II. — 1469, 20 AVRIL
puissiez deinourer en la bonne amour et intencion que avez a nous et que nous avons a vous, et que riens autre chose ne vous meut.
Et soubz ceste couleur, renvoyez en incontinant cestuy-cy, et ne le tenez plus de deux jours, mais luy dires que après le partaige, il retourne devers vous pour nous conduyre en Bourgoigne, et qu'il vous tarde beaucoup que vous y soyez pour nous veoir, qui est une chose que vous desirez fort. Et pour ce advcrtirés que, pour Dieu, on abreige. Car si vous faisiez aultrement et monstriez quelque mal contentement, vous esloingnerés la matière et pourroit venir inconvénient. Et se vous le faictes ainsi et que vous recouvriez cest homme \ vous ne devez faire doubte que tout ira très bien, et ferez tout ce que vous vouldrez, et aurez tout en vostre main et en bonne seureté.
Et aussi, si vouloit demourer vers vous et vous contenter d'escripre par deçà, n'en soyez content, mais les renvoyez bien en bouche de vostre bon vouloir et luy priez, quant la chose aura sorty effect, qu'il retourne devers vous, comme dit est.
Les deux hommes de la Rivière sont gaignez pour vous ; Mons. de Foix et Armignac, vostre frère et cousin, est fort irrité et le gaignerez sans faillir. Celluy qui est près de vous n'est pas bien deçà, et, veu les termes que on luy a tenuz, semble que vous le gaigneriez legierement. Semble que par mer vous povez envoyer quérir l'autre, car pour ceste heure ne d'icy a deux moys n'y aura nul dangier de nostre part. Mais fault diligence, et en ce temps là n'y sera pas seur. Aussi si vostre voisin vouloit, il feroit le passaige par terre seurement ; vous pourrez avoir advis a l'un ou a l'autre et le ferez exécuter diligemment.
Il seroit bien expédient que, tant que ces matières se traicteront et les gens de nostre part iront et viendront devers vous, que vous envoyssiez en commission dehors troys personnes que ce messaige vous nommera car ce sont ceulx de qui on a principale espérance de scavoir de vostre intencion.
1. Ce membre de phrase manque dans l'édition que dom Plancher a donné de cette pièce ; il est remplacé par des points {Histoire de Bourgogne, t. IV, p. ccLvni, col. 2 et ceux, col. 1).
H. FoRGEOT. Jean Balue. 12
178 III. - n69, 22 AVRIL.
Tousjours serez adverty deee qu'il surviendra, dont besoing sera vous advertir. Mais tenez ceste menée secrète, et monstrez tout bon visaigc et toutes bonnes manières, car la chose s'en conduyra mieulx. Et ce pendant ne soyez paraisseux de vous fortiffier et de toutes pars, car on ne dort pas par deçà.
L'omme du conte de Warvich est ici arrivé.
[Bihl. Nat., fs. lai. 5414 a, fol. 168 et suiv., pap. xv^ s.]
1469, 22 avril. — Interrogatoire de Simon Bellée, serviteur de Guillaume de Harancourt.
Samedi xxii® jour d'avril après Pasques mil cccclxix, Simon Bellée interrogué et examiné comme il appartient par nous, etc.
Dit et afferma qu'il est serviteur et domestique de Mons. de Verdun, a demouré avec lui l'espace de un ans ou environ et l'a servy comme clerc de sa despence et d'icelle en la conduitte, et est natif de Saint-Cosme-du-Mont, près Carenten.
Dit que merquedi, xix^ jour dudit mois d'avril, environ quatre heures après midi, ledit s. de Verdun le fist venir en sa chambre ou il dort, en son logis qu'il a en la ville de Tours; lui dit qu'il avoit bonne confidence en lui, et qu'il falloit qu'il allast a Hesdin, et que pourtant il mist a point ses housseaux et son cheval; et, sans autre chose dire, se partit ledit Simon de lui.
Dit que le jeudi ensuivant, ledit s. de Verdun s'en alla Tapres disner en l'ostel du cardinal d'Angiers, et commanda audit Simon qu'il s'y rendist pareillement, — ce qu'il fist, — et, après que longuement y eut esté, vint ung des serviteurs dudit cardinal, qu'il ne cognoist, et lui dist que sondit maistre de Verdun lui mandoit qu'il s'en allast a l'ostel, — ce qu'il fist, — et demoura ledit s. de Verdun souper avec ledit cardinal.
Dit que, après soupper, il alla, avec autres serviteurs, quérir sondit maistre et le amena en son logis environ de