‹ Jean Cabot [microforme]Chapitre 30 sur 31 · O8 JEAN CABOT · texte numérisé non relu

O8 JEAN CABOT

tion de ce yéno's.--Le roi s'est déterminé à envoyer des vaisseaux parce que, Pan dernier, on à apporté la nouvelle qu'ils avaient trouvé une terre.—La Hotte se composait de cinq navires, portant des provisions pour une année. On dir que Fun d'eux, où se trouvait le moine Duel, est revenu en Irlande, avec beaucoup d'avaries et en grande détresse. Le yénois à continué son voyage. J'ai vu sur une carte la direction qu'ils ont prise et la distance qu'ils ont parcourue sur mer ; etje pense que ce qu'ils ont trouvé, ou €e qu ‘ils cherchent est ce que Vos Majestés ms déjà, On attend leur retour au mois de septembre.--Jfe pense que ce n'est pas à plus de 400 lieues d'ici... Je n'envoie pas maintenant la arte, ou Îa -# mappa mundi ”, que cet homme à faite ; à mon opinion elle est fausse, puisqu'il y montre la terre en question comme n'étant pas les dites îles ” (i-e, celles qui vous appartiennent déjà).

Caite lettre nous fait voir que le yénoïs, auteur des découvertes faites l’année précédente, est encore le chef de l'expédition en 1498, et qu'il était parti lorsque l'ambassadeur envoyait ses remarques aux deux Rois: Si un personnage de l'importance de Jean Cabot fût

la voit encore sur des cartes postérieures à 1590. M. Findlay, en 1865, a démontré enfin d'une manière positive qu’elle n'a jamais existé,

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mort avant le départ, comme le veut KR. Biddie; (1) le fait aurait été connu à Ja Cour.

De Ayala, qui a pris des informations sur le compte de Jean, aurait aussi connu sa mort et l’aurait mentionnée, puisque les Espagnols étaient très inquiets à l'occasion des entreprises qu'il avait commenctes. Quand De Avala parle de l'équipement de la flotte par le roi, il peut aussi faire une simple allusion à la protection royale. Et pour les tentatives des citoyens de Bristol, faites à la suggestion de Jean Cabot depuis sept ans, dans le but de trouver l'île de Brasil, i.-e. l'île des bois de teintures, De Ayala est seul à rapporter cet incident : les Manuscrits de Bristol, qui n'ont pas coutume d'oublier des faits aussi intéressants pour la ville, ne renferment rien à ce sujet. De Ayala était un nouvel ambassadeur : il a pu être mal renseigné ; sinon, il faudrait admettre que Jean Cabot a lutté, pour les grandes découvertes de l'Ouest,en même temps que Colomb. Orle fait n'est pas possible :

Henri VIL aurait utilisé les plans de Jean Cabot dès le retôur de Colomb, en 1493.

1—R. Biddle, Â/emoir, p. 81.

Il le fait mourir entre le 3 février et le mois de mai.

Pinkerton, Voyages... XIT,158. (IT suppose que le premier voyage est en 1494, et que Jean mourut après l'obtention de la charte de 1495-6.)

De Ayala nous dit que l'expédition était attendue en septembre... Klle n’était pas encore de retour le dernier jour d'octobre 1498 ; et personne ne sait à quelle date fut eflectué ce retour.

L'entreprise n'aboutit à rien. La colonie ne fut pas commencée : “7! (Babate pour Cabot) mist bien trois cens hommes en terre, du eosté de l'Irlande au Nord où le froid fit mourir presque toute sa compagnie. (2)” Ce fut un fiasco complet. Les marchands de Londres et de Bristol y firent sans doute des pertes assez considérables. Aussi le zèle de l’Angleterre se refroidit pour les expéditions de l'Ouest ; à part quelques courses privées, où les Portugais étaient de compagnie avec quelques marchands de Bristol, en 1501 et 1502, on ne voit aucune tentative de colonisation.

Et Jean Cabot ?.. De Ayala est le dernier qui ait parlé de lui, On ne le voit plus à Bristol, en 1501 ou 1502. Est-il mort au retour de son voyage ?—Le chagrin, les fatigues et la honte ont pu briser l'énergie du vieillard, et lui faire aimer la solitude. On affirme qu'il était mort lorsque Sébastien passa au service

2—Thévet, Singularitez de la France Antarctique, Paris, 1558, ec. 74, p. 148.

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de l'Espagne en 1512 (1). Il mourut probablement à Bristol, avant Henri VIL : on pourait le prouver à Worcester, où son testament doit se trouver, s’il est mort à Bristol. Nous aurons peut-être plus de détails lorsque les “ Registres domestiques ” de Ienri VII seront publiés. Son tombeau est demeuré inconnu.(2) Il ne nous reste plus rien de Jean Cabot.

La carte et le globe dont l'abbf Raimondo a parlé, la ‘ mappa-mundi” à laquelle Don Pedro de Avyala fait allusion, tout est perdu (3). Cependant Juan de Cosa a dû copier quelque chose sur la carte de Jean Cabot. De la Cosa dressa la sienne en 1500, et il y marque les découvertes des Anglais :

“ Mar descubierta per Yngleses ”, et “ © Cavo de Ynglaterra ” (4). Or personne n’a visité ces régions de 1498 à 1500, ni Portugais ni Espagnols. Une carte ” ‘’abot, envoyée aux Deux Rois par leur &.4. sadeur en Angleterre, a pu seule inspirer De la Cosa ; ou bien, en traçant les côtes de l'Asie, l’auteur y à marqué à peu près les découvertes anglaises.

