‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 152 sur 187 · II. — 1469 20 AVRIL · texte numérisé non relu

II. — 1469 20 AVRIL

que on cuydoit et esperoit faire de l'autre, car, veu les conducteurs des matières on s'actendoit d'avoir et faire tout ce que Ton vouldroit et n'y pensoit-on point faillir.

L'autre ne s'est pas voulu fier et n'a voulu prendre pié ne fermeté, par quoy la chose est tournée en dissimulation, et semble a ceulx qui conduysent les matières, que a la longue ilz gaigneront l'autre, et lui mectent au devant plusieurs choses a ceste fin.

Voz gens sont de tout bien advertiz pour ce que l'on n'a pas fait ce que on vouloit de prime face ; l'on donne à entendre que vous voulez faire tout ce que l'on veult et fait l'en toutes choses possibles pour mectre l'autre en deffiance de vous. Et a ceste cause l'on envoyé devers vous celuy que scavez et vous donnera l'en a entendre que on veult tout ce que volez et rien aultre. Mais on donne aultrement a entendre ailleurs et fait l'en tout le contraire. Si semble qu'il est besoing que vous envoyez toutes bonnes parolles et seures a l'autre, et ne plaignes rien a le faire venir en voz mains le plus brief que vous pourrez, car cela fait, vous aurez tout à vostre plaisir sans quelconque faulte.

Quant celuy que on envoyé sera devers vous, semble que luy devez faire bon recueil et bonne chiere, et oïr ce qu'il vous dira, qui sera entr'autres choses que l'autre a voulu mener trafiques et presser d'avoir l'autre party, et que a ce faire voz gens estoient ja gaignez, mais on n'y a voulu entendre. Mais avons délibéré de vous advertir de tout, et comment on a mandé aux gens qui avoient ceste charge qu'ilz baillassent les lectres du partaige es mains de voz gens, et qu'il s'en retournent incontinent et fait l'en cecy pour l'enortacion de Oudet, auquel il semble que par ce moyen il gaignera l'autre et le fera ranger.

Et aussi l'on tend tousjours a tenir gens prcs de vous pour donner bruyt que vous estes tout a nous, et leur faire escripre lectres pour monstrer et envoyer à l'autre pour le mectre en deffiance de vous et a l'encontre, oultre tout ce que on a peu a ceste fin. Parquoy semble que vous devez dire a celluy qui va devers vous que vous desirez que ce partaige sortisse effect en brief, affin que l'on soit de deçà et vous de vostre part en seureté, et que l'autre ne vous puisse nuyre, et que vous

Page 1