Michelet, t. VIII, p
3. C'est ce qu'on pourrait conclure de la lettre de La Loère. Michelet soutient au contraire que le connétable était ennemi de l'entrevue ; la preuve qu'il en donne n'est pas admissible, car il s'appuie sur la lettre du receveur qu'il dit être de Saint Pol.
4. iJans cette première catégorie, nous trouvons : 1° des chroniqueurs ; 2° des historiens ; 3° des romanciers, poètes, etc.. et ceux-ci s'inspirent des premiers.
Chroniqueurs: Th. Basin, t. II, p. 212; Rob. Gaguin, fol. 247 r° ; Jacques de Pavie, fol. 306 r«; Guillaume Leseur, Chroii. de Gaston IV, comte de Foix (Bibl. Nat., fs. fr. 4992, fol. 147 v ; ce passage n'a pas encore été publié dans l'édition de M. H. Courteault); Chronique Scandaleuse, t. 1, p. 227 ; Relation anonyme du traité de Péronne et de ses préliminaires (Bibl. Nat., fs. fr. 4502, fol. 17 v).
Historiens: Bourgnon de Layre, op. cit., p. 32 ; H. de Ghabannes, Histoire de la maison de Chabannes, t. II, p. 126-127; Dareste, Histoire de France, t. 111, p. 242 ; Duclos, Histoire de Louis XI, t. I, p. 378; Fierville, Le cardinal Jean Jouffroy et son temps, p. 191; le P. Griffet (dans son édit. de 17//^-^. de France du P. Daniel), t. VU, p. 675 et suiv. ; Legeay, Histoire de Louis XI, i. I, p. 534; Le Grand, Histoire de Louis jr/(Bibl. Nat. fs. fr. 6961, fol. 369; baron de Reilhac, Jean de Reilhac, t. I, p. 258; Sismondi, Histoire des Français, t. XIV, p. 287; Tristan l'Hennite de Soliers, Cabinet du roi Louis XI, p. 20-25.
Littérateurs : W. Scott, Quentin Durward, pp. 321, 363, 368; Gaudefroy. Le château de Péronne, acte l^f, scène IV.
Ajoutons la série entière des courtes monographies de Jean Balue : ms. fr. 21232 du British Muséum; Portef. Godefroy 120 à la Bibl. de
52 * ciiapttuf: llî.
ont nettement désigné le cardinal Balue, gagné par l'argent du Téméraire ou ses promesses. D'autres affirment que notre cardinal, acheté par le duc de Bourgogne, aurait simplement décidé son maître à une entrevue déjà projetée par celui-ci *; tous, en un mot, sont d'accordpour affirmer que Balue fut toujours au moins le chaud partisan d'une entrevue. Remarquons en passant le silence de Commines' et d'Olivier de la Marche '\ La suite des événements va nous apprendre que, malgré les assertions nombreuses dont nous venons de parler, Balue fut longtemps l'adversaire de cette idée, et s'efforça, autant qu'il put, d'en détourner le roi.
Le 2G août, avons -nous dit plus haut, le roi avait résolu d'avoir, à Bohain, une conférence avec le duc, et d'y conclure une bonne paix. Tous les fidèles serviteurs de Louis s'en émurent. Quelle imprudence! C'était une preuve de lâcheté et de couardise que d'avoir une i^rmée prête, supérieure en nombre à celle de l'adversaire, commandée par des chefs habiles et fidèles, et d'ouvrir des négociations! Il fallait ne pas réfléchir un instant pour vouloir se livrer aux mains de son plus mortel ennemi. Un roi poltron, lâche et maladroit, voilà
l'Institut; Bibl. Nat., fs. fr. 6976; Bibl. Nat., fs. fr. 15735; Arch. Nat., U 786 ; Bibl. Nat., V*= Colbert, vol. 162, fol. 236 et suiv. : Bibl. d'Angers, mss. 633 et 577.
Pour beaucoup d'historiens ce serait même là toute la trahison de Balue.
1. Ceux qui prétendent que le roi conçut lui-même l'idée de l'entrevue, mais que Balue en pressa l'exécution, sont moins nombreux.
Ce sont : Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, t. IX, p. 148 ; Dupuy, op. cit., t. I, p. 127; Michelet, t. VIII, p. 130-131 (Michelet se contredit en prétendant d'une part que le cardinal fut acheté pour amener le roi, et d'autre part, qu'il n'y eut pas guet-apens) dom Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, p. 366. Leur source est la Chronique Scandaleuse interpolée (Bibl. Nat., Coll. Clairambault, vol. 481, fol. 175 r'O-
Ajoutons que John Poster Kirk est de tout autre opinion: « Balue «, dit-il (p. 222), « est accusé par certains auteurs contemporains d'une « façon assez légère, il est vrai, d'avoir non seulement poussé son « maître à cette démarche, mais même d'en avoir conçu la première « idée », mais ce sérieux historien ne donne aucune preuve à l'appui de son assertion.
1. Commines, racontant que Balue obtint le sauf-conduit, ne laisse nullement entendre que le cardinal pressait le roi d'aller à Péronne ; il dit au contraire que ce fut Louis XI « qui eut le vouloir de parler au duc » (Commines, t. I, p. 150).
2. Le silence d'Olivier de la Marche est absolu; il ne parle pas une seule fois de Balue à cette occasion.
ROLE dp: BALUE dans les affaires politiques (1465-1469). 53
celui qui commandait à la France * ! Les échos affaiblis de toutes ces paroles arrivaient aux oreilles de Louis ; le vidame d'Amiens lui amène même un homme « qui affirme sur sa vie « que Bourgongne ne tend à ceste assemblée sinon pour faire « quelque échec en la personne du roi^ ; » et le receveur du Languedoc écrit : « Nous sommes bien logés ici, et plust a « Dieu que ce fust le bien du Roy et qu'il ne passast pas « oultre, car il est icy seurement chez luj^. »
Louis XI fut-il effrayé, et la sinistre prédiction d'un astrologue lui revint-elle en mémoire*? Au contraire, fit-il faire au duc à ce sujet des ouvertures qui auraient été refusées? Nous n'en savons rien. Toujours est-il que ce dessein parut momentanément abandonné, et que Louis recommença à envoyer de nombreux ambassadeurs à la cour de Bourgogne.
Assuré de l'issue favorable de la guerre de Bretagne, et déjà peut-être en possession du traité que François allait signer, il fit partir Balue pour Péronne^ Les instructions de notre cardinal portaient qu'il fallait décider le duc à abandonner l'alliance de François II, de Charles de France et des autres seigneurs. Pour y parvenir, l'ambassadeur fît valoir une considération qui devait, quelques jours plus tard, faire une grande impression sur l'esprit du duc : « disant que ceux qui « estoient en Bretagne pourroient bien accorder sans luy ». Mais Charles ne croyait pas désespérée la situation de François II; sa propre armée n'allait-elle pas bientôt le secourir? Il se contenta donc de répondre par un refus, en assurant toutefois « qu'il ne s'estoit point mis aux champs pour grever « le roy, ne faire guerre, mais seuUement pour secourir ses « alliez )). Balue, qui avait été reçu avec tous les honneurs dus à son double titre d'ambassadeur du roi et de cardinal, repartit hâtivement pourCompiègne ^ sans avoir rien obtenue
Il venait à peine de s'éloigner quand arriva à la cour de Bour-