Maupoint, Journal, édité par Fagniez, p
2. P>izon, Gallia piirpurala; H. Albi, op. cit., t. I, p. 147.
3. Bourgnon de Layre, Le Cardinal la Balue, p. 14; biographies manuscrites : Bibl. Nat. 500 Colb., vol. 162, fol. 236, et Coll. Le Grand, fs. fr. 6976, fol. 107.
4. Biographies mss. : Bibl. d'Angers, mss. 577, 624, 633; Pétrineau, British Muséum, ms. 21232; C. Port, lac. cit.; Stein, loc. cit.
5. Frizon et Albi, loc. cit. Cette opinion est probablement erronée, et vient, selon toute vraisemblance, des rapports qu'eut Balue avec l'évêque de Verdun Guillaume de Harancourt. Il est assez curieux d'en retrouver l'origine probable dans un Mémoire particulier touchant Charles VIII, dont l'auteur s'exprinrie ainsi : « La commune « créance est qu'il estoit fils d'un musnier de Verdun. Mais, depuis « peu, quelques-uns, alliez de la maison noble de la Ballue, l'en ont « voulu faire descendre ». (Bibl. Nat. fs. fr. 15538, fol. 43 r"), imprimé dansCimber et Danjou, Archives curieuses de la France, t. I, p. 343. Le Gallia a reproduit cette assertion, t. XI, col. 605.
6. Bourgnon de Layre, Griffet, C. Port et Stein, loc. cit.; Biogr. mss. de la Bibl. Angers : mss. 577, 624, 633.
7. Bibl. Nat. Cab. Titres, Dossiers bleus: balue. Un autre ms. de la Bibl. Nat. (fs. fr. 15733, fol. 157) porte la mention suivante : « Thomassin « Balue, châtelain d'Angle sous Guillaume Gombarel, évèque de Poi- « tiers, épousa Jacquette, que quelques-uns disent née de la maison « de Rochechouart, est nommé à une transaction du 3 avril 1452. Il « est confondu avec Charles de la Balue, bourgeois de Paris en 1460. »
8. Gaguin s'exprime ainsi dans son Compendium super Francorum
4 CIIAPITRK PREMIER.
La jeunesse de Baliie passée auprès d'un évoque de Poitiers, et la persistance d'une tradition, qui montre aujourd'hui encore, à Angle \ la maison où il aurait vu le jour, nous font pencher vers cette opinion.
Qu'il descendît d'un bourgeois ou d'un petit seigneur, la question est de mince importance ; le seul intérêt qu'elle présente en réalité, c'est de prouver dans les deux cas, une fois de plus, que Louis XI ne cherchait pas ses serviteurs parmi les descendants de la haute noblesse.
Nous ne possédons que très peu de documents sur la jeunesse de Jean Balue ; aussi nous bornerons-nous à retracer à grands traits sa vie, jusqu'au moment où la faveur royale fit de lui un personnage historique.
Il acquit, peut-être à l'Université d'Angers, le titre de « licentié ez loiz » (1457 au plus tard)^ et embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique. Attaché à la personne de Jacques Juvénal des Ursins^ évêque de Poitiers, patriarche d'Antioche, il devint bientôt son familier. Peut-être notre clerc avait-il déjà le talent de conquérir les boDues grâces de ceux qu'il servait. Il sut bientôt éloigner les anciens serviteurs et se faire préférer aux amis et aux parents même du prélat.
Confident de ses plus intimes secrets, il s'occupait, dit-on, aussi bien de ses affaires privées que de celles de l'évêché, et lorsque Juvénal des Ursins mourut, il le nomma son exécu-
gestis, fol. 267: « apud Pictavos humili loco natus », et Maupoint, Journal, édité par Fagniez (Soc. H. de Paru), p. 112, affirme qu'il était « natif du paiz de Poitou... estraict de povre maison ». Citons enfin deux autres témoignages contemporains; Basin, Histoire de Louis XI, t. II, p. 212: « Detruso autem cardinale qui née generis nobilitate ... pres- « tantia, honores conquisierat » ; Guillaume Cousinot, ambassadeur près du S. Siège, affirme qu'il ne descendait pas d'une longue suite d'aïeux nobles: « ex ignobili prosopia ortus ». (Bibl. Nat. fs. lat. ms. 5414 A, fol. 128). Remarquons toutefois qu'aucun contemporain ne le dit fils d'un tailleur ou d"un meunier.
1. L'Angle-Luçon, canton de Chantonnay, arr. delà Roche-sur-Yon, dép. de la Vendée. Nous devons ce dernier renseignement à M. C. Ballu, conservateur des hypothèques à Vannes.'
2. Célestin Port dit, /oc.cî7., que ce titre se rencontre pour la première fois dans un acte de 1463 ; nous l'avons trouvé plusieurs années auparavant entre le 15 et le 19 décembre 1457, dans les registres du Parlement : « Entre Maistre Jehan Balue, licentié en loiz, demandeur » (Arch. Nat., X** 1484, fol. 32 v«).
