Documents inédits, t. III, p
(( le roj de Sicile^ ». C'était la première fois, paraît-il, qu'un prélat avait le pas sur un prince, et cette préséance dut exciter bien des jalousies dans les rangs de la noblesse, contre ce parvenu, fils tout au plus d'un petit seigneur. Amenaient ensuite une foule de grands ecclésiastiques ou laïques : le duc de Bourbon, le comte du Perche, le patriarche de Jérusalem^ enfin les députés des bonnes villes au nombre de cent quatrevingt-douze. Louis XI expliqua la situation en quelques mots clairs et précis ; Balue parla à son tour, puis le roi de Sicile et le chancelier \
Le roi obtint tout ce qu'il voulait des États; ceux-ci durèrent neuf jours, présidés, tantôt par notre cardinal, tant(3t par René d'Anjou. Les députés, après avoir délégué Balue et le duc de Bourbon pour remercier Louis, firent entendre leurs doléances et nommèrent des commissaires chargés de remédier à ces abus et parmi eux figurait encore notre évêque '\ Le peuple, pas plus que le roi, ne voulait la guerre; il désirait le repos'.
Louis XI trouva dans la convocation des Etats une force dont les rois négligèrent trop souvent de se servir. Les députés des villes, flattés de se voir consultés au sujet des plus grands intérêts du royaume, marquèrent leur satisfaction en approuvant tous les projets du roi. Ne pas aliéner la Normandie, donner à Charles de Valois soixante mille livres de rentes, réduire à l'obéissance le Bourguignon et le Breton, empêcher enfin toute intervention anglaise : telles furent leurs décisions, tel était aussi le secret désir de Louis. Entouré d'ennemis, trahi de tous les côtés à la fois, le souverain trouvait un premier allié dans une puissance qui ne comptait guère alors, il est vrai ; mais cet assentiment du peuple avait un résultat bien plus considérable et que les historiens ont à peine indiqué jusqu'à ce jour^: il enlevait tout prétexte à la ligue des seigneurs. En 1465, les grands s'étaient présentés