Ibid., ms. 577; British Muséum, Add. ms. 21232, fol
mettre en possession du temporel, et se présenta au chapitre le 11 octobre 1469 ^ enfin, par lettres du 13 du même mois, Louis XI rendait à Beauvau la jouissance du temporel^.
Deux années s'écoulèrent ainsi. Jean de Beauvau conférait des bénéfices, mais n'était pas évêque au spirituel. Le cardinal prisonnier restait titulaire légitime, puisqu'il ne résignait pas son titre et que le Saint-Siège ne l'en privait pas. Le 5 août 1471, Jean de Caulers, conseiller au Parlement, parut au chapitre avec des lettres du roi et du duc de Guyenne : elles ordonnaient aux chanoines de reconnaître Beauvau comme évêque au spirituel et au temporeP. Mais on n'avait pas oublié à Angers la déposition de 1467*; et on répondit qu'on ne pouvait obéir à l'injonction royale, tant que le Pape n'aurait pas révoqué son décret. Les chanoines écrivirent au Pape, au roi, à René de Sicile et à l'archevêque de Tours ^ Celui-ci envoya une lettre à Louis XI pour protester; le nouveau pape, Sixte IV, adressa le 5 décembre un bref très pressant rappelant les droits de Balue^
Toutefois, ces remontrances restèrent sans efî'et ; le 27 janvier 1472, le roi envoyait Adam Fumée' pour rétablir Beauvau et défendre aux grands vicaires de Balue, sous peine de mille livres d'amende, d'exercer la juridiction spirituelle. Le chapitre protesta encore, et les deux vicaires généraux de
1. British Muséum, Add. ms. 21232, fol. 23 (Extrait des registres du chapitre d'Angers).
2. Bibl. d'Angers, ms. 577. « Le 13 octobre 1469, Louis XI donna délivrance de l'évêché d'Angers à Jean de Beauvau. »
3. British Muséum, Add. ms. 21232, fol. 23 r» (Extrait des registres du chapitre d'Angers).
4. Voir plus haut : Rôle de Balue dans les affaires religieuses, chap. ii.