‹ Jean BaudryChapitre 19 sur 72 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

OLIVIER

Ne me questionnez pas.

JEAN B AU DRY, lui prenant les deux mains.

La chose pour laquelle il te faut de l'argent, je ne peux pas te la donner?

OLIVIER

Non.

Elle vaut donc bien cher? Nous la mettrions sur la note, et tu me rendrais le tout ensemble.

OLIVIER

Elle vaut trop cher.

Combien?

OLIVIER

Une fortune.

Et tu ne peux pas attendre? Tu crois donc que ça s'improvise, une fortune?

OLIVIER

Quelquefois.

Quand on hérite.

OLIVIFR.

Je n'ai pas de parents.

40 Jl-AN BAUDUY.

Menteur! — Il n'y a que l'héritage 'qui puisse faire sortir une fortune de rien.

OLIVIER

11 n'y a pas que l'héritage.

JEAN BAUDRÏ.

Si fait! Même la Bourse exige une mise de fonds.

OLIVIER

J'ai vingt mille francs.

Tu as gagné vingt mille francs?

OLIVIER

Je les ai empruntés.

Ah! — Et tu vas les risquer à la Bourse?

OLIVIER

Non ; à la Bourse, il faut un mélange de hasard et de combinaison ; on collabore avec le hasard, on le gêne, on le surveille, on l'olïense, et il vous sert mal. Du moment que je m'adresse à lui, je m'en rapporte à lui absolument, je le charge de mes affaires, je ne veux plus m'en mêler, j'ai en lui une foi aveugle; j'espère que cela le touchera et qu'il prendra mes intérêts à cœur.

Tu veux jouer?

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