‹ Jean BaudryChapitre 16 sur 72 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BRDEL.

Tu es une bonne fille, Andrée. Tu méritais un père plus heureux.

ANDRÉE

Qu'on essaye de te changer! (EUe rembrasse. — Bruei sanglote.) Allous, du courage ! Tu ne vas pas, toi un homme, être moins brave qu'une petite fille. Voyons, voyons, il n'y a qu'un malheur, et nous sommes deux.

Nous sommes trois I

BRDEL, se levant.

Cher Baudry !

Je vous préviens qu'à partir de ce moment, vous n'allez plus pouvoir vous débarrasser de moi ; je vais vous assommer de ma présence. D'abord, je suis venu vous chercher, je vais vous ramener tout de suite au Havre. Il faut nous montrer, rassurer les inquiets, payer les impatients.

BRUEL

Avec quoi?

En cherchant bien, nous trouverons.

BRUEL

Pas d'illusions, c'est la faillite.

Allons doiic !

La faillite!

BRUEL

Depuis six mois, j'ai lutté; aujourd'hui je suis vaincu. Ma dernière espérance est noyée. J'étais sur le Neptune^ j'ai sombré avec lui.

Un plongeon! On en revient. Voyons, j'en suis! Un bon coup de pied au fond de l'eau, et nous remonterons.

BRUEL

Impossible I

Essayons toujours! C'est moi qui commande la manœuvre. Attention! le sauvetage va commencer. — Trois heures. Le chemin de fer a un départ à quatre heures : vous avez vingt-cinq minutes pour votre malle.

ANDRÉE

J'y vais.

Ah! il est inutile qu'on se doute de notre position. Pas un mot à personne. Pas même à madame Gervais. Trouvez un prétexte. Vous savez que, s'il y a un lâche au monde, c'est le crédit.

ANDRÉE, à part.

La faillite!

Je vous attends. — Quelqu'un! chut!

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