‹ Jean Balue, cardinal d'Angers (1421?-1491)Chapitre 58 sur 187 · Commines, t. I, p · texte numérisé non relu

Commines, t. I, p

H. FoRGEOT. Jean Balue, 4

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à craindre, le duc de Bourgogne, et l'armée de ce dernier n'était pas tout entière sous les armes.

Qu'allait faire Louis XI ? Sans doute il allait porter un grand coup, profiter de sa supériorité pour battre son dernier adversaire et Tobliger à reconnaître sa suprême autorité. Voilà ce qu'on pensait à la cour ; l'opinion publique était de même avis, et Chabannes n'attendait qu'un ordre pour faire marcher l'armée de Picardie. Il en arriva tout autrement. Le bruit courut bientôt que le roi négociait : la stupéfaction fut générale. D'abord on n'y voulut pas croire, et plus tard on s'en alarma.

Les causes de cette politique, si étrange qu'elle puisse paraître, ont été maintes fois exposées'. Il nous suffira de les résumer ici en quelques lignes.

Une guerre avec la Bourgogne devait être longue et périlleuse ; le Téméraire était arrivé au camp de Péronne depuis la fin d'août et, si toutes ses troupes n'étaient pas encore réunies, le moment ne pouvait tarder où le maréchal de Bourgogne devait le rejoindre". L'incertitude du résultat et la durée de la lutte arrêtèrent Louis XI. « La guerre entre deux « grands princes, » nous dit Commines, « est bien aysée à « commencer, mais très malaysée à appaiser^ )> En outre, le roi, au moindre échec, n'aurait-il pas à craindre de nombreuses défections ? Le duc de Bretagne ne reprendrait-il pas les armes? D'autres seigneurs ne se joindraient-ils pas à lui? Louis XI ne crut donc pas devoir agir, « pour doubte des (( désobéissances qui pourroient advenir en son royaume », Du reste, la flotte de LordScales était toujours à Portsmouth, et le roi n'avait plus d'autre instrument que Marguerite d'Anjou pour exciter de nouveaux troubles en Angleterre. Enfin, et par-dessus tout, « le plus grand ennemi que la France eût à (( craindre, en ce moment, dit Poster Kirk, ce n'était pas « le duc de Bourgogne, ni le roi d'Angleterre, c'était la guerre

1. Voir en particulier Poster Kirk, Legeay, Le Grand et Michelet, passim.

2. Une lettre de La Loère 26 août [1468] (BibL Nat., Coll. Le Grand, fs. fr. 6975) nous fournit ces renseignennents : « Monsieur de Bourgongne. . . attend le maréchal de Bourgongne, car, on dit qu'il ne marchera point jusqu'à ce qu'il soit venu. »

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