‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 122 sur 187 · Delaborde, Histoire de Charles VIII, p · texte numérisé non relu

Delaborde, Histoire de Charles VIII, p

2. Hefele, Conciliengeschichte, t. VIII, p. 271. — Rainaldi, t. XXX, p. 118, col. 1.

3. Espagnol, neveu du pape Calixte III, Rodrigue Lenzoli Borgia devint Pape sous le nom d'Alexandre VI en 1492 (Mas-Latrie, Trésor de Chronologie, col. 1208).

même plus loin encore, au dire d'Infessura \ On dut lever la séance sans avoir rien conclu.

Quelques jours après, circulait dans Rome une lettre de Charles VIII supposée par Balue, disait-on : le roi y promettait de l'or et des troupes ^

Ces encouragements décidèrent le Pape à attendre quelque temps encore l'arrivée de René, mais bientôt le parti de la paix remporta et Innocent A^IIl commença, avec le roi de Naples, des négociations secrètes qui aboutirent au traité de paix du 11 août 1486 ^ Balue, n'étant pas secondé par Julien de la Rovère occupé alors à armer une flotte à Gênes, n'avait pu seul empêcher ce résultat, mais les deux cardinaux protestèrent. Pendant que le cardinal de Saint-Pierreaux-Liens se retirait à Ostie *, refusant de réconcilier les barons napolitains avec leur souverain, Tévêque d'Albano écrivait en France que « la paix a esté acceptée par le Pape « par faute de bons capitaines, et que si Monsieur de Lor- « raine y alloit, encore feroit-il quelque chose. » Mais René ne voulut pas tenter l'aventure, et les prévisions du cardinal d'Angers se réalisèrent, car le roi de Naples n'exécuta pas le traité et emprisonna nombre de barons ; d'autres se réfugièrent à la cour de France, et durent puissamment contribuer, par leurs conseils, à exciter contre l'Italie l'esprit belliqueux de Charles YIII. Une nouvelle révolte des princes et la guerre de Bretagne devaient néanmoins retenir le roi en France plusieurs années encore.

La paix de 1486 avait arrêté René prêt à partir et déjà même en route ; toutefois, quand il vit que rien n'était changé en Italie, il reprit ses anciens projets. Au mois de

1. Infessura, Diarium, dans Muratori, Reriim Ilalicarum Scriptores, t. III, 2e partie, col. 1205, — La chronique d'Infessura est empreinte d'une partialité évidente, souvent même il dénature les faits. Il faut lire la savante note où L. Pastor résume les diverses opinions émises sur ce chroniqueur jusqu'à ce jour (Pastor, Geschichle der Pœpste,X. II, p. 595, n. 3; trad. fr., t. IV, p. 391, note 5). Pour l'explication du mot « Marane », voir plus loin, page 141, note 1.

2. Ces faits ont été exposés par Delaborde, op. cit., p. 183-184.

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