ACTE PREMIER
timera. Il y a des peuples qui ont la religion du soleil; nous, nous sommes les Guèbres de l'or. A genoux, tous! voici le Dieu! A genoux, sur le pavé^ dans le ruisseau, dans la boue! Personne ne résiste. L'argent n'a pas d'athées. Ah! oui^ je le hais, ce toutpuissant métal dont les pièces sont rondes pour re— sembler à toute la terre et plates pour ressembler à tous les hommes !
MADAME GERVAIS
Voulez-vous que je vous dise? vous aimez une fille riche.
ANDRÉE
Ma tante !
MADAME GERVAIS, à part.
Tiens !
Moi, aimer une fille riche! Vous me croyez bien humble. Pour y gagner un refus insoient ! pour me faire dire : Va-t'en, mendiant! Si j avais le malheur d'aimer une fille riche, je mourrais avant de le lui dire.
MADAME GERVAIS
Ça ne vous empêcherait pas de l'aimer, et ça ne l'empêcherait pas de s'en apercevoir
OLIVIER
Je n'aime personne.
MADAME GERVAIS
Et quand est-ce que vous cessez d'être médecin?
•24 JEAN BAUDF.Y.
OLIVIER
Aujourd'hui môme.
MADAME GERVAIS
Je vous le défends bien! Vous n'en avez pas le droit avant de m'avoir guérie tout à fait.
OLIVIER
Vous vous portez très bien.
MADAME GERVAIS
Si vous me quittez, je retombe! D'abord, hier, vous m'avez ordonné de changer de chambre, j'ai mis mon appartement sens dessus dessous, il faut au moins que vous me disiez si je suis installée comme vous vouliez.
C'est pour cela que je viens.
LA SERVANTE, entrant.
Madame, monsieur Baudry .
ANDRÉE, à part.
Ah!
OLIVIER
Lui!
MADAME GERVAIS
Monsieur Baudry à Paris ! qu'il entre ! (La servante son. )
OLIVIER, à madame Gervais.
Madame, je suis à vos ordres.
MADAME GERVAIS
Mais il faut que je reçoive monsieur Baudry.