‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 112 sur 187 · British Muséum, Add. ms. 21232, fol. 23 v · texte numérisé non relu

British Muséum, Add. ms. 21232, fol. 23 v

6. Ms. 633 de la Bibliothèque d'Angers. Le Gallia confirme ce fait. Le Pape s'exprimait ainsi: «Votre Sérénité sait, « écrivit-il, « avec quelle « mûre délibération, Paul II priva de son siège Jean de Beauvau et « lui substitua notre cher fils, Jean Balue, puisque c'est sur vos lettres « et votre intervention que cette promotion fut faite. Nous sommes dans « la plusgrande surprise en apprenant que le même Beauvau, en vertu « de vos lettres et par la faveur de vos officiers, entreprend d'être « réintégré dans la même église, tant au spirituel qu'au temporel. « Quoique notre prédécesseur ne soit plus et que le cardinal ne soit « plus honoré de votre faveur, il ne s'ensuit pas que ledit Beauvau « doive faire de pareilles entreprises. Nous vous exhortons à écouter « ce que l'archevêque de Tours vous dira sur cette affaire. »

7. Précisément ce maître des requêtes qui avait demandé au Pape, sur l'ordre de Louis XI, la promotion de Balue au cardinalat.

notre cardinal, Jean de la Vignolle et Guillaume Fournier, ne consentirent pas à se désister de leurs fonctions.

Pendant trois ans, la lutte continua entre les deux juridictions rivales ; l'une, appuyée par le Pape, l'autre, forte du soutien du roi et du parlement. Louis XI, étant venu à Angers, à la fin de 1475 (novembre), reçut les plaintes du chapitre. Il fit répondre qu'il ignorait ces faits ; jamais, à l'entendre, il n'avait voulu que Beauvau s'occupât de la spiritualité de l'évôché, et il promit de mettre fin à ces contestations en nommant Jean de laVignolle administrateur spirituel et temporel, si le Pape ne consentait pas à rétablir Beauvau. Dès ce moment, le roi savait probablement que son protégé pourrait présenter au chapitre, le 9 mars 1476, deux bulles du mois précédent : grâce à elles, la sentence qui pesait sur l'excommunié était levée et, de plus, il recevait l'administration de l'évêché d'Angers ^

Il fut dès lors reconnu par les chanoines comme administrateur temporel. Quant à l'administration spirituelle, elle resta toujours un objet de contestation. Tous ces débats, après avoir duré près de dix ans, prirent fin par la mort de Jean de Beauvau (27 avril 1479)^ Louis XI envoya aussitôt ordre au chapitre de procéder à l'élection d'un nouvel évêque ; les chanoines durent obéir et Augerde Brie^ fut nommé administrateur. L'archevêque de Tours refusa de confirmer l'élection du nouveau titulaire ; l'intéressé en appela à Rome et, le 13 juinl479^ il obtenait du Pape des lettres d'administration.

Quelques mois après, la fortune souriait de nouveau à Balue : il sortait de prison, était reçu avec honneur en Italie, et par une bulle en date du 29 février 1482 (n. s.)^ Sixte IV le

1. British Muséum, Add. ms. 21232, fol. 24 r^. Ces troubles se compliquaient d'autres dissensions et surtout des tentatives des Angevins, qui essayaient de se révolter et réclamaient l'élection d'un nouveau maire Cf. Bricard, Jean Bourré, p. 254 à 259.

2. Voir plus haut la notice sur ce personnage. « Les chanoines ne « lui rendirent pas les honneurs solennels que l'on accordait d'ordinaire « aux évêques d'Angers « (Bibl. d'Angers, ms. 577).

3. Maître des requêtes, fils du seigneur de Ferrant (British Muséum, Add. ms. 21232, et Bibl. d'Angers, ms. 633).

4. « Auger de Brie obtint des lettres d'administration au mois de juin 1479. » Bibl. d'Angers, ms. 633. Le même fait et la même date sont mentionnés dans le manuscrit 21232 du British Muséum, fol. 24.

Page 1