‹ Jean BleuChapitre 38 sur 39 · LE CHAMP DES MARTYRS · texte numérisé non relu

LE CHAMP DES MARTYRS

Le jour fatal était venu.

Jean Bleu n'avait pu dormir une minute de la nuit; la fièvre le brûlait et, dans l'obscurité profonde, il 70 passer des visions terribles. Baigné de sueur, haletant, les yeux hagards, il attendait avec une impatience farouche les premiers rayons du jour qui chasseraient ses fantômes et lui rendraient sa raison.

Aux premières lueurs de l'aube, il se jeta au bas de son lit et s’habilla très vite,

Quand il fut debout, il s’aperçut par hasard dans une glace; il recula en se voyant si pâle.

Une seule nuit avait suffi pour bien changer Jean Bleu et la scène du tribunal avait usé son horrible courage; dans son cœur il sentait une lassitude inconnue; quelque chose comme un remords venait déjà le faire frissonner.

Il pensait : A quoi bon rêver sans cesse à mon père! Ce qui est fait est accompli et nul ne peut plus le sauver. le sauver... pourquoi? Il est justement condamné... oui. certainement... dans une heure tout sera fini... dans une heure |

Il eut un tremblement que malgré tous ses efforts il ne put réprimer.

Ouvrant la porte de sa chambre, il appela dans lescalier :

— Pierre!

L'ordonnance apparut bientôt sur le seuil.

— Apporte-moi de l’eau-de-vie, commanda le jeune homme sans se retourner. è

Pierre sortit et reparut presque aussitôt apportant le liquide demandé et un verre.

Jean Bleu eut un mauvais rire et, prenant le verre,

il le jeta à terre où il se brisa; il écrasa les débris sous sa botte,

Le soldat le regardait, stupéfait.

= De quel pays es-tu donc, blanc-bec? demandat-11. :

ans De-Beauce, mon général, répondit le grenadier ahuri.

— Eh bien! ils boivent comme des enfants dans ton village, mon fieul Ici nous ne nous servons pas de dés à coudre. Quand nous avons soif nous prenons la | bouteille et nous la vidons. Tiens! comme ça. |

Et saisissant brusquement le flacon, il le vida d’un trait.

Une rougeur lui vint aux joues.

— Les condamnés sont-ils partis? demanda-t-il alors avec une légère altération dans la voix.

— Ils partiront dans une heure seulement, mon général; 1l est cinq heures à peine, et c’est à six heures que le convoi sort de la prison.

— Tu crois! fit le jeune homme d’un ton étrange.

— J'en suis sûr, mon général.

— C’est bien, va-t’'en.

— Vous n’avez besoin de rien?

— Laisse-moi tranquille, coquin! fit Jean Bleu avec colère.

Pierre disparut avec une rapidité prodigieuse.

Resté seul, Jean s’assit devantsa table et, appuyant ses deux coudes sur le bois et son front dans ses mains fébriles, il songea,

Mille pensées s’agitaient sous son crâne, confuses comme les nuées dans un ciel d'orage. Parfois une colère subite le secouait, puis par instants, il aurait pleuré, sans un reste d’orgueil qui lui faisait refouler ses larmes.

Dans ce moment, mille choses oubliées lui revenäient à la mémoire. Il revoyait sa mère, la chère et sainte femme, et il lui semblait qu’elle le regardait avec des yeux suppliants et pleins d’effroi. Il pensait aussi — 1l n’aurait pas su dire pourquoi ce souvenir ui revenait — il pensait obstinément à un grand

fauteuil de tapisserie où s’asseyait toujours le marquis. Il se le rappelait très bien : c'était au coin de la cheminée du salon, un vieux meuble aux tons passés où dans les coins la laine s’éraillait. Quand il était tout petit, parfois son père le prenait sur ses enoux, lui, Jean, et il se souvenait parfaitement du ien-être qu'il ressentait alors que dans les bras robustes du gentilhomme, il regardait flamber les bûches, tandis que la pluie et le vent gémissaient aux carreaux. Un autre souvenir lui vint : Jean-Marie sur les rochers de Quiberon. les goélands blancs. la poitrine rouge du mutilé.… nsuite, il fut saisi par une sorte d’effroi ; il avaït peur de relever la tête, il était persuadé qu’autour de lui des spectres allaient se dresser.

