‹ Jean BaudryChapitre 6 sur 72 · BRUE · texte numérisé non relu

BRUE

Vous comprenez qu'on garde un enfant étranger parce qu'il est méchant?

MADAME GERVAIS

Sans doute! Un enfant qui est méchant... eh bien, il était méchant quand on l'a pris... et, puisqu'on l'a pris méchant... ÎS'importe! je comprends.

BRUEL

Je n'ai pas votre intelligence. (Regardant la pendule.)

Une heure un quart! Ma foi, votre médecin ne vient pas, je cours chez Vincent.

MADAME GERVAIS, se rappelant vaguement le nom.

Vincent?

Oui, celui que j'attendais. Je ne comprends pas qu'il ne soit pas venu, ou qu'il n'ait pas envoyé. Il m'avait promis absolument.

iJADAME GERVAIS.

Vincent? attendez donc! (Elle prend les cartes sur la table et cherche ; ne trouvant pas la carte de Vincent, elle finit par s'apercevoir qu'elle s'en est servie pour sa laine.)

BRUEL

Eh bien?

MADAME GERVAIS

C'est amusant! il va falloir que je défasse ma laine! Vous êtes insoutenable !

BRUEL

Vous me querellez, donc vous avez un tort enver moi.

MADAME GERVAIS

Vous êtes impossible !

BRDEL.

Vincent est venu!

MADAME GERVAIS, défaisant sa laine.

Vous parlez d'une lettre du Havre qui n'arrive pas, et ensuite c'est quelqu'un de Paris, comment voulezvous qu'on s'y retrouve? Si vous m'aviez dit: J'attends Vincent! — Sans doute, il est venu.

Et on ne me l'a pas dit!

MADAME GERVAIS

il a laissé sa carte, avec un mot d'écrit.

BRUEL

Où est-elle?

MADAME GERVAIS

La voici.

BRUEL, lisant.

« Jusqu'à une heure. » Trop tard! N'importe, j'y cours.

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