‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 116 sur 187 · Bibl. d'Angers, ms · texte numérisé non relu

Bibl. d'Angers, ms

3. Les documents relatifs à ce procès fournissent des détails que nous avons utilisés au cours de cette étude. Ils sont conservés aux Archives Nationales, dans les registres du Parlement: X^^: 4821, foL 240; 4827, fol. 193 v« ; 4828, fol. 286, 324 v" et 412; 8318, fol. 452 r»- 458 r^

4. Le successeur de Balue au siège épiscopal d'Angers fut Jean de Rély. V. au sujet de l'élection de ce dernier (1^"" déc. 1491) et du rôle joué par Jean Bourré à cette occasion: Bricard, op. cit., p. 324-326.

5. Pour toute cette troisième partie, nous n'ajoutons que quelques documents à l'excellent travail de M. H. F. Delaborde {Bull Soc. Hist. de Paris, 1884, p. 36-51).

Il fut décidé que le cardinal serait reçu le lendemain avec tous les honneurs dûs à un légat et, pour régler le cérémonial de son entrée, on prit modèle sur celle du cardinal de la Rovère. Mais, dès le soir, Balue s'introduisait furtivement dans Paris ; il venait, avec le cardinal de Foix, pour y conclure un traité d'alliance entre les ducs de Bretagne, d'Orléans et de Bourbon, traité auquel il avait travaillé pendant son séjour dans l'Ouest de la France : r« ange de paix » avait négocié la coalition des ennemis de la dame de Beaujeu ! Instruit de la décision du conseil, le légat faisait le lendemain son entrée solennelle ; et le Parlement protestait durant plusieurs jours, concluant le 14 août que « sera faite inhibition (c et défense audit cardinal qu'il ne s'aide, porte ne nomme « légat dudit siège apostolicque en ce royaume, ne use de (( puissance ne d'enseignes de légat ». Cet arrêt fut crié à son de trompe trois jours après, dans les carrefours de Paris. La lutte entre le Parlement et le Conseil était ouverte. Le 17 août, ce dernier décidait, au contraire, que Balue « portera, comme « il a accoustumé, la croix, et usera de donner bénédiction, « et de toutes autres choses concernans les honneurs qu'on « doit faire a ung légat* ». Le 20 août^ le Parlement répondait en signifiant à l'intéressé son arrêt du 17.

Mais le cardinal d'Angers n'avait pas attendu ce décret d'expulsion. La veille au soir, quittant l'hôtel du duc de Bourbon, chez qui il était logé, notre légat, muni d'un saufconduit, était parti dans une barque avec le duc. La mort du Pape, arrivée le 12 août, lui avait, paraît-il, causé un grand chagrin « quoique », disait l'ambassadeur florentin, « ce décès (( soit arrivé à propos, car ils ne s'entendaient plus en rien ^ ». Ce désaccord du Saint-Père et de son ambassadeur provenait sans doute de la façon dont le cardinal s'acquittait de sa mission de paix. Retiré à Saint-Cloud, Balue demanda

1. Dernier, Conseil de Charles VIII, 60. — J. du Boulay, Historia universitatis Parisiensis, t. V, p. 763.

2. Et non le 17 août, comnie le dit M. Delaborde, 43 (Bibl. Nat., V. C. Colbert, t. 153, fol. 68 et suiv.). Les protestations de Jean de Nanterre, procureur du roi, ont été publiées par Du Boulay, Hist. Univ. Par., t. V, p. 763.

3. Petrucelli délia Gatina, Histoire diplomatique des Conclaves, t. I, p. 307. — Buser, p. 241,

« qu'on rautorisât à aller visiter ses bénefRces pour recevoir « argent pour faire le retour de son voiaige^ ». Au lieu de cette permission, la reine lui accorda mille écus d'or^; le Conseil ordonna qu'il prendrait congé du roi le jour même, et partirait aussitôt pour Rome « auquel chemin il pourra porter, (c en s'en retournant, la croix ». Ainsi, au moment de partir, on lui accordait d'user de ses insignes et on l'indemnisait de ses dépenses ; déjà alors, dit M. Delaborde, la dame de Beaujeu avait sans doute c^ compris quels services pouvait lui rendre cet homme remuant, peu scrupuleux, mêlé à toutes les intrigues de ses ennemis^ )>.

Au lieu de partir en effet, le légat, après avoir pris congé du roi (24 août)^ alla attendre tranquillement à Saint-Cloud les événements pour prendre une résolution. Le 29, le cardinal de Melphe était élu Pape sous le nom d'Innocent, et Balue fut un des trois cardinaux absents au conclave ^ Bientôt après probablement le légat avait conquis les bonnes grâces de la régente, puisque nous le retrouvons à Paris au commencement du mois suivant^ et, plus tard, disposant d'une prébende de son évêché d'Angers'. Il avait cru bon de demander ses instructions au nouveau Souverain Pontife; Innocent VIII lui répondit de rester à Paris, s'il le croyait utile à l'honneur du Saint-Siège. Le Pape annonçait, en même temps, qu'il adressait une lettre de remerciements au duc de Bourbon « pro iis que ad tuum et hujus sedis honorera « pertinentibus egit* ».

Pendant ce temps, selon les prévisions de Gaguin^ et de quelques autres, l'évêque d'Albano avait fait sa paix avec

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