ACTE PREMIER
je pourrai, je reviendrai ici. Promets-moi seulement de ne rien terminer jusque-là.
OLIVIER
Si je ne signe pas aujourd'hui, mon prêteur se retire.
JEAN BADDRY.
Tu en trouveras un autre.
OLIVIER
Vous disiez tout à l'heure qu'on ne trouvait pas facilement des prêteurs de vingt mille francs.
Celui-ci attendra. Je reviendrai dans deux ou trois jours.
OLIVIER
Il m'a donné jusqu'à ce soir; alors il disposera de ses fonds.
Olivier, je suis obligé de retourner au Havre. A l'instant même. Obligé absolument. Tu ne peux pas admettre que, moi qui t'aime, et qui vois où la souffrance t'entraîne, je te laisserai faire tranquillement, et que je m'en irai là-bas pendant que tu mettrais sur une carte tes onze ans de travail, ta profession, ta réputation, ta conscience! Non! Tu me condamnerais donc à rester. Et, je te le dis, il est nécessaire que j'aille au Havre; j'y ai un devoir.
OLIVIER
Allez au Havre.
Soit. Je reste.
OLIVIER
Pourquoi? Votre présence ne changera rien à ma résolution.
Oh! ici, je ne te lâcherai pas un instant. Je m'instaile chez toi : tu ne me mettras pas à la porte, et il faudra bien que tu me tiennes compagnie. Puisque tu n'es plus médecin, tu n'auras pas de visites à faire. Mais non, tu ne me forceras pas de rester. Tiens, je ne te demande que quarante-huit heures. Mon enfant, la chose qui me réclame n'est pas mon secret, mais sache qu'il s'agit de l'honneur d'un ami. Ça ne te suffit pas? Allons, il s'agit aussi de moi. Oh! je ne puis te dire ce que je n'ose pas me dire à moi-même. C'est encore si vague! N'en exige pas davantage. Tu consens, n'est-ce pas? Non? Olivier, tu m'aimes un peu?
(Olivier lui serre la main.) Eh bien, Si je rCStC, jC mauqUC
l'occasion d'être heureux. Refuse maintenant.