ACTE DEUXIÈME
JEAN BADDRY.
OÙ esl^elle?
BRUEL, la prenant sur la table.
La voici.
Montrez, (usant.) «Terrains de Graville; intérêts dans la Vesta; actions de... » Eh bien! si c'est comme cela que vous êtes distrait, je ne m'étonne pas que vous ne fassiez pas assurer vos navires. Vous n'avez oublié qu'un million?
BRUEL
Quel million?
Le mien.
BRUEL
Baudryl Ah! le malheur a de bons côtés!
GAGNE UX, s'essuyant les yeux.
Ah! c'est beau! c'est grand! (ll tend la main à Jean Baudry. )
JEAN BAUDRY, ne tendant pas la sienne.
Merci, (a sruei.) Commençonspar payer ce que nous devons.
BRUEL
Moi qui ai douté de lui !
Venez.
BRUEL
Jamais.
GAGNEUX.
Voyons, mon cher Bruel...
BRUEL
Baudry, vous êtes le plus généreux des hommes; j'en serais le plus égoïste si j'acceptais.
Par exemple!
BRUEL
Sur quoi vous rendrais-je une telle somme?
Sur vos bénéfices futurs. Tous vos créanciers soldés, votre crédit reste entier. Vous referez des affaires ; vous réussirez.
BRUEL
Et si je ne réussis pas?
Vous réussirez.
GAGNEUX.
Il réussira.
Je n'ai plus de bonheur, je 'le sens. Et puis, tenez, maintenant, je hais le commerce. Un miracle m'acquitterait et me rendrait mon crédit, j'aurais vu de trop près la faillite pour vouloir m'y exposer une autre fois. J'ai horreur de cette maison où l'on a