CHAPITRE PREMIER
(( dont la collation et provision nous [Louis XI] appartient, « toutefois que vacation y escheera... et en bailler lettres (( valables de collation*, )) et lui donne bientôt le titre de secrétaire.
Un historien des plus consciencieux^ a montré récemment l'importance, sous ce règne, de la corporation des notaires et secrétaires royaux. C'était en effet le premier pas de la carrière politique, et Louis XI recruta parmi eux nombre de ses agents les plus actifs, de ses conseillers les plus intelligents, tels qu'Olivier le Roux^ Jean de Reilhac\ Guillaume de Cerisay% Jean Bourré^ pour ne citer que les plus connus, et enfin, lepersonnage dont nous nous occupons ici, Jean Balue.
Ce dernier devint peu après conseiller du prince, qui lui conféra une charge de maître clerc à la Chambre des Comptes \ élevée depuis peu au rang de cour souveraine ^ Elle avait pour fonctions, ainsi que chacun sait, déjuger, clore et apurer les comptes : les huit conseillers maîtres, dont quatre étaient (( laiz » et les autres « clercs » étaient chargés de prononcer les jugements ^ Balue, qui remplissait ce dernier emploi, fort estimé à cette époque, fut délégué par Louis XI, pour rechercher, de concert avec Guillaume Taureau, « secrétaire « en la Chambre des Comptes m, les erreurs qui s'étaient glissées dans les comptes. Leur examen aboutit à la constatation d'une différence considérable entre l'ordonnance et la dépense, au préjudice du monarque. Celui-ci, en louant le
1. Du Boulay, Ilist. de. V Université de Paris, t. V,p. 673, mentionne ce fait. Ce document se trouve dans la Coll. Dupuy, à la Bibl. Nat., vol. 498, fol. 27.
2. Bricard, Un serviteur et compère de Louis XI, Jean Bourré, p. 32-