3. Voir sur ce personnage le P. Anselme, Histoire généalogique de la maison de France, t. VI. p. 404-406.
teur testamentaire (1457). Quand, douze ans plus tard, Balue fut arrêté, on déclara qu'il avait manqué à la charge de confiance dont le (( patriarche )> l'avait investi ; il aurait détourné à son profit une grosse partie de la succession, destinée aux pauvres \
Le jeune clerc, après avoir perdu son premier protecteur, entra au service de Jean de Beauvau, évêque d'Angers^. Nous le voyons, vers cette époque, soutenir en Parlement un long procès contre un certain Antoine Piédieu, « licentié es loiz ))^ un autre contre « Jehan Joulain )> au sujet du doyenné de Caudebec\ et un troisième contre « Mathurin
1. Guillaume Cousinot dit, dans un discours déjà cité (Bibl. Nat. fs. lat. 5414 A, fol. 128) : « Sua astucia ad hoc venit-ut antiquiores extraneando et elongando servitores.,.. familiarius prêter omnes alios parentes et domesticos [factus est] atque devenit instantem ut, laborantc dicto patriarcha, predicto Balue, tanquam viro fiduciori, execucionem testamenti commisit » ; « pleraque, ecclesiis pauperibusque legata, in se derivavit », ajoute son collègue Jacques de Pavie, qui entendit cette ha.rsingue(Epîstolae et Commentarii, fol. 305 r».). Thomas Basin, Robert Gaguin, Commines et la Chronique Scandaleuse ne portent pas cette accusation, un peu sujette à caution, à cause de sa source même.
2. Jean de Beauvau, élu évêque d'Angers à la sollicitation de Charles VU, excommunié le 13 mars 1465, par l'archevêque de Tours, puis déposé par le Pape ; rétabli pendant la détention de Balue. mourut le 23 avril 1479 (Ga//m, t. XIV, col. 580-581). Citons également sur ce prélat, Le Brasseur, Histoire civile et ecclésiastique du comté d'Evreux, p. 300. — On conserve à la Bibl. Nat., fs. fr. 612, une traduction du Livre de Ici figure et de V image du monde sur vélin, avec figures coloriées ; elle est l'œuvre de Jehan de Beauveau, evesque d'Angiers.
3. Ce procès se poursuit depuis décembre 1457 jusqu'en mars 1461 (Arch. Nat.X'al484, fol. 32vo, 40r«, 109 voett24vo). Enfin, voici l'arrêt rendu le jeudi 17 mars 1461 : « Entre maistre Jehan Balue, demandeur, « d'une part, et maistre Anthoine Piédieu, défendeur, d'autre part, « appoinctié est que ledict défendeur baillera ses salvacions dedans le « premier jour de juin prochain venant. Fait en Parlement du consen- « tement dudit Balue présent en sa personne et de maistre Waste « Xainxon, procureur dudit Piédieu, le xyu^ jour de mars ». (Arch. Nat. X^^ 4807, fol. 85 ro).
4. 16 mai 1460. « Entre maistre Jehan Balue demandeur et requête rant l'entérinement de certaine requeste par lui baillée à la court de « céans, afin que ladite court le receust a produire certain tiltre que il « dit avoir touchant le doyenné de Caudebec, dont procès pend en « ladite court, à l'encontre de maistre Jehan Joulain, d'une part, et ledit « Joulain défendeur à la dite requeste d'autre,
« Il sera dit que la court reçoit ledit Balue à produire ledit tiltre M dontmencion est faicte en ladite requeste, lequel avec tout ce que bon a lui semblera mectra par devans icelle court... et semblablement
« pourra produire ledit Joulain tout ce que bon lui semblera et ce
« fait et joinct audit procès d'entre lesdites parties, la dite court leur « fera droit ainsi qu'il appartiendra par raison, sans despens de cette « instance. » (Arch. Nat. X*» 1484, fol. 173 v^).
6 CHAPITRE PREMIf:R.
(( Gaillard, appelant des gens tenans les requestes du palais », et dont la cause est aussi la possession d'un bénéfice \ Ces documents prouvent que Balue avait déjà ou prétendait avoir des droits sur quelques prébendes.
Grâce sans doute à ce talent de plaire que lui attribuent ses contemporains, il s'était bientôt attiré les faveurs de Beauvau. En 1461, celui-ci, ainsi que nous l'apprennent les registres du chapitre d'Angers, lui donna le doyenné de Condé"^; peu après, il l'associait au gouvernement du diocèse, en lui délivrant des lettres de grand vicaire, et le 15 septembre suivant, il le pourvut en l'église cathédrale du canonicat de Saint-Mathurin, vacant par la mort de Jean Mouchet. Deux compétiteurs le lui disputèrent, tous deux nommés à cette charge par un acte "arbitraire de l'archevêque de Tours.
Balue, appuyé par son maître, interjeta appel comme d'abus ; les chanoines lui payèrent les frais de son voyage et il vint soutenir ses droits en Parlement. Il lui fut fait justice et le Saint-Siège annula les censures et l'excommunication fulminées par l'archevêque ; mais plus tard le nouveau titulaire qui, dès le 15 octobre, avait pris possession par procureur, échangeait ce bénéfice avec Jean de la Vignolle contre deux prébendes, l'une en l'église de Laon et l'autre en celle de Saint-Jean-Baptiste d'Angers ^
Lorsque l'évêque d'Angers partit pour Rome\ en qualité d'ambassadeur du roi, son grand vicaire l'accompagna (1462). Le spectacle qui s'offrit à ses yeux dut le frapper sans doute : un prêtre, un évêque, à peu près de son âge, était, à force d'intrigues, nommé cardinal parce qu'il apportait au pape Pie II l'acte de révocation de la Pragmatique. La vue d'une
1. « Lundi 5 janvier 1460 [a. s.]. Entre maistre Mathurin Gaillard « appelant des gens tenans les requestes du palais, d'une part, et « maistre Jehan Balue, soy disant avoir le droit de maistre Geuffroy « Balue, intimé, d'autre part — Artaalt pour l'appelant ditque en mons- « trant le tiltre et possession dudit maistre Jehan Balue, il a consenti « et consent qu'il soit surrogué ou procès, et en oultre la court ren- « voye les parties par devant les commissaires aultre foys commis à « ouyr lesdites parties. » (Arch. Nat. X^» 4807, fol. 36 r"j.