‹ Jean BleuChapitre 18 sur 39 · LM DR · texte numérisé non relu

LM DR

ROUTEUR

En ce moment, la porte cédait enfin sous les efforts furieux des prisonniers et, descendant quatre à quatre, Jean Bleu, blême de colère, arriva bientôt près de la sentinelle qu’il secoua rudement :

— A NOR qui vient de passer, demanda-t-il, où est-il

Le soldat inter:oqué ne répondait rien.

— Réponds, brute!

Et Jean Bleu le secouait plus fort.

— Il a passé par ici, mon général.

Le soldat indiquait la direction des rues de la ville basse qui conduisent au port.

— Bon! fit-il en le lâchant enfin,

Puis, se retournant vers les municipaux qui l’entouraient :

— Et maintenant, dit-il, organisons la chasse!

Toute la nuit se passa en recherches qui ne don-

nèrent aucuu résultat. Au matin Jean Bleu, de fort méchante humeur, se jeta quelques heures sur son lit, mais ne put prendre aucun repos.

Vers onze heures, il se leva, revêtit son plus bel uniforme; puis, après avoir donné quelques ordres, se dirigea vers la prison.

C'était un énorme bâtiment carré, qui existe encore d’ailleurs, sombre et triste. Les habitants de la ville et les paysans des environs avaient une terreur superstitieuse de ce vieil édifice qui était mêlé à tant d’autres légendes dont on leur avait bourré la cervelle dans leur enfance.

Jean Bleu se fit reconnaître du guichetier qui, après l’avoir salué profondément, se mit en devoir de le conduire à travers les corridors de la prison.

Durant tout ce trajet, Jean Bleu sentait comme une sueur froide qui lui mouillait les tempes et quand le guichetier, s’arrêtant devant une lourde porte, lui eut dit : « C’est là! » il lui sembla que son cœur battait très fort ; il eut même une seconde d’hésitation; mais se remettant, très vite :

— Ouvre! dit-il au porte-clefs.

Celui-ci se mit en devoir d’obéir et bientôt

la lourde porte grinça sur ses gonds ro

__ — C’est bien, ajouta le jeune homme, referme la porte derrière moi et attends dehors; tu ne viendras que lorsque j’appellerai.

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