Commines, t. 1, p
gogne un héraut de Bretagne, chargé de signifier au duc les résultats de la paix d'Ancenis . Cette nouvelle excita chez Charles une furieuse colère ; il menaça môme l'envoyé de le faire pendre^ Bientôt, il fallut reconnaître le fait accompli. La résolution du duc fut bientôt prise ; si de lâches alliés le trahissaient et l'abandonnaient, il était assez fort pour soutenir seul la lutte. Il se disposa donc à maintenir ses droits, tant qu'il aurait une ville, tant qu'il pourrait tenir une épée à la main.
Ce n'était pas le résultat que Louis attendait "; il n'avait pas voulu isoler Charles pour le combattre, mais pour traiter et Tobliger à renoncer à ses alliances. Aussi, presque chaque jour, le roi envoya-t-il à la cour de Bourgogne des ambassadeurs chargés de travailler à une entente ^ Nous ne pouvons malheureusement, faute de documents contemporains, suivre pas à pas ces négociations. Les envoyés de Louis proposaient-ils toujours une entrevue que Charles s'obstinait à refuser? Nous ne saurions l'affirmer. On allait et venait continuellement d'une cour à l'autre ; tantôt, c'était Pierre Doriole qui partait, tantôt le connétable, tantôt enfin le cardinal d'Angers \ Ils venaient l'un après l'autre, chargés de « doulces parolles » "', montrant le roi prêt à faire droit aux justes revendications de Charles, pourvu que celui-ci consentît à se détacher de l'alliance bretonne, et ils ne manquaient pas, pour persuader le duc, de lui dire que l'ingratitude et la trahison de François II le déliaient de ses engagements envers lui. Un seul résultat fut obtenu : on s'assemblerait à Ham pour discuter sur les conditions de la paix.
Les conférences s'ouvrirent le mercredi 20 septembre 1468. Les envoyés de Charles y rencontrèrent les trois plénipotentiaires français : le connétable de Saint-Pol, Pierre Doriole et notre cardinal. Le roi vit bien, dès les premiers jours, qu'on ne s'entendrait pas. Sans doute ses ambassadeurs devaient, sur beaucoup de points, selon leurs instructions, céder aux