Il fit un effort et se releva tout d’un coup en murmurant :

— Je perds l'esprit!

Mais 1l retomba assis et tressaillit en entendant la boiserie craquer.

Son père | Il allait peut-être le voir tout à l'heure, Passant pour aller à la mort! Son père! Et il pensait à ces liens du sang si forts que rien ne peut les rompre. Il voulut porter son esprit sur un autre objet. Impossible, Rien ne pouvait écarter la terrible vision. Il cherchait à s’exciter; il se rappelait la dernière scène au Falouët, alors que le marquis l’avait maudit et chassé... mais lui, qu’allait-il faire? son pèrel c'était son père. pourtant!

— Ah çàl cria-til, en se levant encore une fois, suis-je un enfant, ou suis-je un homme!

Il marcha quelque temps à grands pas.

Mais il s'arrêta bientôt.

Il porta les mains à sa tête par un grand geste machinal :

— Je suis malade, dit-il,

Puis il ajouta :

— Ah! j'étouftel > À

Cependant ses dents claquaient et des frissons Couraient sur sa peau.

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H marcha vers la fenêtre et Pouvrit toute grande.

L'air frais du matin l'enveloppa tout entier.

Alors il trembla si fort qu’il erut tomber ; ilseretint à la barre d'appui.

Il faisait un jour gris, tout rayé d’une pluie fine ; les maisons de la place avaient un air morose sous leurs pignons d’ardoise et du ciel terne, tombait une lourde tristesse qui serrait le cœur.

Jean murmura :

— Ah s’il y avait du soleil!

Cependant la place déserte tout à l'heure semblait prendre maintenant une sorte de vie.

Des têtes de paysannes paraissaient aux fenêtres. Une troupe d’enfants venaient de passer en criant. Un piquet de grenadiers s’arrêtait devant la prison.

Machinalement, Jean tira sa montre.

Il était six heures.

— C’est l’heurel dit-il, tout bas.

Les portes de la prison s’ouvrirent et les trente condamnés parurent.

Parmi eux, Jean n’en vit qu'un : c’était son père we marchait calme et fier au milieu des prisonniers. Il voulait détourner ses regards de ce spectacle ; mais il ne pouvait pas. Une force mystérieuse le forçait à garder ses prunelles rivées au visage du vieux gentilhomme.

Le sinistre cortège se mit en marehe et eut bientôt disparu à l’angle de la place.

t Jean Bleu restait immobile à la fenêtre, considérant toujours l’angle de la maison qui lui avait dérobé la vue de son père.

Soudain un hussard arriva au galop sur la place,

Il arrêta son cheval juste sous l4 Fenêtre u jeune homme.

Machinalement, Jean Bleu baissa les yeux.

— Mon général. dit alors le hussard.

— Ne veux-{u ? demanda l'officier républicain en tressaillant au son de sa propre voix. ns VS

— C’est un ordre, mon général, un ordre qui vient de Vannes, c’est le généré) Ham qui m'envoie.

— Donne.

Le cavalier tira son sabre, mit au bout un pli acheté qu'il tira de sa poitrine et tendit le tout à ean Bleu qui prit la lettre en murmurant :

— Merci, va.

Le hussard salua du sabre et repartit au galop.

Jean ouvrit alors la dépêche.

Il la parcourut d’un regard, puis poussant un gémissement, il ferma les yeux et renversa sa tête en arrière.

Voici ce que Jean Bleu venait de lire :

« Citoyen général,

« Aucun officier ne voulant présider à l'exécution d'aujourd'hui, et comme il faut que cette opération ne manque pas de la grandeur nécessaire à toute œuvre de justice, je vous prie d’aller vous-même au lieu fixé, afin de prêter au châtiment le prestige de votre grade et de votre renommée militaire.

