‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 52 sur 187 · Picot, Historiée des Etats généraux, t. I, p · texte numérisé non relu

Picot, Historiée des Etats généraux, t. I, p

6. J. Poster Kirk est le seul qui laisse « pressentir » cette idée, op. cit., t. Il, liv. II, ch. 3, p. 208-210.

ROLE DE BALUE DANS LES AFFAIRES POLITIQUES (1 465-1 i69). 4o

comme les défenseurs du « bien public » ; de là ces nombreuses défections qui avaient obligé le roi à signer les traités de Saint-Maur et de Conflans. Louis retournait maintenant contre ses adversaires le coup que ceux-ci lui destinaient ; il voulait que « le povre peuple du royaume « peust vivre et demeurer en repos et tranquillité^ » et quiconque se déclara l'ennemi du roi fut dès lors l'ennemi du bien public.

Fort de l'appui que lui donnèrent les États, le roi s'efforça, suivant sa politique habituelle, de diviser ses ennemis ^ : préparer la guerre pour battre le duc de Bretagne, conclure une série de trêves avec le duc de Bourgogne, en attendant « bonne et finalle paix » et empêcher toute intervention anglaise : voilà le plan habile et sage, qu'une maladresse et une imprudence devaient faire échouer à Péronne.

Saint-Pol et quelques autres se rendirent à Cambrai '\ pour notifier au duc de Bourgogne les décisions des États et lui demander de traiter avec Louis : Charles s'emporta et refusa. Les violentes paroles du duc et son opposition à conclure la paix servirent beaucoup à Louis ; en faisant copier les dépêches de ses ambassadeurs et en les 'répandant dans le royaume, il fit connaître à tous que le Téméraire se déclarait ouvertement l'ennemi des intérêts du peuple, puisqu'il voulait la guerre. Saint-Pol désespérait de rien obtenir; il ne se croyait pas à la hauteur de sa mission et écrivait à Louis « pour lui (( démontrer que le cardinal d'Angiers eust este fort utile à « Cambray, parce que les autres y envoioient de leur part « beaucoup de gens habiles et de distinction ^ ».

Toutefois, quand il partit, le duc avait accordé une prolongation de trêves pour lui et ses alliés jusqu'au P'" juillet', et chacun profita de la paix pour fortifier, étendre ses alliances et se préparer plus activement à la lutte.

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