‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 121 sur 187 · mars · texte numérisé non relu

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révélation irrita bien des assistants ; un d'eux surtout, le cardinal milanais Ascagne Sforza, exprima nettement sa façon de penser : la guerre était juste, dit-il, tant qu'on a voulu simplement réduire Ferdinand à l'obéissance ; du jom^ où il est question de déposséder un souverain légitime, elle devient impie, « et, si René de Lorraine règne un jour sur Naples, » poursuivit-il, « ce ne sera par la volonté de Dieu, mais par « les intrigues du cardinal d'Angers S). Pris à partie, Balue riposta et la querelle se poursuivit même après que les cardinaux se furent séparés. Toutefois, rien ne fut changé et notre évêque attendit plus impatiemment que jamais l'arrivée du prétendant.

Il ne devait pas venir.

Dès le commencement de juillet, les partisans de Ferdinand, effrayés sans doute par les préparatifs du duc de Lorraine, essayèrent d'entamer des négociations ^ Au premier consistoire qui eut lieu (7 juillet), le vice-chancelier, Rodrigue Borgia ^ et quelques autres cardinaux demandèrent au Pape de conclure la paix : le roi de Naples, à les en croire, était disposé aux plus grandes concessions ; il consentait à céder Aquila, l'Abruzze et à payer le tribut qu'il devait à l'Église. Balue se leva alors : Innocent VIII, d'après lui, ne pouvait traiter avec honneur, maintenant que toute la France s'était ébranlée, que de grosses dépenses et de grands préparatifs avaient été faits ; était-il d'ailleurs convenable, ajouta-t-il, que l'Église trompât le duc de Lorraine, Charles VIII, les Génois, les barons napolitains ? A quoi serviraient tous les frais du Saint Siège pour la guerre ? Un traité avec Ferdinand ne pouvait donc être que désavantageux. — Ce n'était pas l'avis de Borgia. Il s'emporte et, dans sa fureur, il déclare qu'il ne faut prêter aucune attention aux paroles d'un ivrogne tel que Balue. Celui-ci réplique plus grossièrement encore ; il traite son adversaire de Marane, attaque sa vie privée, va

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