« Salut et fraternité,

« Hanrior, »

Pendant quelques minutes, le jeune homme resta comme anéanti. é Alors, il fallait qu’il aille là-bas! lui aussi. qu'il

commande le feu. et tout à coup il eut un cri.

Sous ses paupières baissées, venait de glisser une vision terrible : Son père. sanglant. défiguré… lui jetant un dernier et terrible regard.

I! pressa son front de ses deux larges mains.

— Oh! la viel murmura-t-il.

IL reprit plus bas, comme se parlant à lui-même : — Pourquoi vivre? Ce doit être si bon de mourir. d’oublier… 4

Tout à coup il se redressa.

— Oui, mais. oublie-t-on? Oh! Savoir. savoir!

Il resta longtemps ainsi, la tête enfouie dans ses mains.

Enfin il releva le front et aperçut le papier cacheté de rouge, tombé sur le plancher.

— J'irai! dit-il tout haut, d’une voixtrès calme.

Dans le même moment il fut debout ; il décrocha ensuite son sabre, boucla son ceinturon et se coiffa de son feutre, puis, ayant ouvertla porte, il descendit précipitamment.

Attaché à un anneau de fer, planté dans la muraille, son cheval tout sellé attendait dans larue.

Il se mit rapidement en selle et, piquant des deux, il se lança à fond de train sur les traces du convoi en murmurant : Pourvu que je n'arrive pas trop tard!

A deux kilomètres d’Auray, vers l'endroit où se rejoignent dans une espèce de carrefour, les trois routes de Sainte-Anne, de Pluvigner et d’Auray, s'ouvre une prairie solitaire d’un aspect sinistre, située sur les borde des maraisde Kermario, au milieu desquels coule la rivière du Loc.

C'était l’endroit choisi pour l’exécution.

Cette prairie de médiocre étendue, entourée de hauts talus couverts de ces gros chênes décapités, sortes de cadavres difformes et monstrueux, entrejoignant leurs courtes ramures, avait une physionomie sombre et mystérieuse.

Ce lieu sinistre faisait partie du champ de bataille où jadis, au xive siècle, Charles de Blois avait

erdu la couronne et la vie, dans cette célèbre journée à laquelle l’histoire a conservé le nom de bataille d’Auray.

Il faisait un temps griset les hauteurs de Brech qui, au loin, coupaient l'horizon, étaient voilées de brumes, pas un frisson ne passait dans les branches, et la mélancolie poignante de cette sombre nature éteignait tous les bruits jusqu’au chant du roitelet.

Le lugubre cortège venait d'arriver, les condamnés avaient été rangés debout, tournant le dos à une énorme fosse, fraîchement creusée. Les soldats républicains attendaient à quelques pas, laissant aux condamnés une dernière minute pour dire une suprême prière.

C'était Potard qui commandait le détachement en qualité de plus ancien sergent.

Cependant on attendait quelqu'un encore avant de procéder à l’exécution.

Soudain sur la route granitique, on entendit le galop d’un cheval qui résonnait, très distinct, dans l'air froid du matin.

Il apparut bientôt au tournant et arriva, toujours galopant, devant les grenadiers qui présentèrent les armes.

C'était Jean Bleu.

Les condamnés étaient au nombre de trente ; tous pâles, mais tons résolus, l'archevêque de Dol était au milieu d’eux, les exhortant à bien mourir.

Ah! ils n’en avaient pas besoin, ces martyrs, dont le généreux sang allait couler pour la plus sainte des causes.

Jean Bleu faisait former le peloton d'exécution; ns joues étaient livides et il chancelait sur sa selle.

Quand tout fut prêt il mit pied à terre et s’approcha des condamnés,

— Messieurs, leur dit-il sourdement, êtes-vous prêts? Je ne commanderai le feu que lorsque vous le voudrez.

