Né en
été vaincu deux fois (1481-1482), s'était réfugié à Rhodes près du grand maître de l'Ordre, Pierre d'Aubusson, qui lui promettait des secours. Ce dernier, bien loin d'exécuter sa promesse, le considéra bientôt comme un véritable prisonnier et le fit transférer en France \ Djem passa cinq années dans la Marche Limousine, aux châteaux de Boislami, Monteil-le- Vicomte, Morterolles et Bourganeufl
C'était ce prétendant évincé qu'on voulait faire servir aux intérêts de la chrétienté. Que les Turcs deviennent menaçants, en effet, et il suffira, pensait-on, de débarquer Djem sur quelque point de l'empire ottoman pour y faire éclater aussitôt une révolution. N'avait-on pas vu d'ailleurs l'effet qu'une simple menace de ce genre avait produit sur le sultan ? Car on ne peut refuser à Pierre d'Aubusson d'avoir toujours eu en vue les intérêts de la chrétienté, et, à deux reprises différentes, lorsque Bajazet fit des préparatifs de guerre, le grand-maître le menaça de placer Djem à la tête d'une croisade, et deux fois le Grand Seigneur renonça à ses desseins. Voilà ce que sut parfaitement voir et comprendre le cardinal d'Angers, le protecteur de l'Ordre hiérosolomitaln ^ D'accord avec quelques autres, Marco Barbo et Julien de la Rovère, il persuada facilement au Souverain Pontifie qu'il serait plus facile de disposer d'un aussi puissant instrument de politique, s'il était en Italie.
Pour arriver à un tel résultat, il fallait négocier non seulement avec Charles VIII, dans le royaume duquel Djem se trouvait alors, mais encore avec Pierre d'Aubusson, qui considérait le prince comme son prisonnier. Et ce double consentement, le Pape ne devait l'obtenir qu'au prix de sérieuses concessions : outre des avantages pécuniaires, deux