‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 14 sur 187 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

Il est facile de résumer cette revue rapide à travers les siècles. Partout et toujours (nous exceptons Bourgnon de Layre), Jean Balue a été considéré comme un vulgaire ambitieux, à qui ne manquait qu'un vice, l'hypocrisie ; un ignorant, qui ne dut ses hautes fonctions qu'à la faveur, un négociateur maladroit, un traître enfin, qui conduisit Louis XI au château de Péronne. Le récit des événements est de peu d'étendue, et dérive la plupart du temps des chroniqueurs ; on a vu quelle créance on peut leur accorder.

Telles ont été nos recherches. Restait à grouper ces matériaux, et à en tirer les conséquences logiques. Nous avons essayé de ne pas donner prise aux attaques que suscite toute monographie. Sans doute, nous devrons parfois insister sur des objets de peu d'importance. Il est indifférent aujourd'hui de savoir à quelle époque un certain Jean Balue obtint tel canonicat ou telle prébende ; il importe peu de connaître les procès qu'il soutint en Parlement, ses démêlés avec ses collègues, l'argent qu'il déroba ou la liste de ses biens: ce sont là des recherches dont la nécessité s'impose à toute biographie. Mais on trouvera un intérêt à ces documents au point de vue de l'histoire générale, s'ils nous initient à la vie intime, aux mœurs des grands dignitaires de l'Église au xv® siècle, et s'ils éclairent parfois d'un jour nouveau des faits historiques de premier ordre. La personne de Louis XI, très imparfaitement connue jusqu'à ces dernières années, commence aujourd'hui, grâce à des travaux partiels, analogues à celui que nous entreprenons, à se dépouiller des légendes que la vérité historique ne parvenait pas à percer. Notre vœu est d'avoir travaillé à faire mieux connaître un des règnes de notre histoire les plus féconds en conséquences.

En terminant cette introduction, je prie mes maîtres MM. A. de Montaiglon et R. de Lasteyrie, professeurs de l'Ecole des Chartes, dont les précieux conseils ne m'ont jamais manqué, d'agréer l'expression de ma profonde reconnaissance. Je ne veux pas oublier non plus nombre de mes confrères, archivistes départementaux, et quelques autres personnes, telles que M, l'abbé Guérard, M, Charles Sellier

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