‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 150 sur 187 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

fortune, conquérir des honneurs : un homme sans esprit, tel qu'on l'a souvent représenté, aurait été bientôt oublié, surtout par Louis XI qui, on le sait, ne pardonnait guère à ses négociateurs de ne pas réussir. En réalité si la dextérité de notre cardinal fut grande^, les circonstances furent les plus fortes : il était bien difficile à un ambassadeur d'obtenir des résultats durables avec François II, lorsque ce duc changeait si souvent d'opinion, bien difficile aussi de dicter des conditions à Charles le Téméraire, qui se sentait assez fort pour lutter contre son Souverain ; presqu'impossible, également, de décider Innocent VIII à sacrifier le roi de Naples, quand tous les membres du Sacré-Collège le soutenaient.

La vie du cardinal d'Angers n'a donc été qu'une longue suite d'intrigues, uniquement inspirées par son intérêt personnel. Actif et intelligent, habile à conquérir la faveur par sa finesse et son esprit, il oublia trop souvent que sa place d'évêque était à Évreux et à Angers, et non auprès de Louis XI, à une revue de troupes armées ou à une ambassade; mais on doit reconnaître que son ambition s'accorda parfois avec les intérêts de sa patrie et qu'il fut un des agents de Charles VIII qui contribuèrent le plus par leur influence aux campagnes d'Italie.

On l'a à bon droit méprisé, — il faut aussi justement l'apprécier.

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