Parmi les prisonniers, tous restèrent muets, quelques-uns détournèrent la tête avec mépris.

Le jeune homme se mordit les lèvres.

Puis il se tourna vers le marquis.

— Et vous, dit-il très bas, n’avez-vous rien à me dire?

— Rien, monsieur, répondit d’une voix ferme le vieux gentilhomme. j

Puis, élevant la voix et le désignant du geste, le marquis appela :

— Sergent |

Potard s’approcha à grandes enjambées et fit le salut militaire.

Le pauvre homme était ému et mordillait sa moustache avec fureur.

Il n'avait pas revu le marquis depuis la nuit de la prison,

— La Cocarde, dit le marquis, c’est à toi que je vais confier mes dernières volontés.

— Vous ne m'en voulez donc pas |

— T'en vouloir, mon vieux, et pourquoi ?

— Dame ! vous comprenez... je me trouve dans une triste position; vous. fusiller! ajouta-t-il avec un effort.

— Qu'importe ! toi ou un autre!

— Pardon! colonel, j'aurais bien pu me dispenser de cette sale corvée; mais c’est moi qui ai voulu venir.

— Et pourquoi ?

— Je me suis dit — vous n’allez peut-être pas me comprendre, — je me suis dit comme ça : il y a bien des apprentis dans le métier, des maladroits qui tirent comme des coiffeurs, sauf votre respeet… Alors, c’est atroce, tandis que toi, Potard, tu es un vieux, mais tu as toujours le coup d’œil juste et la main sûre et puisque le colonel ne peut plus être sauvé, il vaut mieux que ce soit moi qui le vise qu’un autre — comme ça il ne souffrira pas. Je vous dis tout ça. brutalement comme une grosse bête, mais allez ! le cœur y est tout de même.

Le marquis tendit les deux mains à Potard qui les serra et dit simplement :

— Merci!

Puis il ajouta :

— Ecoute.

Le sergent qui pleurait passa sa manche sur ses yeux et s’approcha du marquis.

— Écoute, mon vieux camarade, lui dit M. de Falouët en tirant un papier de sa poche, vaici une: lettre que tu tâcheras de faire passer à mon fils Louis, s’iln’est pas mort, ou bien à Mlle de Montfort, ma nièce. Jure-moi que tu accompliras ma dernière volonté.

— Parole d'honneur | dit le sergent en secouant sa tête grise avec fureur, ce qui fit tomber les larmes dont ses yeux étaient pleins.

Le marquis lui serra une dernière fois la main.

Jean Bleu s'était reculé un peu, écoutant tout ce que son père disait à Patard.

Pas une parole ne sortait de ses lèvres blêmes, mais aux mouvements saccadés de sa poitrine, on devinait quelles angoisses s’agitaient au fond de son cœur.

Le marquis finissait.

— Voilà tout ce que j'avais à te dire, mon vieux; cependant, encore ceci : quand je serai mort, tu viendras chercher mon corps et tu le mettras en terre sainte ; il faut, vois-tu, que tu me rendes ce dernier service, car tout à l’heure, hormis toi, je n'aurai plus ici, ni ami, ni parent.

— Pardon! vous m’oubliez, interrompit une voix grave.

Le marquis se retourna vivement.

Tout près de lui, Jean Bleu, tête nue, lui parlait, le front bas.

— Assez de railleries sacrilèges, monsieur, répliqua le marquis d’un ton dur.

— Je ne raille va à présent, reprit Jean Bleu à .

voix basse, et le

ieu qui me voit, sait combien je suis malheureux.

— Encore une fois, monsieur, que signifie cette”

comédie ?

Jean Bleu eut un sourire amer.

— On ne me croit plus à présent, dit-il.

Puis il ajouta :

— Je jure cependant sur ce qu’il y a de plus sacré au monde, que je déteste mes forfaits et que, fût-ce au prix de mille tortures, je voudrais effacer tous mes crimes.

— Ce serait atroce, Jean, pensez-y, dit le marquis

tout remué, si vous vous jouiez de moi.

