‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 27 sur 187 · Cf. Baron de Reilhac, Jean de ReiJhac · texte numérisé non relu

Cf. Baron de Reilhac, Jean de ReiJhac

5. Guillaume de Cerisay fut greffier civil au Parlement et trésorier de France ; nous le verrons plus loin au sujet des biens de Balue, après son arrestation. Voir Vaesen, op. cit.. t. IV, p. 222.

6. Jean Bourré (1424-1506), secrétaire du Dauphin, puis du roi, greffier du grand conseil, conseillerdu roi, maître des comptes, chargé de plusieurs missions par Louis XI, se fit toujours remarquer par sa fidélité. Voir Bricard, op. cit.

7. « Compotorum regiorum clericus camere consiliarius affectus est. » (Bibl. Nat., fs. lat. 5414 a, fol. 128 v^).

8. Lettres patentes du 4 février 1464, n. s. {Ordonnances^ t. XVI, p. 297).

9. Chéruel. Dict. hist. des Institutions, au mot Cour des Comptes.

zèle de ses deux mandataires, chargea Taureau de recueillir en son nom les sommes détournées \ et Balue de percevoir les amendes auxquelles furent condamnés les dépositaires infidèles, avec pouvoir à tous les deux de contrainte par corps ^

(( Louis XI », a-t-on dit fort justement, « ne croyait pas aux « hommes et ne leur connaissait qu'un mobile, l'intérêt : c'est « par l'appât du gain et en les gorgeant de libéralités qu'il « prétendait leur inspirer un dévouement absolu, une obéis- (( sance sans limites »; aussi accordait-il bientôt une nouvelle marque de bienveillance à son aumônier. Le 26 décembre 1464, Balue devenait conseiller clerc au Parlement ^ Suivant l'usage, il prêta à cette occasion le serment solennel de fidélité, comme ill'avait déjà fait quelques mois plus tôt, lorsqu'il avait été nommé maître des comptes*.

Tels étaient les titres qu'il devait à la munificence de son souverain, dès la fin de 1464; il avait déjà conquis la faveur royale, et, grâce à elle, il allait, en quelques années, obtenir les plus hautes dignités ecclésiastiques et devenir un des hommes politiques les plus en vue.

Aussi, à partir de cette époque, les documents se multiplient-ils, et vont-ils nous permettre d'entrer dorénavant dans de plus grands détails.

1. Bibl. Nat., fs. fr. Collection Bourré, ms. 20492,^p. 57-58: Lettres patentes de Louis XI, analysées par Vaesen, Bibl. Ecole des Chartes, 1882, t. 43, p. 433. — L'éditeur des lettres de Louis XI date ces lettres de 1464, en s'appuyant sur ce fait que Balue y est qualifié simplement de trésorier de l'église d'Angers.

2. « Loys, etc.. A noz amez et feaulx Conseillers les generaulx « maistres de noz monnoyes... Il est venu a nostrecognoissance que... « plusieurs des dits maistres ont delinqué... ; contraignez les ou leurs « plaiges à rendre leurs comptes et afîner et voir tauxer les amendes « et a paier le reliqua en quoi ilz nous pourront estre tesnuz, à nostre « amé et féal conseiller et aumosnier, maistre Jehan Balue, auquel, « par certaines causes à ce nous mouvans, avons chargié recevoir « iceulx demers...Donné k [en blanc], le ]o\iv de [en blanc],Vain de grâce « mil cccc soixante-quatre et de nostre règne le quart. » (Bibl. Nat. Coll. Le Grand, fs. fr. 6963, pièce 55). — Cette date, 1464, confirme l'hypothèse émise par Vaesen, loc. cit., et que nous avons rapportée à la note précédente.

3. C. Port. Dict. hist. de Maine-et-Loire, au mot Balue; la plupart des chroniqueurs rapportent ce fait.

4. « Quitus in omciis, et in quolibet ipsorum, soUemne prestitit « fidelitatis juramentum, prout in talibus solitum est, prêter subjec- « tionem et fidelitatem naturales quibus, tanquam regnicola, regio « diademati et corone afficiebatur )>. (Bibl. Nat. ms. fr. 5414 a, p. 129).

JEAN BALUE DIGNITAIRE DE l'ÉgLISE. — SON ROLE DANS LES AFFAIRES RELIGIEUSES.

Abus des commendes au xv" siècle. — Les abbayes el les prieurés de Balue.

— Son élection à l'évêché d'Kvrcux (o fév. 1465) et son sacre à Notre- Dame de Taris (4 août). — Jugement de l'opinion publique sur cette nomination. — Confirmation par le nouveau prélat des anciens privilèges de l'église d'Evreux. — Il fait réparer sa cathédi-ale, Notre-Dame d'Kvreux.

— Démêlés de Jean de Beauvau, évê({ue d'Angers, avec son chapitre ; sa déposition. — Ralue est nommé évoque d'Angers (5 juin 1467). — Il obtient du roi Louis XI une nouvelle révocation de la Pragmatique -Sanction. — Balue cardinal-prêtre au titre de Sainte Suzanne (18 septembre J467). — Il est chargé par le Pape de lever en France une dime contre le Turc (li67-1469). — Compte donné par le cardinal ; il est accusé sans preuve de malversations.

Pendant la seconde moitié du xv' siècle, l'usage de donner les abbayes et même les évêchés en commende se multiplia. Cette façon de procéder, on le sait, fît naître de nombreux abus. Les abbés ou les évêques commendataires, ne résidant pas, ne pouvaient point administrer eux-mêmes leurs bénéfices ; ils nommaient quelqu'un pour les remplacer et ne s'occupaient nullement de la façon dont ce mandataire s'acquittait de ses fonctions. La plupart du temps, à cette époque, les titulaires se désintéressaient complètement de leurs bénéfices, ou pour mieux dire, ils les considéraient simplement comme une source de riches revenus. Les inconvénients étaient moins grands quand il s'agissait de petits prieurés ; l'abbé ou le moine, qui en était chargé, n'éprouvait ordinairement aucune difficulté à remplir sa tâche. Mais avait-on affaire à d'importantes abbayes, ou à des évêchés, on comprend aisément les difficultés qu'avait à se faire obéir celui à qui manquaient le titre et l'autorité nécessaires. La permission du cumul aggravait encore le mal : la dispense de résider devenait dès lors une nécessité.

Loin d'être une exception, cet état de choses était devenu la règle dont profitaient quelques privilégiés à l'époque qui nous occupe : Balue fut de ce nombre et devint abbé commendataire de Fécamp^ (1464), de Saint-Thierri de Reims" (1464) et de Saint-Jean-d'Angély^ (1465); il acquit, de plus, les prieurés de Saint-Éloi de Paris* et de Saint-Jean-des-Sables^ (1465). Comme la plupart de ses collègues, il se contenta de percevoir chaque année l'argent que lui rapportaient ces bénéfices, et laissa à d'autres le soin de leur administration spirituelle et temporelle ^

Pour devenir grand dignitaire de l'Église, il lui manquait encore les titres d'évêque et de cardinal; deux années suffirent à cette élévation, et l'aumônier du roi fut bientôt évoque d'Évreux et d'Angers, cardinal-prêtre du titre de* Sainte- Suzanne \

Quand le siège épiscopal d'Évreux fut vacant par la mort de Guillaume de Floques, au mois de décembre 1464, Louis XI, usant du droit de régale, disposa du temporel de l'évêché en faveur de Jean Balue (18 décembre) ^

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