L’Angleterre n'a pas été reconnaissante à

1—R. Biddle, Memoir, p. 84.

2—R. Biddle, Memoir, p. 84.

3—J. Winsor, Nar. and Crit. H., IL, p.8 et lettres.—P. Bergeron, Tr, de la navi q. La Haye, 1735, c. “ 26.

4—J. Winsor, À Nar. and Crit. H., XIE, p. 8, et seq.

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l'égard du découvreur : elle n'avait pas encore calculé la portée de son œuvre, Sur le moment, on n'apprécia que le mauvais succès de l'expédition de 1493, et de là le silence s’est fait autour d'un homme qui avait ouvert à son pays d'adoption des contrées Ic'ataines et riches.

Mais l'impulsion était donnée : Ia marine anglaise s'est perfectionnée Jusqu'au point de faire donner à l'Angleterre le titre de eine des mers, et Jusqu'à faire accumuler sur les marchés de Londres les richesses de l'Asie et et de l'Amérique, en partie soumises à ses lois.

Un demi siècle plus tard, sur la foi de collectionneurs étrangers, les écrivains anglais, sans se donner la peine de référer aux pièces oflicielles, attribuent le fruit des voyages de Jean à Sébastien, sans laisser voir que le père leur fàt connu. Il n’y a, dans toute la Puissance du Canada qu'un coin de terre qui porte son nom : le canton “ Cabot ”, traversé par le chemin Kempt et par le chemin Taché, dans le comté de Rimouski.

Lorsqu'il s'est agi, au siècle dernier, de donner à l'Amérique du Nord le nom de Cabotia on avait pour but d'honorer la mémoire du fils. Il y eut scission : William Doyle voulait le nom de Sébastien au lieu de Cabotia (1770). Dans le cas où, de ces deux noms, ie dernier surtout eût fini par être accepté, l'application n'aurait pas été plus juste que celle d'Amérique donnée aux découvertes de Chris-

nes er

tophe Colomb : on méconnaissait de même le

véritable découvreur. (1)

[n'y a pas un titre officiellement conféré .

à Jean Cabot. On a vu qu'il était appelé,

ou se faisait ap peler, “grand amiral” (2) ;

mais le titre n'est pas donné par le roi : du !

moins, les preuves font défaut. Jean Cabot

a-t-il été fait chev alier ?—( ampbell lui donne

le titre de Sir John Cabot” (3). — Campbell, comme plusieurs autres, n’a pour preuve que l'inscription placée sur le portrait de Sébastien fait par Holbein. On y lit ces mots : 1

Efigies. Sebastiani Caboti.

Angli. Filii. Johannis. Caboti. Vene

tL tte aurai, Primi. invent È toris. Terr& novæ sub Henrico VIT, Angl k le Rege. (+) ë

Purchas croit que #//itis aurati se rapporte à Sébastien et l'appelle Sr Sebastian Cabot. À Campbell l'applique au père et dit “ Sir John dl Cabot ”.—% Tous se trompent, dit Biddle : le |

1—J. Winsor, Mar. and Crit., I. LIT, 51. (4.

2—Lettre de Raimondo, 18 déc. 1497. J. fl

Winsor, Nar. and Crit. I, II, 55. Le 3—Campbell, “ Zives of the Admirals ”. À

R. Riddle (Wemoir... 182) cite Purchas et |

Campbell. l

4—J. Winsor, Nar. and Crit. H., TIT, 31. k

vrai mot latin pour rendre l'expression chevalicr à cette époque n'est pas miles auratus, mais 2ques auratus, et cette dernière expression est celle que l’on trouve usitée dans tous les documents contemporains ”. Il finit par nier que Jean et Sébastien aient été chevaliers.

Pour ma part, J'accepte le sens qu'il donne aux mots rniles et eques.—ÆEques est le titre honorifique de Ia basse noblesse, équivalent de Æeuyer,—tandis que le mot miles est celui de la haute noblesse. IT est peu probable que Jean Cabot ait jamais obtenu ce titre, vu les circonstances malheureuses où il à fini sa carrvière, D'ailleurs, sur les manuscrits “ Cotton ” (1), où l’on trouve les noms et les armes de ceux qui ont été faits chevaliers au temps des Tudors, le nom de Jean, de même que celui de son fils, n’est cité nulle part. D'où il faut conclure que ni l’un ni l'autre ne furent honorés de ce titre. Purchas et Campbell se sont donc trompés.

Avons-nous au moins un portrait de Jean Cabot ?—Peut-être. Le 16 avril 1869, M.

d'Avezac disait à la Société Géographique de France, que Valentinelli de Venise lui avait envoyé une photographie d’un portrait de Jean Cabot (fait par Grizellini) (2). Ce portrait est reproduit dans l'ouvrage de Carlo Barrera

1— KR. Biddle, Memoir, p. 182, Mss. Cotton (Claudius, C. FD).

2—J. Winsor, LL, p. 58.

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