— Mon père, mon père! eria le jeune homme en tendant les bras, vous ne sentez donc pas la vérité dans mon accent. Ah ! je voudrais pouvoir me déchirer la poitrine pour que vous vissiez mon cœur. Ce

e je vous demande, c’est mon pardon, ce que je

ésire, c’est un regard sans courroux, ce que j’implore, c’est un rot de pitié !

Il s'arrêta frémissant, n’osant lever la tête, attendant la sentence qui allait être prononcée.

Le marquis ne répondit pas immédiatement.

Il tenait la tête levée au ciel, ayant dans les yeux une joie infinie.

Enfin se tournant vers Jean Bleu il dit simplement :

— Mon fils !

Le jeune homme poussa un rugissement de bonheur et se jeta dans les bras que lui ouvrait le vieillard.

Il resta là, un instant, sanglotant sur son épaule et répétant seulement au milieu de ses larmes :

— Mon père ! mon pèrel

Il se releva enfin et lui dit :

— Il me reste quelque chose à vous demander, je suis bien exigeant, je suis déjà si heureux, voulezvous me bénir ?

— À genoux! dit le marquis.

Jean mit un genou en terre.

Le marquis étendit les mains.

— Pour le repentir que tu témoignes et pourla joie infinie dont tu me consoles, sois béni, mon fils.

Jean se releva.

— Maintenant je suis fort pour mourir, dit-il.

— Que dis-tu ? dit le marquis avec un sursaut.

— Je veux mourir avec vous.

— Mais, pauvre enfant, tu es fou, laisse-moi mourir tout seul, moi dont les années sont finies, mais toi, toi! plein de force et de jeunesse!

— Je vous en prie, mon père, la vie est si lourde pour moi ! Qui sait ce que l'avenir me réserve, laissezmoi mourir avec vous, dans une réconciliation suprême |

— Tu me déchires le cœur et tu me remplis de joie, mais je ne puis consentir à ton héroïque sacrifice |

Les autres condamnés suivaient du regard cette scène sans bien comprendre ce qui se passait,

Jean s’avança vers eux.

— Messieurs, leur dit-il, hier je m’appelais Jean Bleu, aujourd’hui je me nomme Jean de Falouët, comte de Locréan.

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« Devant vous tous que je jugeais hier, vous, mes juges aujourd’hui, je m’incline et je demande mon pardon. Je vous demande comme grâce suprême de me permettre de mourir avec vous. Je déteste mes crimes, et la mort que j’implore est, je le sais, trop belle pour. moi, n'importe | Permettez-moi de mourir avec ceux qui auraient dû être mes compagnons de vie. k

L'archevêque de Dol répondit pour tous.

— Meurs avec nous, si tu le veux, mon fils, par ma voix, Dieu te pardonne et nous te tendons les bras.

— Merci! messieurs, dit-il,

Puis il resta un instant rêveur, les yeux fixés sur les marais de Kermario.

— Kermario, murmura-t-il, Jean-Marie l'avait dit...

pauvre Jean-Marie !

Ensuite, s’approchant des grenadiers stupéfaits, il prit les dernières dispositions pour l'exécution.

Puis il revint prendre sa place, à côté de son père, parmi les condamnés :

— Préparez armes | commanda-t-il, d’une voix vibrante.

Les grenadiers hésitèrent.

Jean fit un pas.

— Suis-je toujours votre général? demanda-t-il d’une voix brève.

— Oui, répondirent les soldats.

— Eh bien ! Jean Bleu vous commande de fusiller Jean de Falouët.

« Voilà! Et maintenant, attention!

« Préparez armes !

Les grenadiers exécutèrent le commandement.

— En joue |

Les fusils s’abaissèrent.

Continuant à fixer hardiment les soldats, Jean chercha la main de son père et la serra doucement.

— Feu

Une terrible détonation à laquelle se mêla le cri.

de : Vive le roi ! retentit.

Les condamnés roulèrent foudroyés.

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