À “ ME
Jean Bleu serra les poings.
— Prends garde, gronda-t-il. | — Je n’ai pas peur, répondit intrépidement le par-
— Tu espères te sauver?
— Peut-être.
— Tu es cependant bien perdu.
— Pas encore. s
— Et quel moyen vas-tu employer pour t’enfuir? ricana Jean Bleu.
— Celui-ci! riposta Georges
Et, s’élançant sur Jean Bleu avec une adresse merveilleuse, il le saisit à bras-le-corps et le renversa en disant : « Excusez-moi, monsieur le comte! » Puis,‘d’un bond, il sauta sur la porte, l’ouvrit, la referma vivement et grâce à la clé qu’il avait
conservée, enfer ma sous deux tours, ses juges de tout à l'heure.
Après quoi il remit tranquillement sa perruque et redescendit l'escalier avec un air parfaitement content pendant qu'au-dessus de sa tête la solide
porte de chêne craquait sous les efforts furieux de ceux qu’il venait d’emprisonner si étrangement. Sous la porte, il croisa, la sentinelle et lui dit d’un - ton bonhomme : 2e — Eh bien! citoyen soldat, tu as retrouvé ton n général.
— Ah oui, riposta le grenadier, c’est à penser
É: qu'il est en fer cet homme-là. Je crois qu'il ne
mourra jamais. Mais quel bruit font-ils donc là- …. haut, on dirait qu’ils se battent.
Ne. — (C'est la joie de revoir Jean Bleu, citoyen, D "yols-tu.
- — Ahlc'est ça.
4 — Au plaisir de te revoir, citoyen soldat, fit Cadou- - dal ens’éloignant et en saluant poliment.
“2 — Au plaisir, citoyen rural, répondit le soldat avec - infiniment de courtoisie.
Et le soldat reprit sa garde, pendant que Cadou-
ne. dal se perdait dans la nuit.