée d'un de ces légats « qui ont donné de merveilleuses évacua- « tiens de pécune à ce povre royaume » et Balue^ arrivé à Pont de Beauvoisin, reçut de Charles VIII l'ordre de ne pas passer la frontière * ; il dut y attendre quatre mois que le conseil du roi eût cassé son premier arrêt. Pendant ce temps, le Souverain Pontife multipliait ses lettres pour obtenir l'entrée de son ambassadeur; un jour, il faisait savoir au duc de Bourbon qu'il ne pouvait choisir d'autre légat" ; une autrefois, s'adressant au cardinal de Lyon, il s'étonnait de l'inconstance royale \ il recommandait Balue à la reine mère'; ordonnait à l'évêque d'Albano, arrêté par la défense royale, de se hâter ^; priait le duc de Bretagne d'intervenir^; en disait autant au cardinal de Tours**'; enfin, écrivait maintes fois à
1. Landucci, Diario fiorentino : « E a di 23 d'ottobre 1483, vene in « Firenze un cardinale legato, ch' andava al re di Francia »; cité par Delaborde, op. cit., p. 37.
2. « Cardinal! Andegavensi. Mandat ut suis facultatibus utatur dum- « modo in regno Francie aut in ducatu Britannie fueritetc... » Dat. 15 oct. anno eodem [1483] (Arch. Sec. Vat., Sixle IV, b. a. p., tome XVI, fol. 51 ro).
3. « Mittimus ad te dilectum filium, Joannem Orioli, cubicularium « nostrum, ut Circumspectionem Tuam associet... » (Bref de Sixte IV à Balue, 1483 oct. 23, ibid., t. XVI B, fol. 112).
4. Delaborde (1884), p. 38. « En janvier 1484, Balue se trouvait toujours à la frontière. » (Maulde, Louis XII, p. 74.)
5. « Daci Borbonii. Super eodem argumente, scribit se non posse « revocare legationem hujusmodi, nec alii alteri quam cardinal! « Andegavensi demandari, etc.. Dat. 22 nov. eodem anno (1483) » (Arch. Sec. Vat., Sixii IV, brevia ad principes, arm. XXXIX, tome XVI, fol. 72 ro).
6. « Cardinali Lugdunensi. Miratur regia inconstancia, et consilio « quod cardinalis Andegavensis pro nuntio non sit mittendus etc.. Dat. « ut supra... » [22 nov. 1483] (Arch. Sec Vat., Sixti IV, br. ad. pr., a. XXXIX, t. XVI, fol. 72 V").
7. « Régine Francie. Quod ejusdem litteras accepisset, quibus peteba- « tur ne cardinalis Andegavensis in legatum mittamas, sed eum « commendat... etc., pro negotio non amplius replicando. Datum ut « supra. » (22 nov. 1483). (Arch. Secr. Vat., Sixti IV br.ad. pr., d.. XXXIX, t. XVI, fol. 73 ro).
8. « Jo. card. Andegavensi, ut, pro legationis negotio, ad Gallie « regnum iter acceleret » (Arch. Secr. Vatic, Sixti IV brevia ad pr., t. XVI, fol. 72 vo, arm. XXXIX).
9. Delaborde, op. cit., 39 ; bref du 13 nov. 1483 au duc de Bretagne.
10. « Cardinah Turonensi. Ut cum rege ita agat, ut per suam apud
H. FoRGEOT. Jean Balue. 8
Charles VHI qu'il ne comprenait pas cette ignominieuse révocation, après la demande expresse que le roi lui avait faite \ « Dura sunt hsec, » dit-il enfin, « et contra Dei honorem (( nimium tendunt^ »
Les efforts de Sixte IV ne demeurèrent pas sans effet, et le Conseil permit au cardinal d'entrer en France, mais à la condition expresse de ne pas exercer ses pouvoirs de légat. Il accepta. « Le cardinal, dit M. H. -F. Delaborde, avait « sans doute plus à cœur ses intérêts personnels que ceux « de l'Église romaine, qu'il était pourtant venu défendre. « D'ailleurs les autres cardinaux français, les hauts prélats « et les princes avaient agi en telle sorte aux États-Généraux « que sa mission devenait en partie inutile ; les demandes « des cahiers, relatives au rétablissement de la Pragmatique (( étaient restées sans réponse du roi.... Rentrer en France « était le principal pour l'ancien banni de Louis XL II con- (( sentit à tout... et fit son entrée à Lyon. ^)
Ainsi la mission religieuse du légat se trouvait annulée ; restait la mission politique. Elle était complexe, ainsi que nous l'avons dit; comme affaires extérieures, elle embrassait l'Espagne* et l'Italie "; à l'intérieur, il fallait établir une paix solide entre les princes et le roi. Le 8 mai seulement, Balue était à Corbeil et le Conseil l'admettait « pour l'honneur du a Sainct-Siège à venir le lundi suivant à Yincennes faire la (( révérence au roy et lui dire la créance de nostre Sainct « Père. )) Mais l'assemblée pensait qu'il serait bon que le roi l'engageât à se retirer dans ses bénéfices, sans lui permettre
« regem auctoritatem efficiat et ita agat quod legatus in suo regno « recipiatur. Datum ut supra... ('27 nov. 1483]. » (Arch. Sec. Vat., SixtilV br. ad pr., a. XXXIX, t. XVI, fol. 96.)
1. Brefsdes 3, 17 et 22 novembre 1483 et 17 décembre 1483. « Régi « Francie. Significat ei quod munus revocationis cardinalis Andega- « vensis décernât cardinalis Lugdunensis. Miratur autem cum ipsa « Serenitas in legatum eumdem cardinalem petiisset. Datum 3 nov. « anno eodem. » {IcL, fol. 79 v^.) — « Régi Francie. Queritur quod « nolit cardinalem Andegavensem in legatum recipere, cum ipse jam « fines regni attingat etc.. Datum 17 nov. 1483. » (Fol. 94 r«.)
2. « Régine Francie, « bref du 17 déc. 1483 (Arch. Sec. Vat.. arm. XXXIX, t. XVI B, fol. 193).